DISCO VRS

DE LA CONSER-

VATION^'DE LA VIVE:

Des maladies melancholiques: des catarrhes: Sc delà vieillefle.

■Qompofe\fa,r M. André dtt Laurens, Médecin ordinaire Roy , & FrofeJJeur de fa ^ MajeUéenl’VmuerftèdeMede- cine a. Montpellier. _

R'eueuz denouueau &

tez de plufieurs chapij^s, ^

A MADAME,

MADAME LA DVCHESSE

d’Vfez, Comtefle de Tonnerre.

3 Ad AME,

ÎDés r.heure que î eus ^cefl heur d'eflre co- gneu de 'VOUS, 'VOUS me fifies cefl honneur de remettre du _ tout 'uofire Jante entre mes mains d auoir autant de conjîanceen mo^ , comme Ji i eujfe ejlé'vn Jecond JlEfcu- la^e.CeJîe affeflion çÿ* hien- 'vuei fiance que tqy recogneu procéder ^lus de njcfire bon % jj

Epi s T RE.

naturel^ que de mes mérités^ ont eu t%t de Ÿouuoirjurmoy^ que ny U douceur de ma pa¬ trie J ry le nombre de mes a^ miSyqut nefloit pas petit ^ry la charge honnorahle d.e ProfeJ^ Jeur Royal que texerçois auec ajfe'g^ de réputation en njne des plus célébrés Kniuerfite'g^ de lEurope^ne rriont fçeu em- pejeber que pajfantpar dejfus toutes diffçulte7!^e^ forçant tous fes liens , ie ne me fois en- iieremn njoüè anjous, e^njous aye (uiuypar tout il vous a pieu me commander.^ Tay de- quoy me louer infiniment contenter iufques a prefent de la fortune ^ qui m-a eBé ffa-

E r I s T R E. uorahle y d'auoir rendu tous mes Jerukes utiles & aggrea- hles. le Cray , Aîadame ^ que Dieu s "efl njQuluJeruir de moy four aldger 'vos ans redre

njoflrevieiÜeJJeflus heureufe: njousïauéX^jfel^ exferimm- t è de fuis deux ans . car ayant eftê 'uiuernët ajfaiüie des trois- les f lus ‘violentes extraor¬ dinaires maladies quon euft Jçeu 'voir^^j qui efl oient af- JeZ fortes four eshranler la meilleure comflexion du mo- de^g^ faire courir fortune d orijfant que le njojlre^ 'vous n en aue^Jenty aucune diminution en^ 'voflre ligueur. G efl dDieuJeulÇqui a iii

njn aagêflusfl

EPISTRE. . nom d ouuen ï entendement ^ourinuenterlesremedesfro- fres^^ qui les a 'voulu henir) à qui nom en deuons rendre toute la gloire. Il ne 'vomefi refté que 'VOS trois maladies ordinaires JeJqueUes nom co- battons tom les ioufs auec 'vn bon régime,^ auec des reme^ des fe bénins^ quils ne feuuent en rien altérer 'vofire bon na¬ turel. Vous aue^^ 'vn petit co¬ rn ëcemet de taye a lœil droit ^ mais l autre efl du tout ptin: njows fente'X^paar j’ois quelques attaques de thypochondria- que,rnais fi legeres ^quelles s'efi uanouijjent auji tofl quefu- mee, ce qui vomfafihe le pim

EPISTRE.

jhnt ces petits catarrhes qui tombent Jùr les yeux , Jùr les dents ,fur les bras , Jùr les

iambes, Kojîre ejjrit qui ejl capable de tout ce qui ejt de plus rare au monde , a ejté cu¬ rieux i en cognoijire les eau- Jçauoird ou procédait tous ces accidents : leojous en ayjort Jouuent entretenue, (0: en propos ojulgah^es^eiy en ter mes exprès de la medecine. 6 n fin mes difcours njous ont ejîè fi ^ggpeables, quejlant retirée a tddhbiye de Jidarmoujlier pour iouyr auec la beauté du lieu^ delà bonté de l'air y^ous maue'^ commandé de les met¬ tre par ejeritycy* de leur faire a iiij

EPîSTREi :

•voir leiourjous'voflre auto-- rite. îen'c^pu honnejîement •vous le refujerjencpresq^^^^

graue JùbieH méfit^:^. de^^ jîreenrkhy dkne infinité de . belles autoritéX^ que ma me- moirenefomoit fournir four, eflre defourueu de liures. le •vous ay donc dre trois dif cours touchant %^os trois ma^. ladies: lefremier efi.de éexcey. lence dela-'veuë^eyr du moyen delà confiruer : léjecondiâê. l.hypochddriaque,&des ma¬ ladies melanchoUquesile troi-, feefme, des catarrhes , eitr du. moyen de les guarir.îy ay ad^ ioufiéfur la fin njn petit irai- élé de la 'vieillejfe , qui vous

EPISTRE.

pourrit feruira l^aduenir. car' de ^ous appeUer à prejent 'vieille^ ilnj apoint d'appare- ce y njeu que ‘vous ne reJfenteX^ encores aucune incommodité de la njieilleJJe . N'eft-ce pas njn miracle de no ftre fieclcy ‘douyr-njos dijcours JtgraueSy de 'Voir ‘voftre entendement fi Jainy 'vofly'e mémoire fi riche y. njosjens fi entiers ^ que de ï œil qui 'VOUS efl refié fain 'vous: lifieX^de bien loin la plus me- nue lett re quon'vousjçauroit prejenter fans lunettesî fouye njous efi demeurée aujfijulrti- le , le goufi aujfifirmd que

iamais: cœur fi njigoureuXy que toutes les ataques q 'vofire A 'V

EPISTRE.

ftre hyfochondriaque luj aye fceu faire, ne lont iamaisfeu eshrdierny faire perdre fa ca¬ dence : lefqye fi liberal , quil fournit P lus de Jang au corps quilnelîyenfaut : de for te q noussdmes cotraints 'vous en faire tirer vne fois ïannee. le ne diray rien de la bonté de /voflre eflômach , njausla re^ co^oifiex^affeXp ayant a tou¬ te heure appétit , digérant tout ce que 'vousluy donne"^ Puis doc que 'vofire ame exer¬ ce fi dignement toutes fis a^ clions^peut on dire que fin in- flrument Jôit vfié ou 'vkillyf Jecroy^ Adadame ,quonne néous peut appeüer 'vieille fino

f duree que 'vous aueX^paJJe cinquante ans, c27* que la cou-: flume efl de conter la premiè¬ re vieillejjè a ce nombre là. P^ous aue’^ dequqy redregra- ces a Dieu, car ceflelogue heureujè vie eflvn tepnoigna^ ge certain de pt, henediêîion^ pôurce que la plus belle recom - penfequil promet en ce mode à ceux quil ajtme , efl quilf marcheront longuemetjür la: terre. Réjîouijfe^^ous donc, Âdadame , vous n.ejles quen vofire première vieiüejfe, qui, efl toute verte coürageup,

. ilj! en a encores deux àpajjer. Dieu qui a donc cefie vigueur à vofire corps, g^ qui bàan^-

EPISTRE.

nohly d'njne amefibeUa ^ fi honnejes 'vueille rendre heureufes que lesfiuhmte^

Madame^ . :

Yofti'e tref-humblc & tref- "obèiiranc feruiteuty A. duL^y,R.ENSi

E N E doute pas que ces difcours ne courent hafard d’e- ftre calomniez àc outragez auant que d’eftre bien recogneuz par vne infi¬ nité de persones qui ne font nais que pour reprendre. Quelques Médecins trouue- i^ont nïauüâis que i’ay e diuul. giié les; myfireres de nbftre artj& pourrontalleguer que les^ Ægyptiens ( quiont efté les premiers inuenteurs de Médecine ) pour nepropha- lier vn fi faint & facré don de- Dieu ^ n eCcriuoientieurs re- medes aii’ea lettres liiero-

leEleuv.

glyphiques: rïiais ieîeur ref- pôdray auec Ariftoee , qu’vn bien tant plus il eft commun tant meilleur eft-il, bc que les Médecins Grecs venoient vne fois l’annee efcrirc à la veuë de tout le peuple , en ce beau temple d’Æfculape qui eftoit drefle en Epidaure, tout ce qu’ils auoient obfer- déplus rare en leurs mala¬ des. Les Naturalildesfefcah^ daliferont de ce que ie m’at¬ taque quelquefois à ce grand interprete.de la nature Ari- Hôte: mais ils n’auront autre répliqué de moy que celle d’Ariftote mcCme . Platon, dit-il , m’câ amy , & S oerate aulfi 3 maisJa vérité m’eft en- cote plus amie . l’auray bien plus à faire à contenter ceux qui ne famufenc qu’à la

\Ap^ leâîeuyl

mignardise des mots & à îa propriété des diéliôs :car fans doute ils trouueront vne in¬ finité de mots rudes qui pourront ofFenfcr leurs pat trop délicates aur cilles : mais s’ils ne veulent auok efgard que io ne fay pas profellioix d^efcrire en François ie leur diray auec tous les £àges,que cefte trop curieufe recherche des rhots eft indigne d’vix Philofophej& que ie me fuis- Gontenté fuyant la barbarie ( de laquelle ils ne me fçau- roiet du tout accufer ) de fai-s re entendre mon fubied:. Pour le regard de tous ces enuieux &c malicieux qui ne celTent d’abbay er apres moy,. &ne me fçauroient mordre, qu’ils fe mettent feulement en campagne^nous perrons

*Au hSleur,

fils fçauront mieux faire . le croy que tous les gens d’JiÔ- ncur aurÔt agréable ce mien petit labeur : c’effc à eux à qui ie m’adr efîe, ie puis donc marcher hardi- mentfousrom- bre &: faueur de leurs ailes.;:

TABLE TES

CHAPITRES CON' tmm en ces Vifcours^

Difcours premier , auquel efl traidé de 1- excellence de la veüe 5 &: du moyen de la conferuer.

y E le cerueau eji le vÿ0 Ch» ï. fie^e de l\me , ^ pour cejîe occctjîon tous les organes des fens font logeçi^àl’en^^ îourdeluy. , , fueil.l

Comme les fins externes , 'vrais j

mefftgers de tameyfont cinq fule- rnent , tous logeç<^ au dehors du cerueau, , , - .

: Qm la veue ejîleplus noble de l ï j, tous les Jens^ i/'

Table.

Il II. De { excellence detoeil^^i'opYé

injîrument de U veiie. i 4

V. De la compo fition de l’œil enge^

nerctl. ^9

V I. Defcrîptîon fort particulière de

toutes les parties detoedy ^pre-* mûrement de fes fixmufcles, 35

yjj Des Jîx tuniques deTœd, 38 y J Des trois humeurs de lœil , de U beauté^exceÜeceducryJlaüin^^i J ^ Des nerfs i veines {art eres ^ au'

très parties de l’œil. 4 ^

^ Comme la veUe fe fait fi cejipar

emifion ou par réception,

^ J Sn combien de façons la ve-uë peut ejlre offenfe. 6l

Brief dénombrement de toutes’ les maladies de l’œil, <^4

XIII. Régime general ^ tref- exquis pour la conferuation de la veUe, auquel efl fort particulièrement demonjîré tout ce qui peut nuire aux yeux, ^ tout ce qui leur efl propre auj^i. 77

Table.

Jtemedes choifispour la confia- Xïîiï. nation delà yeile , ^ tordre quon doit obferuer entes appliquant, %y

Second Difcours, auquel eft - traiété des maladies melan- choliques , ôi du moyen de les guarir,

thomme ejî 'un animal Ch. i dtuin ^ politique ayant trokpuif- fances nobles particulières^ tima~> ^nation , le dijeours ^ ^ la me-' moire, fueiL9y

Qm cejl animal plein de diuini^ 1 tés’abaijfeparfois tellement Je depraue par 'vne injînité de mala^ dies^quil üeuient comme bejîe. I o 8 Qm jèront ceux qu'on appelle me-^ 1 1 î » lancholiques , ^ comment on doit dijiin^uer les melancholiques ma¬ lades diauec les fains. 113

Dejînition de la melancholie,^ I 1 1 1. toutes fes différences*

Table.

V, J)e U melanchoüe qui a fon pro¬

pre fiege AU cerueAU , de tom les ac- cidens qui t AccompAgnenti^ d’où 'Viennent Ia peur ^ Ia trijîejje y les ‘Veilles y les fonges horribles ^ Au¬ tres Jymptomes^ ,120

y I. , V’où ‘vient que les melAncholi- ques ont de pAvticuliers obieSis tous dijferiâyfur lefquels ils rejùent. 130 y I r . Hifioires de certAins melancho-

-liques qui ont eu et ejîr Anges imA~ ginAtions, 139

V I î I Me^me Je ‘viure po^ur les mehn-

choliques qui ont le cerueAu rriA- lude. 141

X X, Comme ilfautguArir les meUn- -choliques qui ont U mAUdie gr a - uee AU cerueAu. 146^

X. D^vne Autre ej^ece de meUn-

cholie 5 qui 'vient de Ia furie d'A- mour. 161

X I. Le moyen de guArir les fols &

melAnchotiques d’ Amour, 16 j Xii, J>€Ia troifiefine efpece de me-

Table,

Imchoîie qu^on appelle hypochon- driaque^ ^ fès di^erences, v/z

Des fignes de thypochondriaqnej XIII* ^ d'oà viennent, tous les accidens qui Raccompagnent , 177

Htjloires fort remarquables de xllil, deux hypochondriaques . 1 8 1

La curation de thypochondria- x . que, 185

Troifiefme DircoiirS;,aiiquel eft traiâréde la génération des catarrhes , &: comme il les faut guarir.

Que le cerueau eji le fiege du froid Ch . I* ^ dethumtde^ ^ par eonfequent lajburce des d^efluxtons * 195

Que f^ife ce mot de çatarrhey 1 1, quelle maladie c'efl y ^ en quoy confifle p>n effence. 199

Les différences du catarrhe, zo^

Des caufes du catarrhes zoS I ^ ^ Régime de viure general propre

Table.

pour les d' fluxions. 214

V I. Méthode generale pour la cûra-'

tion des deflu xtons. 2ï^

y 1 1. Le moyen de cojèruer les dents . Z3 o

Q^tri efineD ifcours jau quel efttraidc delavicillelTej &: comme il la faut entretenir.

Ch. I. Q^îhomme ne peut touflours

demeurer en vn ejîat , cÿ* Itty ejî necejfaire de 'Vieillir. 2^6 î I. T>€fcriftion tresheUe de la vietU

lejfe. 2-45

î I î. Liegime pour fe conferuer lon¬ guement. ^ 250

î I î ïe Q^l air on doit choijlr pour vi- ure longuement 3 ^ quel ^ le plus propre pour les 'vieilles gens. : Z51 y. Les reines generales qu^on doit

garder au manger au boire pour 'viure longuement. 255

"V î. Comme il faut particulièrement

^ nourrir les 'milles gens ^^de quel-

. Table. les viandes.

Q^l breumge ejî propre pour les vii. vieiilesgens. 203

T) et exercice des vieilles geias.^6 VIII, Quelles reigles on doit garder au ix, dormir, 267

Comme il faut rejîouyr les vieil- x 1

lards ^ t^les dejioumer de toutes violantes payions de tame. ^69 Qt^ls remedes font les plus pro - % i,

près pour les vieilles gens , ç^par quel artifice on peut corriger les in- commoditeTjle la vieillejfe, 272

F I N.

PREMIER DISCOVRS

A V 03 EL EST TRAICTE de rexcellence de la veuc> & du moyen de la conferuer.

Q^e le cerueau efi le fiege de l’dmé'.

Cr four cejîe .occAjlon tom les orgd-nes desfens font logerai entour de luy.

Chapitre I,.

H’ A M E derhomme, la plus noble & plus parfaiâre forme qui foit foubs la voulte du ciel, portant pour marque de fon excellence la viue&: vraye image de fon Créateur,' côbien qu’elle foit toute fem-î blable à foy, immât criellejin- diuifible , & par confequent to ute en tout le corps, & tou¬ te en chaque partie d’iceluy: fîeft-ce queptour k diûerfîté

De ^excellence de U yeitCt de fes adions, pour la diffé¬ rence des inftrümês defqucis elle fefert, ôcpoüc la variété des obieds qui luy fontpro- pôfez, elle paroift & femble au vulgaire eftre en quelque façon diuifible. Les Philofo- phesmermes Voyans fesfplus nobles puifTances reluire en vn endroit plus qu en l’autre, l’ont voulu loger 6c quafî con- Uner en vne feule partie. Ainfî les Théologies rauis des mer- ncilles qui voyent auec plus d’apparence au ciel qu en au¬ cune autre partie du monde, dirent le ciel eftre leThrofhe de Dieu, conibien que Ton ef- fencefoit infinie, iacompre- hcLÎble, 6c qu elle s’eftéde par l’eftcndue de tout eequieft. Herophilc a creu que l’ame logeoitenla feule bafe du cer- ueaujXenocrate aufomet de

du moyen de U conferuer, z ia tefte , Erafiflrate aux deux Diasr- menibraiies , que les Arabes appeiiêtMeres, Stratoaumi- ficge de lieu des rourcils, Erapedocle affîfté des Epicuriens & Egy¬ ptiens 5 eri la poidrine ; Mot- chionen toutle corps , Dio- genê aux arteres,Heraciite en la feule circonférence, Héro¬ dote aux aureilIeSjBlerrior A- rabe, & Sy reneOmedecinCy- prien aux yeux, poüfce qu'on y remarque comme dans, vn mirouër toutes les paflibns de lame: mais ce ne font , à mon iugementyque vanitéz &pU“ rcs folies. Il y a-biê plus d’ap- paréceàrbpinion de cegrâd interprété de la nature Ari- ftote , qui pénfe le cœur eftr e Opinis de vray iiegekle bame ^ poufce que fon principal inflrument, qui eft la chaleur naturelle, s y -trouuerCeft/dit-iljle-premier , .

Ai)

Del* excellence de U heilef viuant & dernier mourâtjfeul magafin des cfpritS j origine des veines, arcejresy^,, nerfs, principal authear d-é refpi- ration, fontaine foùrce vi- ue de toute chaleur^contenât dans Tes ventres va fangr fùb- til ôc. raffiné qui fert mmc de brader pour alumer 52 animer tousles autres petis feux, bref Tynique Soleil du petit monr de. Et tout ainf; que leuicl eft le premier principe , duquel dépcndenttputcs fésigenera- tions 52 aiterations clemen- -tairesî aiiifi le coeur eft leip re- mier principe de toutes les a- (ftiôs êe mauueniés du corps.

Belle Le ciel produit des effeéts

parairott metueilleux par^fon mouue-

aucicisc ^ ^ -

dacœur.;niet5par ia lumière, 52 par ion influence ; Le coêur par fon mouuement côtinuel (quine nous doit pas moins rauir que

Cr' du moyen de la con feruer. 3

îcflux & reflux de rEurippe) & pari’influéce de fon efprit, anime toutes les parties , leur donne cefTe belle 6e vermeil¬ le ceuleur^entretiet leur cha¬ leur naturelle. Lemouuemit êe lalumiere aux corps fupe- rieurs. font inftruments des intelligences & du ciel 5 des intelligences, comme du pre¬ mier mouuant immobile ; du ciel, comme du premier mou¬ uant qui eft meu. Lemouue- mét du cœur, 8e fon efprit c|ui le 'cornthunique quafi en vn moment par tout comme la lumierè , font inftruments de l’ame Se du cœurj de iamejCÔ- me du premier mouuant qui n’eftpbint mcu ; du cœurjco- merdu premier mouuant qui eft meu de l’ame. Ceft donc- ques le cœur 3 en la dodrine des Peripateticiens, qui eft le A iiî

De l’excellence de U heüe, vray fiegederame, feul prin¬ ce &: go uuern eu r en cefte fi excellente ôradmirable œco- Bomie du corps. ChryfippeS^ tous les Stoïques ont iuiuy le mefinc aduis , ont creu que tout l’enclos des parties que nous difons vitales , le nommoit Thorax, feîoy pource qu’il enfer rc

ce diuin entendement d’A- iiaxagorc , cefte ardente cha¬ leur de Zenon pleine d’vn mi- Üon d’artifices ceft admirai ble feu que Promethee pilla du ciel pour animer & viui-^- fier l’homme , ceft eïprit re¬ muant duquel Theocritefait tant de cas. Voila comme ces Phiîofophes ont diuerfement parlé du fiegede l’ame. le ne veux point employer le teps à examiner particulièrement toutes CCS opinions , mon in-

àu mùyen de U cenfetuer. 4 tention n’eft pas de difputer icy 3 le me côteiiteray de dire fimplementla vérité . car ie m’afTeur e qu’eli e fera alTez for tepourrêuerfer tous ces faux fondemês. le dis donc que le principal fiege de i’ame eft au ccmeau cerueau, pource que fes plus belles puifsâces y iogctjôi fes gede plus nobles effets y reluifent ^ le plus. Tous les organes du mouuementjfentiment, ima- ginatiôjdifcours^ & mémoire ou fe treuuct dans le cerueau, ou en dépendent immedia- temét. L’Anatomie nous mo- s.aifons, ftre à l’œil que de la balê du cerueau forcent fept grandes paires de nerfs , qui s’en vont tout à linftant apporter Icf- prit animal aux organes des fens 3 & ne forcent point hors J.a tefte , finon le fixiefmc, qui a fon eftedue iufques au bout A iiij

Secodc.

Ve l'excellence de U yeüe, . du petit ventre. Nous v oyons fortir du derrière du cerueau ('où le grand &: petit cerueau fe rencontrent ) cefte admira¬ ble queue, cefte belle & blan¬ che mouëlle dorfale , que le Sage en foii Eccleftafte appel¬ le chorde d’argent, qui eft foi- gneufemet conferuee dans vn canal que Ladancc homme Saeré.D’icelleon vjOitnaiftre vn million'de petits nerfs qui apportât lapuiftance demou- uoir §cfehtir à toutes les par¬ ties qui en font capables. On apperçoit tout a l’entour cerueau logez les fens exté¬ rieurs , qui font comme coun riers 6e meftagers de rentén- dement, partie fouuefaiiie de famé. <^iaiid on defcouure (dit Philon) les gardes d’vn Prince, on penfe qu’il n’eft: gueres loin ; nous voy ostous

t^duttttyendtUeonferuèf j les fat dûtes & miniftres déjà raifon, lès yeux , les aureilTcs, le nez , la langue , fitucz en la tefte-, nous deuons par confe- <^uétiuger que celle princeÛe n’en eft pas loin. L*experience ïîous fait cognoillre quefîle cêruéau eft altéré en fa tem¬ pérature J fil eft trop efchauf- fé, comrne il àrriue aux phre- netiques j ou trop refroidy, coirimeàux melancholiques. Trois- il cbftoiinpt tout aulïi tofti’i- magmation , trouble le iuge- mentjaffoiblit la memoircîce que n’arriue point aux mala¬ dies- particulières du cceur; comme à la fi cure h eélique,

& à ceux qui font empoifon- nez. L’am e(dit le diuin Platô) Q^wi-

^ ^ . cime.

-ne je plailt point en vn cer- Ueautrop mol,trop denfe. ou trop dur ^.elie démandc vnè bône température. Si la con-

Vehxceîlence de U Jeuey formation de la tefte eft tarit foit peu deprauee , quelle fpit ou trop grande , ou trop peti¬ te , ou pointuë , comme celle qu’on lit dans Homere de Therfiteiou du tout ronde, fans eftfe ( comme ^ elle doit naturcîlemêt) applatie paries collez , on apperçoit toutes les adiôs de l’amè deprauees, on appelle ces telles foies sas îugement, fans prudence, qui nous doit faire croire, que le ccrueau ellauflî bien organe de toutes ces avions, comme ciaqm- l’œil de la veuë. Dauantage «fmc. figure ronde qui cil par¬

ticulière à l’homme , ce chef elleué au ciel, celle grande quantité de ccrueau, qui eft quafi incroyable , monllrent bien que l’homme a quelque chofe en Cz telle plus que les autres animaux.Leslàgcs d’E»

Cr du mtyen de U eonfettter. 6 gyptcl’ôtbien rccogneu . car ils ne iuroient que par la tefte, iis confîrmoiêt tous leursac- cords par la tefte , defen- doient de manger le cerueau des animaux , pour l’honneur & reuerence qu’ils portoient à cefte partie. le eroy que le haut mal n’a efté appelle Sa¬ cré des ancics pour autre rai- fon , que pourcc qu’il occupe la fouueraine & facree partie du corps.Recognoiflbns dôc le cerueau pour vray hege de l’ame, principe du mouue- metjfentimct, & de toutes les plus nobles operatiôs. lefçay bien que quelque efprit cu-^ rieux me demâdera , cornent eft-il pofliblc que le cerueau foit principe du fentimétjVeu qu’il eft du tout infenfibie^cd*^ ment peut-il eftrc autheur

A v;

î) e l’excellence de U

tant belles adios, veu qu’il eft froid, & que i ame ne peut Pour- la chaleur ? M ais ic

quoy le luy refpodraÿ quele cerueaU cerneau n’a point eu de Icntiment par- Sc S- ticulierjpource qucftât le fie- ment, ge du fcns cômniuh, il deuoit iuger de tous les obieéts £èn^ fiblesv Qr vnbon iuge doit e^ ftre exempt de toute pafïibri^ &: tout organe ( dit Ariftote) doit eftre fans-qualité, ainfi le Crift^ihj priOTpàftnftrumét- dçla vcué, na point de coù- îeur,l-aureille n’a point de fon partieulier,la langue point de gouft i Que s il arriue qu vh organe felaiffè corrôpre jco- le crift afin deuiéf iaiin e, tout ec qui fe pr esêtera à rœil paroiftfà de mefme couleur. Comme cqu es le ceru eau ne voit , h’oît , ne fleure & ne goufte rien , mais il luge trcfi=

le taoyen de U cenferutr. f biê des couleurs, des fons^des odeurs, des fapueurs: Ainfi n’eftoit il pas raifonabie qu’il euft vn fentiment particulier dutaélqui luy fift reffêtirles excez des qualitcz qu’on no¬ me rra€labies. Il luy luffifoit d’en auoirla cognoiffanceôe le iugement. Quant à l’autre poindt , ie dis que le cerueau eft aétuellemét chaud,5e qu’il ne peut eftre appelle froid quepar côparaifon du cœur,

Il faiioit neeeifaiteffierit qu’il qaoy le fuft de cefte téperature , pour teperer les efprits qui eftoiêt de nature de feu, pour retenir les efpeces , & pour les con- feruer longuement, car fi ie cerueau eftoitauffi chaud que le cœur, ilyàürok toufiours du trouble & de la fedition parmy les plus nobles puif- fauces dei’amer tous les fens

I>e t excellence de la. l>cüet,

feroiét efgârez, tous les mou- uemens defrciglez , tous les difcours temeraires, & la mé¬ moire du-tout volage , ainfi qu’il arriue aux phrenetiques. (^erien doc ne nous arrefle àrecognoiftreiccerueaupour - la plus noble partie du corps. C’eft ce magnifique & fuper- be édifice de l’amcjce beau palais RoyaljCeftefacreemai- fon de Pallas , celle tour im¬ prenable enuironnec des os comme de fortes muraillesi, oùlapuifTance fouuerainede l’ame (i’entends la raifon) qui comprend & embraffe tout i’vniuers en vn momét fans y toucher , qui voltige par l’air^ defcéd és abyfmcs de la mer,

& monte en meûne inftant fur les planchers des cieuXj fe pourmene par leurs ellages» mcfureleurs diftanccs^ com-

0“ ntôyen âe U conferuir. f tnunique aüec les Anges, pé¬ nétré iufques au throfne de Pijeu 3 & lors que le corps eft enddrmy felailTe parvnfaint vol J où; par vn rauilTement doux tranlporter iufques au îniroüer du diuin Archétype: Bref qui eft tout(dit Ariif otc) ayant tout par puifTance ; dis-ie cefîe grande princefle s’eft voulu loger comme dans citadeilejpour commander aux deux régions bafres5pour tenir en bride les deux puif- fances inferieures (i’entens l’i- rafcible & la concupifcible) qui cftoient quafi toufiours difpofees à la reuolte. l’oferay bien paffer plus outre, &pour- ray peut-eftre des premiers dire, qùil n’y a que le cerueau qui puiffe véritablement ejÙre appelle noble fouuerain au corps 3 que toutes les autres

Belle <3c- monftra tiô pour l’exccl- îeace du cerucàu.

t)e l^excelletictde UheuCy parties font faides pour le cerueau,& luy rendent tribut comme à leur Roy .Voicy ma demonüfâtion, quieftà mori aduis auffi claire que le Soleil. L’hôme ne différé des b eft es que parla raifon; fiege de la raiion eft au cerueau : il faut pour raifonner & difeourir que rimagination prefente à i’entendemêt les obieds tous purs, immateriels , & defnuez de toutes quaiitez corporef- les. L’imagination ne les peut d ’elle mefme conceuoir, fi les fens extérieurs , qui font fes vrais efpions , & fidelles mef-- fagers ne luy rapportent. lia; donc fallu former les organes des sês.les yeuxjes aureilles^ îc nez 5 la langue , & les mem-^ branes tât internes quexterP ries. Les fens pourrecognoi-' ûrelâ diueriité des obiets ont

O' moyen de la. conferuer. ^

eu befoin d’vn mouuement local . car l’home ne bougeât d’vn lieu. & demeurât immo¬ bile çôme vnc ftatuë,ne fçau- roit rapporter que bien peu à foii imagination, Iladôeefté necelTaire pour la cômoditç & perfeélion des fens,d’auoir certains organes du mouue- mét.-ces inftrumés font deux, les nerfs & les mufcles j les nerfs pour continuation qu’ils ont auec leur principe, comme ont les rayons auee le Soleil^apportêt du cerueau lepoüuoir feellé envn corps bien fubtil, qui eft l’efprit ani¬ mal des mufcles comme bons fubiets obeilTent à ce mande¬ ment, & meuuent incontiiict lapartiejl’eftendct . îaflechif- fent comme il plaid àl’imagi-» iiâtiô &:àrappetit.Le cerueaü doncques commandejlencrf

De l* excellence île U yeue^ porte le commandement , le mufcle obéit & fe retire vers fon principe. Et tout ainfi qu’vn adroiâ; Efcuyer manie auec la bride fon cheualj le fait tournera droit,à gauche, & comme il iuy plaift: ainfi le cerueau par les nerfs fléchit &: eftend les mufcles. Cesdeu:? organes du mouuementvo» iontaire ne fçaur oiét fubfifi er ny entreprendre leur adion s’ils nettoient appuyez fur quelque corps folide & im>- niobile. Il a donc fallu battir des coIomnes,qui font les os, les cartilages d’où naiflent les mufcles, & ils fe vont infé¬ rer ; les os nepouuoient eftre ioints ny raffermis fans liens, il les falloir auffî couurir de leurs membranes. Toutes ces parties au oient befoin d’vne chaleur naturelle ôrdenour-

^ du moyen de I4 conf ;ruer. i o rîture pour leur conieraation: cefte châîeurjceft aliment ve¬ nant d'ailleurs j deuoient éftrc conduits par des canaulx, qui font les veines Sc artères ries arteres^puiioient leur elprit de quelque fontaine^ qui eil le cœur : les veines prenpient lefàng au commun magafln, quieftdefoye. De forte que concîaS s’il faut remonter par la méf- fîou. me efclielle d’où nous venons de def^^endre, le cœur & le foyc n’onteflé faits que pont entretenir la chaleur de tou¬ tes les parties : lesps ôc carti¬ lages, pour feruir d’appuy aux mufcles & aux nerfs , inftru- mens du mouuement volon- tairejles mufcles &nerfs pour la perfection des fens : les fens pour reprefenter tous les ob- iets externes à limaginations limagination pour rapporter

Ve l'excellence de U Iteüe» les efpeces denuces de toute matière à la raifon qui les.dô- ne apres en garde à ia mémoi¬ re comme fa threforiere. De forte que tout obéiflant àla raifon, & le cerueau eftantle vray iiege de la raifon , il faut dire que toutes les parties du corps ont efté faiâes pour le cerueau, ^ le doiuerit reco-- gnoiftre pour leur fouueraiiîé lapporteray vne autre de¬ mi ôft ratio qui n’eft pas à mon aduis GÔmune pour tefmoi- gner rexcelléde ceftc par-? îie: ç qu’elle d onne la for-* me & perfe^ion à toutes les autres. Car il eft tout certain que de la forme & quantité du cerueau depéd la groÛeur, la grandeur, lapetireire3& en vn mot toute la figure de la îeUe , pour ce que le contenât fe rapporte touûours au con-

Cr du moyen de U con fer lier. iz

tenu comme à fon principe. A la telle Te ioint Terpine qui efr compofce de vingt & qua¬ tre vertebres de l’os faerü, ôc fait ce qu on appelle le troc du corps. Si le trou de latefte paroùdoitdefçcdre la moël- îe eft grandjil faut que les ver¬ tebres foient larges. Surcefte efpine corne fur le fond d’vn nauire font appuyez tous les autres os 5 en haut vous y ver res les éfpaules aufqueilcs les ■bras fonattachez de codé êc d’au trejIes~douze codes, 8c en bas les os des îles “Si des an¬ ches, dâs iefquéls femboiftct les os des cuilfes* de forte que fi toutes les proportions font bien obreruees , la grandeur Si groffeur des os deped de la tefte , & par cofequét du cer¬ neau corne dupremier princi* pe. Sur les os s’attachét les îi-

Ve l’excellence de U l!ette\

gamensjles murcles,& la plul^ ' part des autres parties s’y ap¬ puyé J dâs leur enclos s’enfer- mét lespius nobles parties & les vifeeres. Les os en fomme donner à toutle corps la for¬ me qu’ils ont reccüc du cer- ueau. Ceft ce qu’a très- bien remarqué le diuin Hippocra^ te au fecÔd de fes Epidémies, i difant que de la grandeur & groffeur de la tefte le Méde¬ cin pouuoit iuger de la gran- | deur de tous les os & des au- j très parties auffi, comme des vencs ^ artères ëc nerfs.

Concluons donequesauee la vérité 3. que le cerueau ayât tant d’auantage fur les autres parties doit eft.re le principal &Xouuerain fiege de famé.

dit moyen de U conferùer. 1 2, Comme les fens externes j^'urdis me^ ftgers de tame , jhnt cinq feule¬ ment^ tous logeT^du dehors 4^ cerueau.

C H A P. I I.

B Vis qu’il eft tout certain que lame e- ftant enfermee dâs ce corps , comme dans vne prifon obfcùre , ne peut ny difeourir ny com¬ prendre aucune chofe Tans îaide des fens, qui font corne les vrais miniftres & fidèles meffagers ; il a efté neceffairc de loger les organes des fens bien près de laraifon , & tout autour de fa maifon roya¬ le. Or ces fens que nous ap¬ pelions extérieurs font cinq feulement,laveüe,rouye, l’a- dorat3legouft3& l’attouche-

, VePexcellence deU’Metie'j '

ment J derquels derpend en- tierement toute noftre co- g^QiffancCjôi rie (dit lePhilo- Pour- fophe)ne peut entrer en i’in- quoy il j-ePefj; pafTé par i’v-

n y a que T; r r

cinq fês. ne des cinq portes. Ceux qui ont voulu rendre raifon de ce ' nombre direntqu’ii ny a que cinqfens j pource que l’vni- uers n’eft compofé que de cinq corps fimples 5 qui font Premie- ies quatre eîemens 3 & le. ciel teraisô. quüs appellent cinquiefme, 1 nature» etheree, toute pure ôf pleine de lumière. La veüe (difent les Platoniciens ) qui a pour fon inftrument ces deux aftres iumeaux , tous pleins de rayons & d’vn feu celefte qui luit & ne brufle point , reprefente le ciel , & à îa lumière pour fon obiedl. L’ouye qui ne reçoit que les fons^a pour obiedt vn air bat-

Cir du m0yt» de U cùnfefuer. 15 tu & fon principal inftrument (fi nous croyons Ariflote) eft vn air enfermé dans vn petit labyrinthe. L’odorat tient de lanaturedu feu ; car l’odeur ne confille qu’au fec qui eft rendu tel par la chaleur : 62^ nous tenons comme par ma- ximèj que toutes chofes aro¬ matiques font chaudes . Le gouft a l’humide pour obie<5l>

& l’attouehement la terre.

Les autres difent qu’il n’y a que cinq fens , pourcc qu’il n’y a que cinq obicéls pro¬ pres, & que tous lesaccidens qui fe trouuent au corps na- tureljfe P euu entrapporter ou aux couleurs, ou aux fons , ou aux odeurs, ou auxfaueursjou biê aux qualitez qu’on home traélables tant premières que fécondés, Ily en a quirecueil- lent le nombre des fens dcxn^ B

De l'excellence de h yenëy

leur vfage , qui eft la caufe fi¬ nale: Les fés font faits pour la comoditédel’homej l’hôme eft côpofé de deux parties, du corps & defame; Laveuëôi l’ouye feruent plus à l’ame qu’au corps , le- gouft & l’at¬ touchement feruent plus au corps qu’à l’ame; l’odorat fert à tous les deux egalement, ré¬ créant Sr purifiant les efprits, qui font principaux inftru- itiens dei’anie. lediroisque des cinq feus il y en a deux qui font du tout neceflàirés pour l’eftre & pour la vie fim- piement , les trois autres font pour le bïeneftre & pour le bien viure feulement . Ceux qui font necelfaires pour i’e- ftrefont l’attouchement &le gouft. L’attouchemêt (fi nous croyons les naturaliftes ) eft comme le fondement de l’a-

^ âum^yendelct conferutr, 14 nimalité) fvferay de ce mot pour ce qu ii exprime fort bié larchofe,)Le gouft fert pour îa conferuation de la vie . La veüçjl’ouye, & Todorat ne fôt que pour le bien viure : Car ranimai peut eftre & fubfifter fans eux. Les deux premiers pource qu’ils eftoient du tout ncceflaires ont eu leur moyé intérieur & fi conioinét auec l’organe qu’il en eft quafi in- feparable.car au gouft & à l’a- touchemct, les Médecins cô- fondentle moyen & l’inftru- ment. Les trois autres ont eu leur moy en extérieur & fepa- dei’organejComme la veüe a l’air , l’eau & tout corps dia¬ phane pour moyen. Ariftote au commencement du troi- fiefme liure de l’Ame, a bien plus ferieufement phiiorophé que tous ceuxey, mais c’eft

Ve t excellence de U yeucf

auec tant d'obfcurité, 4 <lUâQ tous les interpretess’ytrou- uentfortempefchez : de for¬ te qu il fêble nous auoir vou¬ lu cacher lesTecrets de ^na¬ ture & les myfteres de faphi- rorophie^nô pas auec vn voile^ fabuleux 3 comme les Poètes ançiens>ny auec vnefuperfti- tion des nombres comme les Py thagorkiês, mais auec vne obfcure brieüeté , reflfemblât à la Seche , laquelle pour ne tomber entre les mains du pefcheur iette vne liqueur noire & fe cache.Les fens, dit Ariftote , ne font que cinq, pour ce que les moyens par lefquels nous fentons ne peu- ^5/*" uent eftre akerez qu en cinq tiond’A- taçons ; Les moyens parlef- riftote ^ quels nous fentons font deux bTedes^ f^ul^itient , l’vn cft extérieur, Cens, bâutre intérieur ifexrericur eft

^ du moyen de U conféruer. I_f iâir ou i’eau , l’interieur eft la chair ouïes membranes. L’ak & l’eau reçoiuent les obieâis externes , ou comme diapha¬ nes, & lors ils feruêt à la veüCj ou comme corps mobiles 6e: rareSsdclorsTeruentà l’ouye, ou comme humides reecuant iefec 5 & lors font fubieds à l’odorat. La chair ou les mê- btanespeuuent eftre confide- rees en deux façons, ou félon latéperaturc des quatre pre¬ mières quâlitez , & lors elles font fubiedes à Tattouche- ment, ou félon la mixtion du fec 6e humide, & lors elles re¬ coin ent les faueurs pour le gouft. Quoy que ce foit, il n’y a que cinq fens extérieurs qui font tous logez au dehors du çerueau.Cefotles vraiscour- riers tc meffagers de l’ame, ce font lésfeneltres par nous B iij

Ve f excellence de la '^euê\ la voyons tout à clair: cc font les gardes ou portiers qui no’^ font entrer en Ton plus fecret cabinet ; s’ils font fidefes à la raifonils îuy reprefentent vn milion de beaux obiers , fur iefquels elle faid des difeours . merueilicux. Mais , helasl co¬ bien de fois la trahiffent-iis?ô comme ils font dangereux ôe à corruption' Ce n efi: reaax de pas fans caufe que-ce Mercu- lamc. fe trois fois grandjappelle les fens tyrans & b ou rreaux de la raifon, barils la iiurent bien fouuent prifonniere aux deux puiflances inferieures , dis fa font de maiftreflè deuenir fetuâte , de libre qu elk eftoit ils l’ajOferuiffent 6c M rendent efclaue. Elle a beau comman^ derpour lors , elle u’eil non plus obeye que la loy ou ie magiftrat en vneftat troublb

^ du mùyen U confemtŸ. î6'

de difTenfions ciuiles.He/ cô- comme bien d âmes ont perdu leur li- les Gîqs bertépar laveüc? Ne pas que ce petit foladre , ceft à la rai- aueuglc archer entre dâs nos^®“* coeurs par cefte porte, que l’amour fe forme du rencon¬ tre des rayons qui fortent de l’œil , ou bien de l’viiion dés plus fubtils & déliez efpritSj qui montent fecrettement du cœur à l’œil par vn petit ren¬ tier ,& ayans abufè ce portier, mettent l’amour dedans , qui ferend peu à peu maiflre de la place, &: en met la raisô de¬ hors ? Combien de fois la rai- fole laide charmer par l’ouy e>

Si tu preftes l’aureille à ces la- gués affêteeSjà ces voix pipe- relTes , à ces difeours artifi¬ ciels pleins de douceur Sr d’vn milion d’apas , ne doute point que ta raifbn ne foit fur-ï B liij

X>s Cexctllencs as la l/mr,

prinfe , les efcoutcs Tont en¬ dormies 3 Fennemy le laide couler toüt doucement 6c fe iailitdela fortcrefre: Lefagé Vlyfîe ri’eftouppa-ü pas les au reiiies de les compagnôs crai¬ gnant qu ils ne fulTent enfor^ celez èc endormis du chgnt harmonieu'x des Sirenes ? La friândilè du gouftjla gourma- dife J ryurongneric , mont' iis pas perdu degrans perfonna- ges ? Et ce feus de .-Fattouçhe- mentque nature a. donné aux animaux pour k eôferparion de leur efpece,le plus grollîerj le plus terreitre de touSjôc par conrequcnt le plus délicieux, ne nous fair-il pas fouuêtde- uenir belles ? On neCurprend donciamais k raifon que par la corruption de ces portiers, pniVentre kmais dâsfonpa- kis que par Fiaîelligencedes

du moyen de la con feruer. 1 7 gardes , pour ce que , comme iaydic au commencemét de ce chapitre , l’amc eftant en¬ fermée dans ce corps ne^peut rien fans le miniftere desiens.

Qt^ la 'veUe ejî le plus no hle detou6 les fem.

Ch A P, î IL

SNtrî tous les fenSs celuy de la veüe aefté iugé par l’aduis com¬ mun de tous les PhilofopheSj le plus noble, le plus parfai<^5 6c le plus admirable. Son ex¬ cellence fe fait paroiftre en v- ne infinité de chofes : mais en quatre principalement, à la diuerfité des obiedsquïlre- prelente à rame,au moyen de poari Ibiî operâtion qui eft quafî tout fpirituel , à l’excellence veüe. de fon obie<5t particulier qui B V

Vt Texceîlence de U l>eik»

cft la lumière, la plus noble 5r plus parfaite qualité que Dieu crcakmais, &:ala certitude La prc- de fon action. Premièrement mxcre. ünyapoint de toute que la veüe ne nous face cognoiftrê plus^ de diuerfîtez & diffé¬ rences des chofes que nul au¬ tre fens.car tous les corps na¬ turels font vifi blés, mais tous ne fc touchent pas , de tous ne fort point y ne odeur, vn gouft , vn fon : le ciel qui eft l’ornement du monde , & le plus noble corps de Tvnluers ne felaiffe pas toucher à nous,, nous n’oyons pas cefte douce harmonie qui procède des accords de tant de mouucr mens diuers , 4I n^ a que la veüe qui nous le face cognoi- ftre, les corps mois ne font point de fon, la terre & le feu nôt point de gouftjSctout ce-

^dumoyendehconfenitr. i8 la pourtât eft vifible, La veüe outre Ton obieâ: propre, qûi eft la couleur, en a vue infini¬ d’autres , comme la gran¬ deur , le nombre , la figure , le mouucment,lc repos, la fitua- tioii, la diftance. C’cft poup- quoy k Philofophe en fa Me- taphyfique lappelle fens de l’inucntion , d’autant que par fonmoyc toutes les plus bel¬ les fciences ont efté inuétees,. C’eft parle moyen de ce no¬ ble fens que nous auons com^ mencé à philofopher: car k philofophie ne vient que de l’admiration, l’admiratio pro¬ cédé de la veüe des chofes belles. Noftre ame doncs’e-» fleuant en haut vers le ciel ra- uie de tant de mcrueilles, ena voulu recercher la caufe, & a commencé à philofopher. le diray d’auantage , que la ve ik B vjl '

Ve l'excellence de la

cftle fens de noftre béatitu¬ de. car le fouuerain bien de- i’hômCjCoiififte en la cognoif- fance deDieu.Or il n y a point de fens qui nous y conduife mieux que la veüe. Les chô- fes inuifîbles de Dieu (dit TA- |)oftre) fe cognoiiTent &xnâ- çiifeftent à nous par les via¬ bles. Gefte première caufe , qui eft infinie & ineompre^ henfible, ne fe peut cognoi- ftre que par fes effeâs. Moy fe ne iceut iamais voir Dieu que par le derrière 5 car de face fortoit vue fi grande clarté quelle luy esblouyfibit du Sellec6-toutlavcüe. Vien t’en icy,ô fider^iô atheejCmploy e ce noble fens à contempler cet excellent & parfait: ouurage de Dieu, cet vniuers qui contient tout. E- fleueta vcüc en haut, d’où tu as pris ton origine , regarde le

du, mcyen de U confmier. 15? tbrorne deDieu qui efi: le cielj la plus accomplie de toutes Tes œuures fenfibles & corpa- , relies : voy ce nombre iiifiny de feux allumez au ciel, 5i en¬ tre autres ces deux grâds fia- beaux qui nous efclairét, Tvn ieiour, f autre la nuiâ: ; Con¬ temple la majefté du Soleil quand il fe leue , comme il e- ftend en vn moment fes raj^os depuis vn extrémité du nion- deiufques àlautrCjS^ comme iefoiril plonge fon char de¬ dans ronde.Regardela varié¬ des faces & apparences de la LunCjles diuers mouuemés des planètes qui vont conti¬ nuellement auec vne viftefTe ôr efgâlité incroyable, &iie s entreheurtent iamais. Si tu as honte de regarder le ciel, de peur d’eftre contraint de confeffer vne diuinité, iette

De f excellence de U Seller

ta veüe en bas vers les eaux ou vers la terre: voy en la mer vne merueille, comment elle menace perpétuellement la terre & ne desborde iamais: elle reçoit tous les fieuues du monde, & pour cela n enfle pointjon neluy vit iamais paf îer fes bornes. Regarde com¬ me la terre eft fufpendue en i air Ôi fe {auftient fur fa pro- pi^pefanteurj Confidere la diuerfité des animaux qui sÔ6 fi accomplis en leur efpece , la beauté des pierres, le nombre infiny desj^âtes qui font aufli agréables en leur variété^ qu’admirables en leur pro¬ priété. Si tout cela ne te peut efmouuoir à recognoiftre ce> fte première caufe , fi tes déli¬ ces t’attirent ailleurs & tera- uifsét le têps qu’il faudroit em ployer pour remarquer tant

(Sr d’A moyen de U conferutY . 2 & ds varier £z, vien t enicyjic te feray voir err moins.de rien i’abregè du grand monde , le chef d’œuure de Dieu , le ta-r bleau de r vniuers ôe lors, ra- uy dVn merueilleux artifice tu feras coatraint de f eferier auec ce grand magicien %o- roafter, ô homme, miracle & effort naturé. le ne te veux reprefenter pour ce coup que la telle, d’autant que les rayôs & marques de la diuinité y reluifent le plus. Contemple ceflc maifon Royale par de¬ dans, par dehors , & par touù voy rartificc du cerueaujles trois colomnes qui fouftien- nent tout le couuert de ce fur p erb e édifice, corne: vit Athlas fouftient le ciel. de. fes efpau- ks : Les quatre chambrettes logent (fi nous voulons eroireics Atâbes).les puiflan-

DeYéxcellence ieUyetie^

CCS fouueraines de lame, l’i¬ magination aux, deux premîc' reSjia raifon à celle du milieu^ &la mémoire à celle du der¬ rière 3 le miroiter tranfparant, le ret admirable qui eft com¬ me vn labyrinthe tiffu d’vn miiionde petites arteres en- trelafTecs , fe préparent èc raffinent les efprits , les fou r- ces des nerfsjla corde d’argêt, -6^ fon incroyable fécondité à la produéiion des nerfs, les canaux Sc aqueduds par lef- quels toutes les immondices du çerueau fc purgent. Si tu ne te veux enfermer dans ce palais Royal , fors dehors , çu verras au deoât de la tefte ces deux aftres luifans, ces deux miroirs de lame qui nous re- prefentêt toutes fes paffions:; tu admireras Icbeau criftalin qui eft plus net &:plus pur que

^ iu moyen de U conferaer. les peries Orientales, la polif- fure des Cm tuniques , la mer- ueilleurc agilité des Cm muf- €les5& fur tout decefte poulie amoureufe. Tu verras à cofté les deux oceilies qui netera- uirôt pas moins. N’eft -ce pas vntraidl bienhardy de la na¬ ture d’âuoir enfermé en vn fi petit trou vn tambour bien tédu, ayant par derrière deux petites cordes , trois ofTelets qui ont la forme dVn enclU- rnôjd’v'n marteau, & d’vn cftri eu, trois petits mufcl-es , vnla^ byrinthe,qui contient Tair in¬ térieur, deux feneftres ouales, vn nerf , vn canal cartilagi¬ neux qui fe rend au palais, fait cefte belle fympathie des inftrumés de i’ouy e auec ceux delà voix ? Et que. diras tu de ce petit morceau de chair, qui fe meut en cçnt mille façons

Ve l’excellence de U 'ytüe, ' '

comme vne anguille,, i’entêds la langue, qui eO: rinterprete de toutes nos conceptions, vraye mefTagere de lame, qui chante(comme ditrApoUrc) louange à Ton Créateur, &dô- ne fouuent malédiction aux hommes, qui rauit, fléchit, tonne ^ qui anime au combat les âmes genereufes , quia le pouuoir de perdre ôe renüer- ferlcs plus fioriflans Empires & deles remettre au fli . BreC regarde , ô Athee , en gros , fi tu; ne veux en detail, la beauté la majellé de çefte face qui fait trébler tous les animaux; n’y tromicras tu pas vne eftin- celle & ienc fçay quel rayon delà Diuinité? n y verras-tu pas k marque charaélcre de fon créateur ? ôç. ayant le tout contemplé , ne feras-tu pas, bon gré mal gré que

^ du moyen de la confimer. iz en ayes, contraint de t’efcriei: auec le Prophète Royal: Tes mainSj Seigneur,m’ontfor- 3 ie t exaiteray toutletêps de ma vie? Combien donc eft liobiela veüCjpuis qn en hoiïS' reprefcntant tant de merueil- les ôc tant de diuerlîtez d’ôb- icâ:s, elle nous meinc àla go- gnoiflâneede Dieu?i,efecdd poin€fc qui nous faitparoîftre poinâ Tex-cpiicnce de la veüé êft le Pouri'ejç mayen de fon opetationj qui- efl tout fpirrtüei;càF lavëüê Ib* veüe. fait en vn inftât;, fanS'mG^uuc^ ment^lpcal , & a vne diRanee fqrcxefloignee. léxvenx, 4j5ïï qu’vn Hiaëû engnoilTé lapef^ feâionrde Gex#ns j lexparan- gonaer y 6C rendre quafî fém- blafele à i-inrelleét: Tout aîâlî que lintelleifl reçoit del'inia- gination les elpèces immàfe— rieHes > ainh la veüe reçoit les

Belle co- paraifbn de la veiie à l’intel- led.

T>e ï excellence de U "yeucy eîpeces fans corps , que les' Philofophes app client inteii- tionelles.L mteileâ: comprêd tout i’vniuers fans, qu’il occu¬ pe aucun lieu, côriticnt le ciel 6e la terre fans qu’ils s’y entre- cmpefchent ; la veiie reçoit le ciel fans qu’il occupe aucune place 5 les plus grandes mon¬ tagnes du monde entrêt tout àla fois 6e toutes entières par la prunelle sas^ qu’il y aitpref- fe à l’entree. L’intelleâ: luge, en .mefme temps de deux cô- traites, du yray ôc du fauXj les: ipge egalement en foy^ les en¬ tend l’vn par l’autre, les range. foubs vue mefine fcicncfô: L’œil. en mefme moment re¬ çoit le noir &: le blanc ^ .6e les difçerne parfai élément fans quel’ynGfnpefchela çogùoif- fance de l’autre , ce que n’ar- due pas aux; autres fei^:^ Car

Cir du moyen de la con fèruer. i j ayât goufté l’amer on ne fçau- roit en mefme temps bien îu- ger &c difcerner le doux. L’in- telled voltige en vn inftant par tout mondedaveüe re¬ çoit en vn inftant refpccc du ciel î Tous les autres fe^nsfe meuuent auec le temps, c’eft pourquoy on voit l’efclaira- uant qu oûyr le tpnerrejCom- bien qu’ils fe facét en merme temps. L’intelleéb cft libre de fa nature , &c a vné volonté de difcourir ou de ne le faire pas.* La vcüe en fon operation a comme vnê efpece de liber¬ que nature a dénié aux au¬ tres ses: Les aureiîles sot touf- iours ouuertes&le nczauffi, la peau eft expofee au froid> au chaud , & à toutes les inju¬ res défait jmais les yeux ont des paupières qui s’ouurent ferment quand nousvoulos.

t)e l'excellenCt de U hèüe, pour voir ou ne voir point, iinon quand il nous piaift . Le troifieiaie fubiçâ: que i’ay pour termoigner l’excellence de la veüe eft la certitude de ion adion; Car il n y a nul doubte que ce ne Toit le fens le plus afTeuré & qui fe trom¬ pe le moins: Auiïl at’onac-- couflumé de dire quand on veult alîeurer quelque chofej qu on l’a vëu de Tes propres yeux . 62" le prouerbe des An¬ ciens eft trefueritable , qu’il Vaut mieux auoirvn termoing quiaye vëu que dix quil’ayêt ouy dire.LePhilofophe Miie- fîen nômé Thaïes difoît qu’il y auoit autant de difFercncc entre la veüe & l’ouïe, comme entre le vray bc lefauix. Les Prophètes mefmes pour af- feurer leurs prophéties ne les appeiiét que viftons , comnie

du m^yen de- îacoKptuef. 24 eRans chofés certaines ^ vé¬ ritables. Enfin i’csceliéce de letroff- la veüe fie fait paroiftre en Ton iefee ôbleâ: particulier ; qui eR le plus noble 3 le plus commun knce de. &leplus cogiieudetous.Iele î^veiré. dis le plus nobicj po.urce qu’il comprend la plus belle qua¬ lité quifoit en i’vniuers ; c’eft la lumière qui a pris fa naif- {ânce du ciebSe que les Poètes appellent fille âifnee de Dieu, le le nomme le plus commun pource qu’il fe communique à tous indifferémét^ le plus cogneu de nouSjd autant que tous les corps naturels parti¬ cipent de quelque couleur, &: qu’il n’y a ri é en l’vniuers qui ne (bit vifible.Difôs dôc auec Theophrafte ; que la veüe eft comme la forrhe ^perfeâ:iô de i’iiomc: auecles Stoïques, que la veüe nous faitappro-

Ve excellence de U 'yeUe,

cherjdela diüinité, &:auecîe Philofophc Anaxagore qu’il femble que nous ne fommcs nais que pour voir.

De C excellence detœil^ro^re irffirument deUl>eue^

Ch AP. Il II.

lefens de îa veüeeft ^^(admirabiejrorgane qui luy eft dédié, {urpa& toute merueille ; cariieft compofé auec tant d’artifice & de tant belles parties , qu’il n’y a per- fonne qui n’en foitrauyr&ie ne fçay fi ie dois auec Plotin & 3ynefius appeîler la nature magicienne jpour au oir en vn ü petit aftrc enfermé tant de grâces , & fait vn ouurage qui fiirpaffe les fiens ordinaires* Les Egyptiens ont autrefois adoré le

^dumoyende lacà^ruer. ij adoré le Soleil , & l’ôt appellé Compa- le fils vifible du Dieu inuifi- ^aifoR blej & pourquoy n admireros feü aûec nous Tœibqui €ft(côme chan- i’œii. te l’ancien poëteOrphee) le Soleil du petit monde , plus noble fans comparaifon que celuy du grand? Le grand So¬ leil par l’eftendue de fes rayes illumine toutlVniuers, mais il ne reçoit point de plaifir ny de commodité de ce feruice, il ne voit rien de ce qu’il nous fait voir j L’œil qui eft le petit Soleil, en nous reprefentant tous les corps coloreZjlesvoit &recognoift auffijS’é refiouy t au e c l’ame, ôr app er çoit la fo r- me, la grandeur, ôc la diftance des obieds , ce qu’aucû autre organe ne peut faire. Platon pour honorer celle diuine partie la nôme celefte 6c eche- ree , il croit que l’œii eft tout

De l’excellence de U ’yeüe^ plein de rayons &de feu fem- blable à celuy des eftoilles qui iuit ne bruflc point. Orphee appelle les y eux mi¬ roirs de la nature, Herychius portes du Soleil , Alexandre Peripateticiê feneftres de la¬ me jpource que parieiyeux Les yeux nous la voy.ons tout à eiair, miroirs nous peiictrons iufques en dciâme. profondes penfees,

nous entrons en fon plus fe- cret eabinet.Et tout ainfi que la face nous reprefente la vraye & yiue image de lame, ainü les yeux nous defeou- urent toutes fes paffions : les i yeux admirent , ayment , & font pleins de cocupifcence: Aux yeux tu remarques l’a* mour & la.haine,la triftefle & la ioyejla hardiefle &la crain¬ te, la pitié &: la vengeance, felpoir & le defefpoirjia fanté

du moyen de U confertièr. xG & la maladicjla vie &:ia mort. Regarde, ie te prie, comme éri ramour les yeux tefçauêt Toutes flatter , comme ils deuiennêt

, . ^ lions de

doux , gratieux , aftettex , at- lame fe trayâs fretillars , enchâteurs; en la haine comme iis s’effa- fauchent, & deuiennent ru¬ des î en Taudacciis fefleuent & briilet fans ceffejen la crain te ils s abbaiflent deuien* nent cëmme immobiles : en lâioye ils font rians & clairs: en la triftefle tous abbatus, iarmoyans &' tenebrenx.Bref ils font du tout difpofez à fùyure |és mouuemens de fa¬ mé, ils fe changent en vn mo¬ ment, s’alterent & fe paflion- nent auec elle , de forte que fArabe Blemor & Syrenee fnedecin Cyprien n auoicnt pas trop de tort de dire que. famé habitoit aux yeux , & le Gij

Morne

(^ôàâixi-

pé.

De l*excellence de U yeu'e\ vulgaire le croit encores ^ car en baifant les yeux , ilpenfc baifer l’ame.T e voila côdam-^ Morne impudêt5tu as per¬ du ta caufe , vien t en icy faire amende honnorable à la na¬ ture 3 pour i’auoir malideufe- ment & faulfement accufee d’erreur , en la fabrique du corps humaiiijd’autantqu el¬ le n’auoit fait des feneftres auprès du cœur , pour voir toutes fes paflîons. Veux tu de plus belles feneftres que celles des yeuxr? n’y vois-tu pas comme dans vn. miroir tour ce qui eft de plus caché dans l’ame ? le pauure crimi-s ne! ne lit-il pas dans les yeux de fes luges fon fuppliccjou fa grâce? Il y a(dit Theocrite) del’œii au cœur vn chemin tout ouuert; on a b eau fe maf- quer j telle eft la paffion dans

^ du ntey en de h canferuc r. xj î’œil comme elle eft dans le cœur. Ha que ie trouue ces difcours pleins de vanité , de fouhaiter vne poiéîrine de cryflal afin qu’on puilfe voir ce qui éft dans le cœur, veu que nous auons ce beau ôc rond cryftallin dans noftre œil qui darde comme à rra- üersdvn luifant verre fesplus viues lumières. Quefiparmy CCS fleurs phiiofophiques & poétiques il m’eft permis d’é- tremeüer quelque trai<5t de medecine, ie diray quaux yeux, nous y voyons Teftat entier de la fanté du corps. Ce grâd oracle de Grece.que tout le monde admire en co ¬ res, Hippocrate en fe.s Epidé¬ mies l’a tresbien remarqué, ôc à£on prognoftique il côman- de au médecin quand il va vi- fiter fon malade , de ietter la Ç iij

Aux yeux-on voit ]’e- flat ea- tier de la fanté.

De l'excellence de U "y eue, veüé fur toute la face , mais principalement fur les yeux, pource qu’on y voit comme, Sans Vn miroüer, & la force & la foibieffe de toute la fa-^ culte animale : ü l’œil eft clair & bien luifant j il nous donne bône efpcrancc, mais s’il eft obfcurjftetry &tenebreuX3ii nous menace de lamort.Ga- Hen appelle l’œil membre' di- uin, partie foiaire dei’animaî, & en fait fi grand cas, qu’il croit que le cerùeaii: foit fait pourles yeux feulement. Les lurifconfultes tiennet qu’vn aueugle ne peut poftuler, pource qu’il ne peùt voir la majefté du Magiftrat. Geftc lumière de nature Ariftote au fecondliure delà génération des animaux , dit q des yeux on prend des lignes certains de la fécondité 3 & que diftiL

^ du moy en de la conferuer. z 8 lant quelque liqueur amere dans l’œil de la femme , li la langue en efl incontinent in- fedee^c’eft vn ligne de fécon¬ dité. Les yeux (ditlemefmc Philofophe) font pleins d’ef- prits & de femcce. c’eH pour- quoy aux nouueaux mariez ils font tous abbatus êc com¬ me languiffans. Mais qu’eft-ii befoin d alléguer tant d’âu- thoritez pour faire paroiftre l’excellence de ces deux So¬ leils 5 puis que la nature mef- melâ nous dcmonftre affezî Lifons au liure de la nature, voyons gombien elle a eftè foigneufe de conferuer les yeux comme fes plus chers melTagers: admirons l’artifice duquel elle a vfé pour leur ?e^a^eu ï deiFenfe , nous trouuerons coferucr qu’ell-e n’y a rien oublié , non ^ '

plus que ceux qui veulent C iiij

Dêt excellence de U

fortifier vne place & la ren¬ dre imprenable. Première¬ ment elle les a logez; dans vn vallon J pour ne les expofer au hazard d vn müion d’in- iures 5 & de peur que ri'en ne commandai à ce Vallon, elle «îe l’œil, abafty tout à l’entour quatre beaux bouieuars tous reue- ftus d’oSjâulîi durs que pierre, qui s’aduancent en dehors, comme fi ceftoiêt petits ter¬ tres, pour receuoir les coups fouftçnir i’eifort des enne¬ mis qui pourroient laiTaillir. En haut il y a l’os du front, en bas celuy delà ma:(^hoire fu- perleure;à dextre & à fenèflre les deux angles 3 le grand qui eit vers le nez , & le petit qui eft oppofite. Et d’autant que le deuant de celte place eftoit tout defcouuert , de peur que le prince qui y commande.

Cir du moyen âe U confetuef. S. y qui eft l’œil , ne fuft furpiins, ou offenfé d’vne trop grande clarté, du vent, du froid &c de la furaee , Nature a fait com¬ me vn pont leuis qui fe haufle & s’abbaiflè par le comman¬ dement du gouuerneuf , c’eff la paupière qui f’ouure & fer¬ me quand il riousplaift : Les chaifnes qui haufTent & a- uallent ce pont , font les muL des , inftrumens du mouue- nient volontaire, Ce foin doc que nature a eu à la conferua- tion &: deffenfe des yeux, nous fait affez paroiftre leur excellence , & nous apprend aufli combien nous deuons eftre foigneux de les bien conferuer.

De l’excellen ce de U ')>eUe^

De la compofttion de rœil en general, '

C H A P. Ve

L eft teiîîps de defcou» f^^^um ïamücc de ces a- lires iumeaux , ie m’en vois le defcïire fi exaàement queles plus curieux , & ceux qui ne font nez que pour reprendre^ peut eftre, s’en çontenterontj laiflant en arriéré vne infini¬ de belles difputes, qui fe peuuêt efmouuoir fur les par¬ ties de l’œil 3 lefquelles i’ay amplement traidees au.qua- triefme liure de mesœuures Anatomiques. Or tout ainfi que les Cofmographes , ou ceux qui par curiofité voya¬ gent , fenquierent première¬ ment du nomdes prouinceSj

CifduHtoyendelaconferuer. 30

remarquent auant qu’entrer dans les villes , l’affictte * la forme 5 la grâdeurjes deffcn- ces, lesaduenues, ô2:tout ce qu’on peut voir par dehors:

Ainfî veux-ie defcrire lafor- mejraffierte, les deffences , la grandeur, l’vfage , le nombre des yeux , & tout ce qui fe peut remarquer en gros, auât qu’entrer en vne plus particu¬ lière recerclie de toutes fes pièces.

Les yeux donc font appel- Lcsnos lez des Grecs pour'^^

ce qu’ils nous font voir, & les Poètes difent qu’ils font en- fans de Thea. Les Hebrieux leur ont dôné le nom de haut, pour nous faire reffouuenir de noftre origine , & que les yeux nousdoiuét feruirpcur côtemplerles choies hautes.

Les Latins les nôment Ccu^o^

C vj

^excellence de U "Vf»?»

pourçe qu’ils font c©mmc ca¬ chez & enfermez dans vne vallee creufe. .

laformc forme ou figure de l’œii

dei’œii. eft rondc, mais non pas du tout fpheriqqe , car elle eft vn peu longue &: comme pyra¬ midale ayât fa bafe endehorSj & fa pointe cn-dedans vers le nerf optique. Cefte figure luy a efté trefconuenable pour la capacitéjpour l’agilité & pour Pour- la force. Les Mathématiciens guoy croyent que la figure ronde eft la plus capable de toutes, & les Optiques afteurent, que fi Toeil n’euft efté rond il n euft iamais peu coprendre la gran¬ deur des corps , 6c neuftfeeu voir à la fois plufieurs obieds pourçe que la veüe ne fe fait que par droiétc ligne, de qu el cofté donc que l’oeil fe tourne plufieurs lignes fe rendét tout

Cr m&jen de îa, eonfèruer, à coup à la prunelle , qui eft ronde , ce qui n arriueroit pas fi elle eftoit plate ou quarree. Cefte figure ronde fert auffi à l’œil pour l’agilité, afin que plus facilement il fe puiflfe mouuoir en haut , en bas , à dextrc,à fenefire, & en rond? caries corps ronds fe meuüét quafî d’eux-mefmes n’eftans appuyez quefurvnpoinél. le croy que celle rondeur n’eft inutile à la delfence de l’œil: car entre toutes les figures la ronde eft la plus forte, & refî- lle plus aux iniures externes, pource qu’elle ell toute con¬ tinué, & n’a point d’inefgali- té:onn'y trouue aucun angle ny aucun poin<5l qui puifife e- flre principe de la dilTolutiôi Les yeux s6f fituez au plus haut du corps, au deuant, &rœiL dans vn vallon: Au plus haut

^excellente de la. heucy pour defcouurir de loin & garder que rien ne nous af¬ fadie au defpourueuî iis feruét à l’animal deguette ou de fen- tinelle, & font bien fouuent appeliez dans l’efcriture fain- Pour- phares. Or a-onaccoùftu-

Slîmé de loger les fentinelles au

en haut, beu le plus eminêt3& de met¬ tre au plus haut de la tour ou Pour- du nauire le phanal. Ils font quoy en logez au deuât pluftoft qu’au euant. pouj-^e que l’animal

fe meut en deuant:il doit doc voir ce qui le peut ofFencer, les fentinelles nedoiuentia- mais tourner le dos à l’enne- i my. Les anatomiftes difent

qu’il falloit neceffairement fituerles yeux au deuâtjpour- i ce que la veüe auoit befbin

I ' d’vn nerf fort mol & bien |; moelleux qui apportaft fbu-

I dainement grande quanrité

O* du mGj/en de U ctnferutf. 5 % d cfprits : or ce nerf ne pou- uoit fortir du derrière , qui z- floittrop dur & tropfec. lay autrefois approuué cefté rai- foiijmais depuis ayant remar¬ qué la fource de tous les nerfs cftre au derrière, .Payant y eu l’optique enfortir auffi bien que les autres, ie ibis côtraint de changer d’opinion. En fin quoy y les yeux font enfermez dans eftdans vne foflctte creufe, que le vulgaire appelle Orbite, pour leur plus grande feureté , & afin qu’il ne fe fift pas fi gran¬ de diflîpation des elprits. Ce vallon eft remparé de tous codez des os du fr5t,du nez, ôc delà mafchoire fuperieu- re, qui s’aduancent comme petités collines : &: pource que le deuant eftoit tout def- couuert, nature l’a clos d’vne paupiere,quis’ouure afferme

La fiib- ftance de Toeil.

Vetexcelleneède layeue, ^ qurîd il nous plaift, de peur que l’œil ne fuft altéré d’vne trop grande lumière , ou que , l’œil demeurât toufioùrS Gü- uertjfes efprits ne s’efuanoüif- fent tous , ou qu’en dormant il ne fuft ofFenfé des caufes externes, ladioufteray eneb- res, que fi l’œil ne fe fermoit, les efprits expofez toufiours à la lumière ne fe retireroient ü toft à leur centre, & noftre dormir ne feroit ü paifiblet caries Philofophes tiennent que le fommeil fe fait par la retraite des efprits au dedans, La nature de l’œil , qu’on appelle en termes anatomi¬ ques fubftance,eft toute mol¬ le J diaphane , craffe , aigeufe: molle pour reeeuoir promr pteméntles efpeces , diapha¬ ne afin que la lumière la puif- fe trauerfer, & aujfïî pour ce

^ du moyen delà conferuer. jj que tout organe, doit auoir quelque analogie auec fon obiecâ 3 craffe afin que les ob- ieds sy puifsêtarreftenL’eau feule au oit toutes ces quali- tez. L’œil donc efl de nature aigeufe, & non point comme difoit Platô;,de nature de feu, comme ie difcourray au dix- iefme chapitre.

L’vfage de fœil eft double, r vn eft commun à tous les a- L’vfage. nimaux , qui eft de leur feruir de guide &defentinelle3pour defcouurir ce qui les peut en¬ dommager 5 L’autre eft parti¬ culier à l’homme feul 5 la eo- gnoiftancé de Dieu parles chofes vifibles , la perfeiftion de l’intelleâ: , & fabeatitudej car receuant l’efpece du ciel, l’intelleâ: s’ennoblit &ferend quafi sêblable à fonCreateur. Lenom-

Les yeux foiit deux pour

DehxcellencedeUheüe, rcxcellçnce & pecefîité de ce fenSj afin que l’vn eftant ma¬ lade ou perdu ^ l’autre feruej. ils font aufiî deux pour la per- fedion de la veüe j afin qu’on , puiffe voir plufieurs obieéls à la fois: car s’il n’yauoitquvn ceilj &qu’U full logéaumi- ; lieu du frôt , comme les^ Poè¬ tes ont faint des Cy dopes, nous verrions feulement ce ^ qui cft au deuant de nous , &: ne verrions pas ce qui eft aux coftcz.Ces deux yeuXjenco- re qu’ils foient afifez efloignez l'vn de l’autre , ont telle Sym¬ pathie, & S’accordent fi bien Vn œil en leur afiion, que Tvn ne fe peur P m o uu O ir fans l’au tre , il

mou- ^ eft hors de noftre pouuoir rautrr* mouuoir vn en haut & l’autre en bas , ou bien d’en mouuoir i’vn & que l’autre ^ demeure immobile. Ariftots

t^rdamôyên de U çonfemtr, 34

rapporte cela à rynion des nerfs optiques , & croit que ies yeux fe meuuent cnfem- ble, pource.qu ils ont v n prin> cipe commun de leur, mou- uemcnt qui fe trouue en la . côion<5tion de f optique. Mais Ce grand perfoiitiage s*abufe Erreur içyL> ' cpnfîme. il s eft trompé quafî en tout ce^qtiieft de l’â- natomie. Le nerf optique ne fert de rien pour le mouue- meptj il apporte feulement refprit pour la veüe, car eftât bouché enla goutte fereine, la veüe fe perd}& l’œil ne laif- fe pas de (e mouuoir.il en faut donc attribuer la caufe à la fin perfection de ce fens.

Les yeux fe doiuent mouuoir enfenible, afin que l’obiect ne paroifTe double, que fi nous pouuiÔs en haulfer yn& baif- fer fautre en mefmc.tempSj

Le tëpe- ramët.

Le fenti- ment.

Les cou¬ leurs des yeux*

Vehxcellenee de U "Ve»è, ' ee fens qui eft le plus noble, fe tromperoit toufiours5&: fe- roitle plus imparfaiâ: , d au¬ tant que lobieâ: , qui eft {im¬ pie, paroiftroittèufîours dou- i; ble. Tuen vcrrasla preuuelî tu preflfes œil auec le doigt, ou en haut ou en bas. i

Le tempérament l’œil eft froid & humide* - ; "

Lœil a vn fèhtiment tref- exquis 3 & a vne merueilleûrc fympathie auec le cerueau* L’homme feul a les yeux ;

diuerfémént colorez. Céfté variété procédé ou des hu¬ meurs ou de la tunique vuee, ou des elprits. Aux humeurs ie remarqué trois chofes , la fituation profonde & fuper- ficierie,Iafubftancegroffie- re ou fubtilej claire, ou tene-. breufe, &r la quantité. Si l’hu¬ meur cryftalline eft biê nette,

^ du moyen de U confèruer. 3 / claircjôfc fubtile, fi elle eft gra¬ de & fort auancee en dehors, l’œil fera flamboyantjfî au cô- traiœ elle eft obfçure, grofle, &: fort enfoncée en dedans, l’œil fera noir ou brunda tuni¬ que yuee qui fc trpuue diuer- fement colpree eft auffi çaufe de celie variété 3 les erprits-y peuuént beaucoup feruif-

Dejeriptionfort particulière de ton¬ tes les parties de l*œiL ^ premie-^ rement de/êsjîx mujbî es,

Ghap, VI.

K’Ë s t-c e pas vnç des merueilies du monde, que ce petit organe , qui ne paroift quâfi rien , foit coin- pofé plus de vingt parties toutes differentes, fi bien v- nies & rapportées enferable.

Del’excellence deîal/eüey

que rentendement humain ^ n’y peut remarquer ny defaut nyi^erfluitéîie mf envols leÿ deferire Ivne apres l’âutréj & auec l’ordre qi^on les dôibt ^ moftrer aux anatomies. L-œil donc eft compofe de fix cor^ Briefdef des de -Ohair j quon appelle i mcTt^^dc qui le font ihouuoir '

toutes cnhaut^cnbaSjàdektre^àfe- ties^dr rondjdc fix tayes i

i’œii. ou tuniques ' qui lient toutes . les parties enfemble,Ies noür- riffenta^t contienncntlcs hu¬ meurs en leurs bornes j de trois humeurs claires & dia.- phanes qui reçoiuentj alteret & gardent tous Içs-obieds vi- fîbîes 5 de deux nerfs » qui ap¬ portent l’cfprit anirnal^ Tvn r pour la-veüe, appelle optique, îaütre pour le mouuemèntî. de pluheurs petites veines qui apportent la nGurriturej

dumoyendeUconferuer. d’autant d’artereSjqui luy dô- nent la vie ; de beaucoup de graifTe , qui le rend plus agilej &: de deux petites glandes, qui l’arrofent & tiennét frais, de peur que par ces conti¬ nuels mouuemens il ne s’ef- chauffe & feiche par trop;

Les mulcles ont cfté necef- faites à l’œil pour le faire pdô des mouuoir de tous coftezîcar l’œil demeuroit immobile, nousfcriôs côtrains tour- ner la tefte & le col tout d’ vne piece pour voir : mais auec CCS cordes il fe meut sas bou¬ ger la telle, d’vne vitelfe èc âr gilité incroyable , c cft pour- quoyle Poëte les appelle fa¬ ciles. Les mufcles de lœil sot lîx feulement, quatre droiiSls, des & deux obliques J les droiâ:s feruent au mouuemét droiâ:, le premier tire l’œil en haut.

Erreur des an¬ ciens.

DeJ^excellenee de la’yeiie^ '

le fécond en bas , le tiers vers le nez, le quatriefme l’en reti- ^ rc. Les anciens qui ont efté fort grofliers en l’anatomie, ont pêfé que ces quatre muf- | des venoient du dedans de la du re m ere , mais ils fe font lourdement abufez, car ils ne doiuent & le peuuent en¬ core moins. Ils ne le doiuent, pource que la membrane eft trop fenfible & enueloppe le v nerf optique: de forte que les niufclçs faifans leur àdion 6c fe retirans vers leur principe, pre0eroient le nerf, empef- ch croient lepaffage quidoit cftre libre à l’efpdt, & pour le fentiment de la dure mere, qui eü: trefexquis , leur mou- ^ uementferoit toufiours dou¬ loureux. Ils ne le peuuêt auf- fijpource qu’ils ne feroiét pas appuy ez fur vne bafe affez fo- lidc.

^ du moyen de la confemer. 37

lide , leur fondement feroit trop foible, il faut que la par¬ tie qui tire foit plus forte que celle qui eft tiree. Il faut doc croire que ces quatre muf- cles viennent du dedans le l’orbitejd’vne portion de Tos iphenoïde, &:fe vontdiuer- - fement inferer en la tunique blâche: Les deux autres muf- des appeliez obliques , meu- mafcles uent l’œil obiiquemét & g6- me en rondjlVn en hautjl’au- tre en bas^toufiours en de- horSjiamais en dedanSjpour- ce que l’œil n a rien endcdâs pour voir. Le premier des o- bliques fort du mefme lieu que les quatre droits, ôr co¬ rne il approche du grand an¬ gle, fait vne corde ronde & blanche , laquelle paifant dâs vn petit canal ou anneau car- lieatnou tiîagineux en forme de pou- D

Noms plaifans 3cs fix mufclcs

D e l'excellence de [

lie 3 fait vn mduaement à de- |

my cireulaire , & s’infere o- bliquemenc aux coftez de la conionâ:iue. cet artifice qui efi: admirable a demeuré ca¬ ché iufques à noftre tesnps, : qu vn fubtil anatomifte nom¬ Falope 5 ha defcouuert. L’autre vient du grand angle j

& s’infere au petit, retirant 1 rocil obliquement vers Tau- I reille. Nous donneronspour > plaifir à chafque mufcle fon nom: celuy qui hauife l’œil i’cfleue 3 s’appellera orgueil¬ leux ou fuperbeirautre qui 1 a- baififejhûble: celuy quiramci- ne vers le nez, lifeur oubeu- ueur 3 pourcc qu é beuuât , ou lifant , nous tournos l’œil vers ! le nez.'l’autre qui le retirejdef- 1 daigneuxou courroucéjpour ce qu’il nous fait regarder de I trauers.Les deux obliques ou - j

du moyen de U conferuer. 3 S circulaires feront nommez rouans ôc amoureux , pource qu’ils font mouuoir Toeil à la defrobec, &: ietrer les œilla¬ des. T ous les anatomiftes ad- iouftent vn feptiefme mufcls qui enueloppe le nerf opti¬ que, le tient ferme, $c empef- che que Tœil ne forte de fa place : mais ils fe trompent, jesin! car il ne fe trouue qu’aux ani- ciésfurj. maux à quatre pieds, qui ont inufclcfe l’œil abaiffé en terre j Thome ayant la face efleüee au ciel, n’en a pas eu befoing. Quel¬ ques vus penfent que ce mu f- cle eft aufli necelTaireà l’hô- me qu’aux autres animaux," pour faire le mouuement to¬ nique, ôc pour le tenir arreüé, quand attentiuement nous regardes quelque chofejraais ie leur dis que le mouuement tonique fe fait lors que tous Dij

Ve l’excellence de la 'Ve«V, les fix mufcles tendent egale- mêt leurs fibres, corne quand elles lafchent, l’œil n’a point d’arren:,& fe meut perpetueK lenient.Si cela ne les côtente, qu’ils me mon firent à l’œil de l’homme ce feptiefine muf- clcjie les croiray.

DefixtmiquesdeCœih^

Ch AP. VII.

S’0 1 1 L eflant diapha¬ ne & de nature aigeu- fe , deuoit eflre retenu par quelque corps qui euft üa çoûdencc , autrement les hu- faUa'dcs mcurs flotteroient & n’au- roient point d’arreft. Nature dôcpour cet vfagea fait cer¬ taines pelliculeSjqu on appel¬ le tuniques ou tayes,qui vnif- fent tout i’œil, contiennent les humeurs en leurs bornes.

Cir du moyen de U confemer. 35? & leur apporter la nourritu- re. Lenôbre de ces tuniques n’eft pas trop refolu : les vns en mettent plus , les autres moins.Hippocrate n’en reco- gnoift que quatre, Galien en a remarqué cinq ,les anato-= niiftcs de noflre temps en c5- tent iufques à neuf. Quanta moy^apres auoir bien curieu- fement. fueilleté le Ixuré de Nature, ie n’en trouue que lîXjlablaGhejia corneed’vuee, laranee, la. réticulaire j ^ la vitree. car celle qu’on nom¬ me cilierejdépend de la vi¬ tree, & la dure cft vne portion delà cornee- Quant à celle qui fe fait des extremitez des mufcles, il n’y a point d'appa¬ rence de la nommer tunique propre de l’œil, car fi cela a- uoit lieu , il fau droit que la mébrane cômune qui couure D iij

l i c’y a fix tan <jaes.

Vt ^excellence àe la yeile, îesmufcies del’oeilj ionyft dc Xaprc- /mefmepriuilege. Lapremie- J^'*^[^^'^redoncques de toutes feno-- ehe. me blanche , ou le blanc de rceiljautrement conion£tiuç; ie laifTe tous les noms Grecs êc Latins, qu’on lesvoyeen mo anatomie. Cefte tunique eh: affez forte, &: vient des ex- tremitez du pericrane ; elle n eiiuirone pas l’œil par tout,; mais fe termine au cercle qui ch: diucrfemét coloré, & qu’o appelle pour cefte occahon Trois V- le recognoy trois viâges fagesàe de cefte taye; Le premier eft ^ côion d’empefcher que l’œil rie foit ' oifenfc de la dureté'des os? le fecô d , de : tenir l’œil ferme, depeur queparvnexcez, ou cnïes plus violes mouuemês il ne forte de place;le dernier, d’affeurer tous les fix mufcies &leurferuir d’appuy.

^ du moyen de h conferuer. 40

Lafecodc membrane s ap- Cor-

pdle cornee, pourcc queilenee. efl: claire & polie comme la corne des lanternes, ou pour- ce qirô la peut diuifer en plu- fieurs efcorces pellailes: elle eft aufïi nômee dure pour fa dureté 3 & d’autant quelle vient de la dure mere. Son corps eft denfe pour rcfifter aux iniures externes; diapha¬ ne, afin que la lumière le puif- fe foudain percer; efgal, poîy, ôefans aucune couleur, d’au¬ tant que feruant comme de vitre ou de lunette au cry ftal- lin 3 s’il euft efté teint il repre- fenteroit tous lés obieéts de mefme couleur : c’eft pour- quoy bon n’y voit point de veines ne d’arteres. Que s’il arriue que ce corps blâchifte (comme apres vn vlccre, ou pour i’auoir trop approché D iiij

Ve l'excellence de U "Veue, lu chaud, ainfi que les Turcs ont à ceux qui veulent voir e fepulchre de Mahomet) la veüe fe pert, la vitre eft ob- fcurcie. Celle tunique a trois x-ee. ' vfagcs.carellefertdedefFen- fe aux humeurs , elle les con¬ tient &: embralTe toutes , & li fert de lunette au cryllallin.

^ La troiliermc eft IVuee ref- femblant à la peleure dVn rab lin noir, elle fe nomme auflî choroïde, d’autant qu elle c5- tient tous les vailTeaux qui iiourrilTent les autres taÿes^ ou pource quelle vient delà' pie mere, que Galien appelle fouuent choroïde.

Celle peau enuironne rœil tout par tout, hormis aude- uant, elle ell percee, &: fait vn petit trou rond, qu’on no¬ me prunelle , qui ell la vraye feneHre de l’œil , laquelle

Cÿ- dt* moyen de Id confemer. > 41 eftât fermee aux cataractes nous fait viure en perpétuel¬ les tenebrcs : il n y a que celle tunique qui foit diuerrement coloree. Au deuat elle cft co¬ rne noire pour vnir les efpe- ces 5 au dedans elle ellbleuë èc verte, & de diuerfes cou¬ leurs pour refîouyrlecryilal- lin quâd il feroit lafle. Uvuee fait des fcruices bien iignalez dervuee. au cryftallin ô^aux autres par¬ ties de l’œil. Premièrement elle empefehe que la dureté de la corn ee nele blelTejapres elle le refîpuyt par la diuer- fité de fes couleurs, retient & vnit les efprits qui fe diiiipe- roiét: en fin fournit de viurcs à la cornee , à la réticulaire ôr aux humeurs 5 c’êfl pourquoy nature l’a faite molle & plei¬ ne de vaifTeaux.

La quatriefme fe nomme D V

t’Ara-

noidc.

î,arcti-

culaixe.

Mvra^i

Lzri-

tzcç^.

Ve t excellence de h l)eue\ Araiioïde, pource qu’elle cfl: fort deliee, & r,edemble au crèfpe que laraigne forfille de Tes pieds, elle enueîoppe immédiatement le cryftaîiin,. & fert pour vnir & retenir les efpeees, comme le plomb fait aux miroirs., ^

La cinquieîme efï îa reticu- îaire, entrelacec dVii miiioii de petits filets en forme de ret: elle vient de moelle du, nerf optique qui fe dilater c’efi: pourquôy eftant iettee. dans l’eau on l’apperçoit tou¬ te blanchej molle, & comme moëlîeure.Son vfageeft d’ap¬ porter la lumière, intérieure, qui eft l’efprit animal^ au cry- ftallin, & de rapporter toutes les images au nerf optique, & de au cerueau pour cm inger.,

La deriiiere fe nomme vi-

^ kl méyén de cônferuer. 4 % tree,pôurce qu’eile contient &enuelope rhumeur vitree.

Les anciens ne l’ont pas co- gneuë : on voit au miîieü d’i¬ celle vn cercle rond ayant la forme de la paupière j ie croy que ce font pluiîeurs petites veines qui apportent lelàng à rhumeur vitrée pour le pré¬ parer biâcliir au cry ftallin^

"Des trois humeurs de Tœil^de Id duté ^ excellence du crjjîallin.

Ch A P. viir^

M O I L A toutes les er>^ ueloppes oftees , iîi efl: temps de dcfcou- urir le plus precieüX trefor de l’œil , le riche diamant, le beau cryftaliinjqui eft de plus grâd L’excel - prix que toutes les pelles d’Qrient : c^eft celle humeur-

Comme toutes les far- tîes de iœii fer¬ ment au tfyftal- liîî.

Ve t excellence de U ‘)iiüef gîaeee, qui eft le principal ia- lirument de la veiie^ lame de Toeil, la lunette intérieure: c’eft celle qui eft feule alteree des couleurs, qui en reçoit toutes les images. Oeft en ce cryftailin que fefait la rencô- tre des deux lumieres,de l’ex»» terieure , èc de l’interieure: ceft ce feul cryftailin que toutes les parties de l’œil rc- cognoiftent pour leur fouue-* raiii , & luy rendent feruicee car la cornee luy fert de vitre, la prunelle defeneftre, l’vuee de iardin pour s’efgay er quâd il eft trop lafle, îaranee de plomb pour retenir fes elpe- ceSjl’hurneur aigeufe d’auant- garde pour arrefter & rom- prelepremier abord des ob- ieâ:squi voudroiêt tout fou- dainement entrer , l’humeur vitree de cuifinier, luy prepa-

Cr du mdyen de U conferuer. 4J tantôt blanchifïànt faviâde, le nerf optique de courrier ordinairCgluy portant du ccr- ueaule cômandemêt & puif- fance devoir, & rapportant tout foudain ce quelecry- ftallin a veu: les mufcles font fes cheuaux qui le pourrae- nent en haut, en basjà droic^, à gauche, ôr par tout il luy plaift. C!eft en fomme la par¬ tie principale defoeil, laquel¬ le ie defcriray apres auoir monftré celle qui eft au de- uant, i’entends hhumeur ai- gueufe. Tous les anatomiftes font d’accord quil y a trois humeurs en l’oeiîjl’aigueufejla cryftalline, &la vitree. Lai- gueufe, autremét blanchejeft ainfi nommée, pource qu’elle a la confiftence d’eau, êeeft quafi fcmblable au bîâc d’vn œuf. Nature l’a logée au de-

Dcfcrî- pti&n' de rhumeu£ aigucufe

Ve T excellence de U "^eue, ï’otr' liant du cryftaliin pour luy feruir de rempart.afin qu’il ne aigueuî'e fuft offcnfê de la dureté des. eft aa de membranes , & que les pre-

uantdu . i , F

cryftal- mieres rencotres des obiects liû.. fulTent vn peu arrcflees : de -forte qu’il fcmbJeeftre com- aie vn moyen intérieur , ap¬ portant les images au cry frai - îiii. Et tout ainfi que le poul- , mon reçoit le premier abord de l’air^ le réd amy du ceeur:: aiiifi l’humeur vitree altéré lai lumière qui vient de dehors,. & la rend familière à celle de dedâs. ceftehumeur fert aufîl' pour arroufer le cryftaliin & le tenir humide; car eftant fec il ne pourroit receuoirles ef- peces.Elle empefehe que les efprits , qui de leur nature veulent touftours gaigner le haut Sele dehors, ne fediflî- jent,leur eflant oppoié coa>

tr’damoyénâeUconferuer. 44 me vnc barrière. Elle iepare IVuee du cry ftalliiij & tienE la cornee touâaurs tendue, la-' quelle venant à fe ileftrir ou s’affalfiTer nous feroit perdre la vme. Ayant donc routes ces perfecliôSjiln’efi: pas vray femblable qu elle Toit vnex- eremènt du cryftaiiin , eoirs- mea voulu le prince des Ara¬ bes Auicêne Je ctoy que G.’eft vnc partie fpermatique cn^ ■geiidrec auflitoft queieery^ fîallin , qui a fa quantité limi¬ tée, Ton fiege arr efté, 5c efl; fe- parce du cryftallin par deux membranes , ioint qu^cftant vnefois perdue nefe reftau- rc iamais , & nous fait perdre la veüe^

L’humeur cryftalline luit apres , qui eft luifante 5c gla¬ cée Gome vn cryftal bienmctr qell le miroir de lame j, qÙ-%

L’fau- itteur ai-- geufe elï vraye- ment partie.

Deiîrî-. ption <Je;

cryi'taL

lin..

Dt ^excellence de U 'Veiif, fait la réception des images, & Tvnion des deux lumières, on penfe que Tvfage des lu¬ nettes foit venu du cryftallin, pource que le mettant fur vn papier efcrit, il fait paroiftre la lettre deux fois plus groffe lafub neft. Sa fubftanceeft

fiance âu aigeufejmais elle ne flotte pas cryftai- comme des autresjelle efl: fixe afin que les images s’y puif- fent arrefter;diaphanc & plei¬ ne delumiere,âfiii qu’elle euft quelque fimilitude auec fon obieâ quieft Jumineuxîüns couleur , afin qu’elle les peuft- toutes receuoir indifferem- mentî car fi le cryftailin efl oit teint ou de vert, ou de rouge, ou de iaunejtous lesobie<5i:s paroiflroient de mefrne cou- wyftal- leur. H ;faut icy admirer la linnefe prouidencc de nature,qui n’a duSng point voulu que le cryflaliin

^ du môyen de U concerner. 41 fuft nourry de fang comme les autres parties du corps,dc peur que ie fang ne le rougift^ mais luy a donné l’humeur vitree qui le luy blanchit, & luy fert de cuifînier. Sa figure Lalîgi^ eftronde, mais non du tout le. fpherique \ on la trouuera ap- plâtie des deux coftez com¬ me vne lentille ou vn palet, c eft pourquoy les Grecs l’ont appellè (paxoe4<^U ^9^ ^

îecroy qù’ilaeu cefte forme afin qu’il demeuraft plus fer- . me, & que aux mouuemens violens de l’œil il ne fortift de fa place. car les corps exaâie- ment ronds femeuuent quafi d’eux-mefmcs, &:n’ontpoint d’arreft, n’e flans appuyez qu e fur vn poind. Il eft fitué au sima- milieu de l’œil corne aucen- tre 3 afin qu’il reçôiue égalé- Jq. ' ment les deux lumières : par

Ve l’excellence delà leik, derrière ii eft couché fur Thu- meur vitree , ôc femble quatl nager deffus ; pardeuant a l’aigeufedl eft enueloppé àc fa propre tunique qui le nôme aranoïde.

La derniere humeur s’ap- mear vi- pelle vitrcCj d autant qu’elle reffemblc&en couleur & en confiftence , du verre fondu.

- Son principal vfage eft de préparer laliment au cryftaL lin, non pas quele cfyftaliin fc nourrifîe de fa propre fubftâ- ce, comme Auicenne a creu. car vne partie ne nourrit ia- mais l’autrCjmais elle luy blâ- chit le fang, 6c luy fert de cui- linier. Elle deffend aufli le cryftallin de la durté des mê- branes , & retient les efprits.

Sa quantité eft beaucoup plus grande que des autres, elle eft enueloppee de fa pro-

& du mùyen de U confetuet. 4 & pre tunique, que les anciens n’ont pas cogneue.

Xies nerfs peines, drtens,^ autres parties de tœiL

Ch A P. IX.

SjfJLy a cncores deuxpai- fei^res de nerfs à voir, 62 quelques autres petites parties. Le premier paire fe nomme optique, qui apporte l’erprit animal 62 la. lumière intérieure an cryftaliiii. Ce nerf ne vient point des ven¬ tricules anterieurs du cer- iieàü, comme ont voulu les Arabes , ny du milieu de la, bafejcôme ont creu les Grecs 62 croyent encores tous les anatorniftes de npftre tempsÿ mais de la partie poflerieure du c^emeaujOÙ le grand 62 pe-

Le nerf optiqua.

Son ori- gine.

' Pour- quoy les nerfs optiques s’vaillêt.

Raifon pr^emiere

Secode.

Ve Excellence de U liewt lit cerueau sVnifTent. Cefte obferuatiô eft nouueJIe, mais tref- véritable, iela croy pour i’auoir veuë bien fouuêt. L’o¬ ptique donc venant du der- rierejôr ayant fait plus que de la moitié du chemin , s’vnit auec fon compagnon , & ne s’entrecroifent pas comme le vulgaire penfcjny ne retou¬ chent pas feulement en for¬ me de fer de moulin , mais s’entremellent ü bien quon ne les rçauroit feparer. Cefte' vnion eftoit neccflaice, pour ce que les optiques eftoient fort mois, Sc ayant à trauerfer vn long chemin euftent flef- chy 5 & n’euftent iamais ap¬ porté droiétement l’efprit , fi on ne les euft renforcez par cet embraflfement. Il failoit neceflairement que ces deux nerfs fe rendiflent au cryftai-

da moyen de U eànjemer. 47 lin , & qu’ils fulTent fituez en mcfmcplanjautremêt la vcüe euftefté toufiours deprauee,

& l'obieâ: fimple euft touC- iours paru double. Or ils ne pouuoient eftans fi longs fl mois garder cefte egalitéjS’ils ne fe fulfent vnis au milieu, ladioufteray Vn autre yfage Troifî. de cefte vnionj qui eft pour la perfedio de la veüe , afin que refprit pnifle envn moment aller dVn œil à lautre , que par ce moyen vn œil eftant renforcé & plus plein d’eC- prit 5 puilfe voir de plus loin; Auflîauôs nous accouftumé fl nous voulons vifer à quel¬ que ©bied, de fermer vn des yeux. Les nerfs optiques a- pres s’eftre embraffezie fepa- rent & s’en vôt inferer à chaf- que œil 5 la partie intérieure du nerf qui eft: moüelleufe fe

Ve t excellence tte la ÿeue^ ,

Infcnio dilate &: fait la tunique reti- culaircjl’exterieurefaitlacor- : nee&l’vuee.Herophile^Ga- | lien & quali tous les anato- : iiiiftesont creu ^que ce nerf 1 cftoit caué , mais il cfl feule¬ ment poreux, & n’y voit- on tesnerfs aucune cauité. L’autre paire aamou- de nerfs s’en va aux mufcles Bcmen.. de l’oeil ,& fert pour lemou- uemenf.fa diftributiô eft fort gentille , car il enuoy e vn filet à chaque mufcle.

Icsvex- plufieurs petites vei-

nes& ar- nes dz arteres en l’œil qui iuy apportent la nourriture &c la vie.-elles viennêt des rameaux iugulaires & carotides, l^agraif La grailTe qui enuironne l’œil le tient humide, Sc em- pefehe qu’il ne fleftrit point*, il le deffendaufli du froid, re¬ tenant fa chaleur naturelle, c’efi: pourquoy l’œil ne frif*

O" (la msyen ae U conferuer. 4S fonneiamais.

Ilyadesglandesqüil’arou- fentj Su bornent aufli, comme des. petites efponges , Thumidité qui tombe ordinairement du cerneau.

Comme Id *vem fe faiâîif Cejî pdr emifsicn oupdrrtceptîon»

Cha

|E penfe auoir afTez exa- fdement deferit larti- fice de l’œil & de toutes fes , parties, voyons maintenant comme il exerce Ton a^ion qui eft la veüe , & comment etlefe faid. Tous les Philo- fophes font bien d’accord, chofes que pour la perfedion delà veüe trois chofes fontnecef^ lavcüc. faites , l’organe qui eft l’œilî i’obied,qui eft la couleur; &:

î>e r excellence de h "VcMf , lemoyéilluminéjqui cftiair, . ou l’eau 5 ou quelque corps | diaphane; mais quand ce viét | à ioindre les trois & expli- ' quer le moyê de celle aâiion, qui eft la plus viue &: la plus foudaine de. toutes les fenfî- bles , ils s’entrebattent, & ne peuucnt eHre d’accord. Les vns font fortir de l’œil vn rayoHjOU vnc lumière qui s’e- ftend iufques à l’obicâ:, & nous le faidl voir : les autres font venir l’obieâ: iufques à l’œil fans qu’il en forte auçu- Platon , ne chofe: ceux tiennét que veüç fe fait par cmiffion fait par Iculcmeut , ccux cy par rece- ption. Platon eft ordinaire¬ ment alîegué^our autheur ôc prince de la première feâ:e: vn de fes principaux fonde- mens eft, que l’œil eft tout plein de lumière & dénaturé - de feu.

^ du moyen de U confiruer, 49 de feu, non pas de celuy qui Fonde- brufle & luit tout enfemble, ny de celuy qui brufle & ne pinion. Juitpoint, mais de celuy qui luit & ne brufle point , com¬ me eft le feu cclefte. Ce fon¬ dement femble eftre appuyé fur quelque apparence de ve^ rite, car l’oeil eftant frotté, mcfmes aux plus obfcures tc- nebres , eflâce quelqije rayôî on voit les yeux de ceux qui font en cholere tous flam- boyans, Pline remarque que Tibere Cefàr par la feule Raifoas veüe auoit efpouuenté plu- pour fleurs foldats , tant elle eftoit viueôt pleine delumierc.A- eftdcna riftote fait mention dVn ieu- ne home nommé Antiphon, qui voyoit toufîours deuant luy fon image par la reflexion des rayons qui fortoient de i i’oeil. Galien raconte qu’vn E

De l’excellence de U foldat deuenant peu à peu aucugle/entoit tous les iours forrir de fes yeux corne vnc lumière qui l’abândormoit: & la nuidne voyons nous pas reluire l’œil du chat, du loup, & de plufieurs autres ani¬ maux:? Dauantage çefteprô- ptitude &: agilité quafi in-: croyable de l’œil j.fon aâiion quife fait en vn momentj ^ fans mouuement local ^ia fi¬ gure pyramidalCj tefinoignêc bien que fa nature eftfubtile & pleine de feu ; l’œil ne frif^ fonne iamais combien qu’il foit expofé au froid , pource qu’il eft tout plein de flamme. En fin l’organe doibt auoir quelque analogie auec fon obieâ: jl’obie^ dela.veüeeft la couleur 5 que les anciês ont definy vne flamme fortât des corpsjil faut donc que l’orga-

^ du moyen de la conferuer. | o ne foit de raeline nature. Si cela eft ( i’entens que l’œil Toit tout plein de flamme ôe de rayons eftinceians) il faudra croire que 1-a veüe fe fait par emiilion. C’efl; aufli la plus commune opinionj-quiaefté fuyuie de pïutieurs grâds per*, fonnages , comme de Pytha- gore,d’Empcdocle,Hippar- que, Democrite, Leucippe* Epicure,Chryfippe5 Platô,Sr quafî de tous les optiques.

V oicy leurs principalles rai- fons^

Le Bafilicinfede de fa veüe tous ceux qui le regardent: femme ayant fes purgations prouuer naturelles teint le miroir ^ J

lequel elle iette lès yeux j on fait pal dit que file Loup apperçoit'miffiâ. quelqu vn le premier, il le fait deuenir rauque. Les aneienSjjjjç^^. ont penfe qu’on poüuoit en- Eij

De rexcellence U l^eue^ forcclcr & charmer par la veüe,& le Poëte s’en plaint:

Je ne fcdy pas quel œtl charma mes dïgnemx tendres.

Si tu t’approches d’vn o- phtalmique,^ regardes atte- tiuement celuy qui a les yeux rouges, fans doute tu pren¬ dras le mefme mal î Tout cela môftrebien qu’il fort de l’œil quelque chofe.Pourquoy eft- Sccode. qu vne grande blancheur nuit à la veüc, finon pource qu’elle diffipe les efprits qui fortent de l’œil? Pourquoy Tioifié fafPoiblit en voyantjfî- me. non pource qu’il en fort trop de lumière, èc que tous les Qua- cfpris s’efuanouyffent? Pour- tricfmc. q^oy eft-ce que ceux qui veulent voir de bien loin vn obieâ: fort petit , referrent les yeux & ferment à demy les paupières ? N’eft-ce pas

Cr du moyen de U conferuet. ji pour vnir les rayons & ioiii- dre les cfprits , afin qu on les puiffe plus viuement & plus droidemct eflacer ? Les chats ne vôt-ils pasla nuï6t à la chaf- cin- fe? ils dardent donc quelque q'iîeûr.e rayon. Dauantagc 3 fila veüe ne fe fâitpar emiffion, il ne fe- Sixième ra pas neceflairc que l’œil fc tourne vers fon dbieél^’erpe- ce viendra afîez àhous jhoùs verrons en ne voyant pas. Si nous voyons feulement en re- ceuant , les gros yeux verront mieux que les petits, pource qu’ils reçoiuét mieux, les pru¬ nelles larges feront les meiU leures, ce qui eft du tout con¬ traire à la vérité : vn petit ob- ied fera aüfli toft veii que vn grand , on verra auffi bien de loin que de près fi lesefpeces font toutes par l’air. Regarde (difent les optiques ) vnepeti- cfmc. E iij

Ve l’excellence U te aiguille qui ayc la pointe drelTcc en haut , tu ne verras pas du premeir ie6t d’œil ce- fte pointe, mais ayant tourne l’œil de codé & d’autre tu la verras 5, pource que quelque rayon fortant de l’œil l’aura rencontree;tout de mefme en eft-il d’¥n petit obie<51 qui fera m tejrre, on ne le fçauroit voir du premier coup. En fin fi la veüe fe faifoit par réception, l’œil receuroit enmefme têps deux contraires , qui eft con¬ tre les. loix de nature , &ne pQorroit eftât fi petit rccçuoir la grandeur, ny la figure des grandes m5tagncs:il faut doc que la veüe ,fe face par emif- fîon.V oila toutes les plus bel¬ les forces de ce party queie viens de mettre en campagne: voyons maintenant les efqua- drons du party contraire; Arb

àt' rmjsn h conferuer. 51 ilote en eft le chef, qui eft c^trai- fuiuy de toute la bande Péri- reopK patetiquc, d’Aaerroës.Alexâ- dre, ThemiitiuSj &: d vne mti- dcnneac nkç dWtrcs.IIs tiennent tous que la veüe Te fait par rece- f^k pa^c pîion, ceûàdite qu’il ne fort recepdo rien de i-ecil qui ferue pour la veiie^ mais que I’obie<5l bu fon eipèee viennent à rceil. Leur fondement éft du tout eon^ traire à celuy des Platoniciés; car Platon croit que l’œil eft tbiit plein flammé , & Ari- ftbteibuftiét que l’œil eft tout plein d’eau, démonftration eft trésbellc , rriais ie la veux efciaircir. L^inftrument de la veüe doit cftre diaphane,e eft a dire traniparcnt , afin qu’il y tout ait fîmilitude entre l’obie<ft & d’eau, l’organe ,& qu'il y ait propor- tibnde l’agent au paticnt.Cc-ftfatioti. fte maxime eft toute refoiuë

E in.}

V e l’excellence de U l/eife, en la philofophie naturelle. Or des corps diaph^es les vns font iubtils & rares, les au¬ tres défes. L’œil ne doit point eftre diaphane ôç rarejCaril ne retiendroit point les elpeceSj elles s’cfcouleroient & nau- roien t point d arreft j conjme les clpeces qui font par Lair: & le verre mefme dès miroirs ne peut retenir les images , f on ne met de racier,ou du plomb ^u derrière ; il doit donc eftre diaphane & denfe. Or il ny ^ point d’Element qui foit dia¬ phane 6e denfe que l’eau, car l’air le feu font diaphanes & rares :il s’enfuit donc que l’œil eft de nature d’eau. Çeftede- monft ration eft renforcée par vne autre qui n’endure point Autre «3e dc répliqué . La partie princi- inôftra - p^ie de l’œil eft l’humeur ery- ftalline, qui n eft autre chofe

gr du moyen de U conferuer. $ j qu’vne eau glacée, laquelle a au deuant l’humeur aigueufe,

Sc au derrière la vitree qui le nourrit; fi tu creues vnoeiltu n’en v erras fortir qu e d e l’eau, il faut dôc croire quefcEil eft de nature deaujpluftoft que de feu. Ce fondement eftaht ietté, il fera aifé d’afleurer tout le refte du baftiment , &c fou- ftenir que la veüe fe fait par^a^^o“s réception j pource que le pro- ftrerque pre de fliumide eft de rece~iaveüe uoir.Voicy les principales fons de cefte fe6re.Tout fend- ption. ment eft vne paffi on , & fentir n eft autre chofe que patir; Pre- Tout fentiment donc fe fera’^^®^®* parreceptiô, & non paremif- fion qui eft vne aédon^ainfî Fouye fe fait par receptiô Hes fons, l’odorat par réception des odeurs , le gouft reçoit les faueurs , l’attouchement les E V

De l'excellence âèU’\eüe'^ qualitcz traiétables : & pQur^ quoy dénierons nous ceftc réception à l’oeil? Ceux (dit A- :iccodc. riftote) qui ont les yeux fort humides , Ÿoyent les obieâs plus grans qu’ils ne font, qui monftre bien que les images fe ïeçoiuent & grauentaucry- ilailin, car les corps paroiÏÏent toufîours plus grâds dis l’eau.. Trois- Tout excellent obieél deftruit cfmé. le fens , comme vne grande blancheur esblouit la veüc : il y eft donc receu àuec violen- ^ . ce J^riftote fait vne demande

en fes problèmes qui peult feruir icy : pourquoy la main droide eft ordinairemêt plus agile & plus forte quela gau- che, & r œil droid ne voit pas mieux que le. gauche^ ny vnq oreille noit_ pas mieux que I’autre?,Il refpond quelapuif fance, qui faid mouuoir les

Cÿ- du moyen de U conferuer. 54 mains , s’exerce par vne adiô ,

&: celle qui fait voir ôc ouyr, par pâffion : de forte que les deux yeux &: les oreilles peu- uent pâtir & receuoir egale- mct. Les vieillards ordinaire- ment voy et mieux les obieds éfloignez que ceux qui leur sot plus proches.Celâ ne peut venir des rayons ou de lalu- miere qui fort de leurs yeux, pource quxlle eft fort petite & obfcnre ,• la caufe doit eftre rapportée à l’elpeces laquelle venant dVn obied plus eiloi- sné fe réd plus Ipirituelle^plus lubtile 5 moins materielle , ôc par coiifequent plus propre pour la réception.

En hyuer fi le temps eft cal- sixkr. me St ferain on voit bien fou- uent en plain iour îes; eftoiilesi ce qui narriue iamais enEftéj pource qu’en hyuer l’air eftant.

E vj

De l’excellence de U yeüe, pîusgrofller & plus denfcles efpeces fe terminent en l’air & fy multipliétjMais en eftépour îararité & tenuité de l’air les elpeecs n’ont point d’arreft ne fe peuuent multiplier : qui monftre bien que la veüc fe faid par réception & non par

Sepuef- emiifîon. En fin l’œil cft çom- . me le miroir qui reçoit toutes

les images quonlayprefente, fans qu’il enuoye rien dufien àl’obieéi. Ils difiPerent feule¬ ment en vne chofe , c’efl que le miroir n’a pas cefte pûifTan- ce de renuoyef l’elpece à ion iuge, comme fait bœil au fens commun par le nerf optique. Voila les deux partis formcl- lemêt bandez & oppofez Tvn à l’autre 5 ievoudrois lespou- uoir accorder , comme a vou¬ lu faire Galien , mais il n’y a point d’apparence: car lave-

l^dumiyendeUçcnfiŸMt. /J rite ne peut fouftenir deux cô- Opiûîo» traires. le me rangeray donc thcM?" du cpfté des plus forts, & fou- ftiendray auec Ariftote que la veüe fe fait par réception feu- lernent, & qu’il ne fort rien de l’oeil quipuilTe feruir à la veüe, rernployeray pour la premiè¬ re attaque çefte raifon qui me femble affez poignante. S’Umôftra- fort quelque choie de roeilaOu ^o*» c’eft vn corps bienfubtil c6- Piatoni- me eft l’ci^rit animal, ou vnciens. rayon feulement. Si ccft vn corps, comment peut-il en y n momct eftre porté iufques au eieljveuq tout corps femeut auec le tempS3& la veüe fe fait en vn inftant ? Çe corps ne fe¬ ra- il point batUjdiffipéj&baf- fouédes vents auant qu’il ar- riuc à l’objci^ ^ Ce corps qui fortira de rœiljOUÜ pénétrera l’air, ou l’air luy fera placejde

Ve PexteUetice lie laitue f pénétrer il ne peut : car la na¬ ture n’endure non plus la pe^ netration des corps que le vuide i fi lair luy fait place, la veüe ne fc fera iamais : caria continuation des ray ons fera empefehee, d autant que lair le. fuiura toujours , & fe met¬ tra entre deux. Si pour euiter ces pointes qui font alTez vî- ues , tu dis que ce qui fort de

1 œiine l’ocil cft vn rayoU i ou vne lu-

.Ta.yon, Hiunique en vn inftât par tout le moyen comme la lumière du Soleil, qui illumine tout Pair fans mouuemétjie te pref- feray de plus près , & te feray voir quil n’y a pas affez de lu¬ mière dans l’œil pour s’éten¬ dre iufquesauciel. Regarde comme vn flambeau neiette fes rayons qu’à vne diftance proportionnelle, vne chan-

CSr du fnojen de U tdnfefuer^ $S dcUene peut elclairer toute v- ne rale,& comme veux-tu que ce petit organe cnuoye en vn moment fon rayon iufqu’au ciel? Il eft ailé au Soleiljqui effc âuffi grand que toute îa terre, de ietter fes rayons & les teC- pandre par TVniners , mais à l’œil, nondlne peut donc rien fortir dej’œil, qui aille iufques à robiedt.D’auantage fi les ra¬ yons qui fartent de l’œil font caufe de la veüe,, il faut ou qu’ils retou met vers, l’œil, ou qu’ils demeurent en ebeminj s’ils ne reuienet, ils ne rappor¬ teront pas l’efpeee, de ce qu’ils tou ch et js’ils retournent il n’y aura que les corps polis qui fe puiircnt voir, pource qu’il ny a que ceux la qui fafîent refle- xiô, & par ce moy é. vne grade montaigne ne fe verra point. Disôs encore que fi ces rayôs

Pe l’excellence âe h yeue, fcruêt à la veüe il faut ou qu’ils reuiennent vuidcs, ou qu’ils Coiêt chargez d’efpecesif ils retournêt vuides, la veüe ne fe fera pas *, s’ils rapportétles ef- peces àl’ffil nous aurôs ce que nous demandés, c’eft à direq la veüe fe fera par réception.. Quât aux fondemens des Pla- iSicnT eft ailé de les ren¬

des Pia- uerfcr. le confeflfe que l’œil a lonvics beaucoup de clairté, mais ce- ftc lumière ne viêtpas du feuj elle vient de la clairté du cry- ftalin & de la poliffure des tu¬ niques. car tous les corps qui font polis, céme la corne lui- fentaux tenebres. l’adion de l’œil qui eft fi foudaine , & fon agilité grande, ne nous force¬ ront pas de croire qu’il foit plein de feu. car cefte adiô eft foudaine, pource que l’œil ne reçoit que les elpeces imma-

Cÿ“ du moyen de U conpruer. $y

teriellcs & fans corps. Pour le regard de l’agilitè 5 ilneftpas mal aiféa Cx cordes de mou- uoir prôptemêt vn fi petit or¬ gane. Les y eux ne friflbnnent iamaisj pource(dit Ariftote en Les Problemes}qu’iIs Tôt pleins de grailTe qui les efehauffepar accidét comme nos robeSjOU pource qu’ils s5t en perpétuel mouuemêt, Il n’y a doc point de feu dâs rœil , on n y trou- ue rien que de l’eau, du cryftal ^idu V erre. Qi^t aux raifons ^ux Si- qu ils alléguer 5 elles font fort foas des légères. Le bafilic, Tophtal- Piatoni- mique ne nous inreccent pas a lapre- par les rayons qui fortent de miere. l’œiljmais par vn corps natu¬ rel bien fubtil, par vne vapeur qui fort de tou t le corps infen- fiblemct,&infeélât l’air eft ap¬ portée iufqucs à nous.Cc qu’ô a Ja fe- âllegue du loup eft ridicule, coad?.

VePexcelleneedeU'ye'ùey

Pourleeharme dcroeil, nous tenôs qu’il ne Te peut faire na¬ turellement. Vne grade blan¬ cheur diflipe la veüe^ pour ce quelle attire tous les efprits en dehbrSjqui doiuêt demeu^ rer dâs l’œil pour le côtenir en A lâtroi deuoir.L’oeilTaflFoiblit &Te fiefinc. lalTe en voyâtj côme fait toute autre partie , pour ce que la chaleur fe diflipe auec les ef¬ prits quitrauaillét au mouue- Ala qua met de l’œil & à le tenir fcr- îrieûne. jïic.Nous fermas i’œîl à demy fi nous voulons voir de plus loinjnonpas pour vnirles rar yqs , mais afin que la lumière extérieure n’cnire foudaine- ment,&iie diflipe Hnteriëurei A îaein- L’œil fe doit toumcr vers l’ob- quiefmc pourcequela veüenefe

A ia fixi' droidc lign e . Les

cfmc, gros yeux & les prunéllesdila- tees ne voÿêtpas fi bien^pour.

^dumoyêndeltcônpruer. 58 ce que les elprits intérieurs £e perdent, qui font necelTaires pour la réception. Pour le re- gard de l’aiguille, ie dis que du tieime. premier coup on ne voit pas lâpointe, pourçe quel’obiecfl n’eftpas proportionné. Lare- ception de deux contraires & aiefine des plus grandes montagnes fe fait à l’œil ,, pource quel’ œil ne reçoit que l’erpeçc qui eft immatérielle., rien donc ne nous empefche à conclure que la veüe fe fait par réce¬ ption. Maisle moyen de cefte ic Hioyë réception eft très- difficile & ^elare- entédu de fort peu de gensde c§ia^i« m’en vai donc pour i’efclair- cir, rechercher , qu’eft- ce que rœilxeçoit; en quelle partie fe fait la réception, quand elle fe fait,&: comment. Pour le pre¬ mier poinél ie trouue des opi¬ nions fort difFerentes.Demo*

l'excellence de la ”>«#>,

Qu’cft- crite & Leucippe croient que fœ?rfc reccuos des atomes;Epi- foit. cure p'enfc que ce font feule* met les rayôs de fobieél, Ale¬ xandre Peripatcticien l’image del’obiedt, non pas corne au fubjeéi 5 mais corne en vn mi¬ roir . Ariftote fouftiét que no* ne receuôs que l’efpece qui eft produite de 1 objeâ fe mul¬ tiplie par lairjComme l'ombre eft produite du corps Sz la lu¬ mière du Soleil . Celle opinio eft la plus veritablcjmais elle a Nous ne ijefoin dlnterpretatiô , car vn que ï’ef- chacun n’eft pas capable du pccc. premier coup , de fçauoir que c eft de Tefpece de Tobiedl.Di- fons donc que cefte efpece n a point fon eftre en l’cnten- dement,&neft pas ce qu’en termes fcholaftiqucs on ap¬ pelle ens rAtionis ,

chdfe realcmêt i

c’eft quelque mi eft en l’air

Cr* du moyen âe U conferuer.

& en l’organe Or tout ce qui os* c’eft eft realemétfcdoit rapporter ou à la fubftâcc ou à l’accjdct.i’obiea. Cefte cfpecc ne peut eftre (ub- ftance , pource qu’elle feroit plus noble & plus parfaiéle que fon objeâ: qui eft la cou¬ leur . C eft donc V n accident.

Mais quel ? l’appellerons nous ^ quantité? non , car il yauroit pénétration des ditncnfîons: nous ne l’oferions nommer re* lâtion, d’autant que la relation n a point de force d’agir, & ce. fte efpece nous fait voir . En¬ core moins la réduirons nous à l’adion 5 II faut donc que ce foit vne qualité immatérielle, indiuifiblcjfans corps, que les Philofophes appellent inten¬ tionnelle , qui fe rapporte à r ob j e<ft , & en eft immédiate¬ ment produite , comme l’om¬ bre du corps. Cefte elpeccfe

Ve f excellence de U l’eue, multiplie par tout i air^car l’air eftantrubtil & humide cftca. ©able de réceuoir toutes les formes:^ receuaot vnepartit dei’elpece repreièntel’objeâ: entier. Cefte efpece ne voit pas, mais elle nous fait voir ^ il n’y a que robiedt quifevpye. ikEcftiô. QuelquVn pourra demander^ ü cefte efpece eft immaterielle comment altéré elle la veüe en vniffant ou diffipantles ef- prits ? car la blaheheur diflipc la veüe;& la noirceur i’vnit. le refpondray que cefte altera¬ tion ne vient pas de l’elpece, mais de la lumière qui fort des couleurs. Or il eft tout certain B>c{p5fc qu’vne grande lumière dilîipe la veüe,pource que nos efprits qui font tous fubtils Sc lumi¬ neux, fortent pourfe ioindre d cefte lumière extérieure j au contraire voyant les ténèbres

çrdM’moyendeuconjermr. 6o & vne couleur noire^ retirêt fuyans leur ennemy . Il ny a donc que l’efpece immatériel¬ le qui foit receuë V c’ejfl pouE- quoy la v cüe fe fait à i’ inttant,

& n5 point auec temps, côme les autres Cens . Voions main¬ tenant en quel lieu, c’eft à .di- En qud- re eh quelle partie de^ i’oéil fe Pf tait la réception , il y en a qui fait la péfentque la recep tion .fe fait iecepti© au cerueau, pource que e’eft le fiege du fens commun, & que toutlefcntimét vient du cer¬ ueau. Auicenne croit que la jreception fe fait à fvniondes optiques j & que iobjeâ: ne paroift point double , pource que les clpeces s’vnilfent en cet embraftement de nerfsdes autres v eulent qu’elle fe faceà la tunique aranoïde , qui eft plus nette & plus polie qu’va miroir.Nous tenons auee Àri-

Dt ttxcelltnce de U yeüe, dote J Galien & la vérité mef- mes, que la réception fe fait au cry ftaliin , pource que c’eft la plus noble partie de l’oeil, ayant vne lubftancc toute par¬ ticulière, eftant fitué au milieu de l’organe comme au centre; fe vont récontrer les deux lumières, Texterieure , qui en¬ tre par la prunelle comme pat vne feneftre , & l’interieure qui eft apportée par le nerf optique. Toutesfois fi tu veux accorder toutes ces opinions, tu pourras dire que la réce¬ ption fe fait au cry ftallin^Ia re- Vray îraâion aüx tuniques , la per- mojen fedion en celle eonjondion veüefe*^ des optiques, la cognoifiance fait. on iugement dans la fubftan-

cedu cerueau. Detôutcelog dilcours nous rapporterons, que la veüe fe fait par receptiô feulemét & non par emilfîon, que le

du moyen de îd eonfèrüer. (St que le cryilalin( principalin® ftrument de la veüe) ne reçoit que les erpeceSjkrquelles font côme ombres, des objedts vi- fîbies , que ces ërpéces eftant praduites ôi multipliées par tout iair , font en vn inftant receuës par droite Iigrie5& no autrement.! e fuis efté côtraint d’adioufter cefte drfpute en ce petit trai(5î:é de l’œil^en ayant efté fort foilicité , Si en ayant receu vn commandement ejt- près.

En combien defdçom la y eue fem ejîreoffenfee.

C H A P. XI.

V T le difcours que oie vie faire del’ex- 1} cellence de veüc,de l’artifice del’œil^ àc de toutes F

fes parties, outre le plaifir qu’il apportera aux plus curieux, ne fera pas(à mon aduis) inutile à ceux qui auront enuie deco- gnoiftre les maladies de l’œil, & qui voudront entreprendre de les guarir. Car nous tenons pour maxime en la Medecine, qu'on ne peut cognoiftre ce qui arriue contre nature à la partie, fi on ne fçait première¬ ment ce qui luy eft naturel. Le droit ( dit Ariftote au premier îiure de i’ame) fert comme de reigle &: à foy-mermej52 àl’o- bîique.Il faut donc que le Mé¬ decin cognoÜTe le naturel de l’œiî,& ce qui efl requis pour fonadtion s’il veut fçauoir en Encom- combien de façons elle peut ^ façons' eftre bleflee.T oute action (cÔ- vnea.- niC remarque Galien en plu- âriôpeut fieurs endroits ) peut eftre of- fSfee. ftnfee en trois façons, ou elle

er du mtyen de U eonjeruer. 6 î fe perd du tout, ou fe diminue bien fort, ou fabaftardit & de- praue.Ccs trois vices peuuent arriuet à la veüe j la diminutiô ou affoiblifTemét eft ordinai¬ re aux vieilles gens , la depra- uation fefait, lors querobje(Sî: paroift autre qu ’il n eft , la per¬ te totale fe nomme aueugrle- .

T .. > rt' -1 I- ° Cornent

ment. La veuc s afroiblit , ou laveüe

par le vice de la faculté , ou s’affot- parla mauuaife difpofîtion de î’organe.Lafacutié,qui eft ce- ftepuifsâcede l’ame qui nous fait voir,a fon fîege dâs le cer¬ neau: Si doneques le cerueau eft altéré en fa température, comme quâd il eft trop frôid, chaud, humide &feciOuque fa conformation ne foit Ipüa- ble, tous les fens fentirôt vne diminution notable en leur aâ:iô,& fur tout la veüe,pour- cequeTceU eftantlepluspro-

i cxcmence ae u nutt

ctia,&:, ayant vne merueillcufe fympathie auecle cerueauen patira le premier. La mauuaife difpofition de l’œil aiFoiblit. bien fouuentla veüe , encores que fa facuité Toit enticre.Cc-* fte difpolîtion fe trouuequeL quefois en tout l’œil, comme- quand il eft trop gros, ou trop amaigryjquciquefois à vne de’ fes parties , comme aux tuni-' ques , humeurs ^ mufcles , ef- ptitSjnerfSjVeineSj&artereSjà- chacuhe defquelles arriuent leurs maladies particulières,: . que ie deduiray au chapitre fuiuant.

ladepra La deprauation de la veüe fait quand robjeâ: fepre- fente d’autre couleur , forme, quâtité, oufiruatiôq^u’iln’eftî comme quâdce qui eft blanc paroift iaune ou rouge , pour- ce que l’organe eft taintdc

c:r âu moyen de U confemer. quelque couleur^ainfi les iâ:e- riques voycnt tous les objets iaunes j quand ce qui eft fixe fembie fe mouuoir, comme aux vertiges 5 pour lemouue- îiient defreiglé & extraordi¬ naire des efprits, quand vn objeut fimpie paroift double.. ;Or cela arriue ou par ie vice de l’organe , ou par iamaüuai- fefituaîion de robject:, ou des rayos. Si les deux yeux ne sot en mefine plârque i’vn fe haut ,de & l’autre s ’abaifTednd ubita- biement tous les abieâ:s pa- .roiftront doubles: la paralyfie & conuulfion en efi foiiuent Ja caufe. Le nerf efpîiqae aufiî eftât relafché & moliifiè dvn cofté , reprelènte tous les ob- Jeéls doubles, comme il arriue à ceux qui font yures. Situ prelfes vn œil autc le doigt fans touc her l’autre, tu verras Fiq

Ve^excelknee de U '\eiie, tous les corps doubles. Lafî- tuation donc de Torgane eH la première caufe de cefte de- prauation. La fécondé eft la fituatiô del’objed.Situmcus vn bafton^ en i ond tu iugeras que c’eft vn cercle, fi en long: vneiigne toute continué; ce* îaarriue pource quei’objeét change fi proprement de pla. ce qü’auant que la première image foit cffacee , l’autre fe met en Ton lieu. La derniere caufe fe rapporte à la fituatioa diflPeréte des ray os; fi tu te mi-' res en vn miroir fendu , ton image te paroiftra double, perte & priuation totale lavcüe. de la veüe, que nous appellôs aueuglement , vient ou delà fccherefle des humeurs, ou de l’empefchement des deux lu- miereSjqui ne fe peuuentren- trer &: ioindreau cry ftallin*

gÿj dtanôyen delaconferuer. ^4 L’intcrieure , qui eft i’elprit animal , eft empefchee par l’o¬ pilation du nerf optique, & fc nomme goutte ferenesrextc- rieure eft empefchee par la catarachte , qui ferme îa pru¬ nelle, feneftre du cryftalin. La veüe donc ne peut eftre oifen- fee qu en ces trois façons.

Briej^ dmombrement de toutes tes maladies de l’œil»

Ch A P. xiï.

E ne Veux pas m amulèr icy à faire vne defcri- ption exaâe de toutes les ma¬ ladies de l’oeil, rentfeprinfe le-» roit trop grâde,il me faudroit pour le moins cent chapitreSj car il y a bien autant de mala¬ dies particulières de rœihiè me Gontenterây de tracer vnc

l'excellence de UyeUe, iîiethode pour les plus iiou- ueaux Médecins &: Chirur- giéSjaufqls ie délié ce chapitre Diuifion Oc doriques , des maladies ÿsmala ^epœjnes ynes font commu- î’œiJ. nés a tout l’organe , les autres font propres à chafque partie. Celles qui fe rapportée atout fœifjfont ou fîmilaires, ou or- ganiquesj oti communes. Lés ^iihâks ^tniiaires font l’intépcratute Jîppcr- humide, fechcjchaude, froide, <c:xu k fimple, copofee , fans matière jS- ^ rnàtiere. , Les organi-

qu es paroiffent en mauuaife conformation , cornmeenla grandeur augmêtee, pu dimi- ®^^" düec, & en la fîtuation. Majia- dies en gran d eiir Ibht quan d îœil eft trop gros, pu trop pe¬ tit; le gros fe nomme œil de liœuf, il nuift à IX^ïiô del œi^ car la v eiie h*en e pas fi viu e, pour la difiîpatidh trop gran-

'^âuntûyenâe Uconferitef. éf de des erprits,& le mouuemêt n’en eft pas prompt, Cefte groffeur vient ou du vice de la -première conformation, ou par accident, comme d’vne tumeur œdemateufe d’vnein- flammation & d’vne fort gra¬ de defluxion.La maladie con- ta traire à cefte-cy eft la petitef- fe de l’œil qui vient ou dena- -ture , ôj s’appelle eomnciune- ment œil cochon- , ou par quelque aceident,comme par la diflipation de chaleur na¬ turelle, que les douleurs ex¬ trêmes, les grandes V'éilles, les ; defluxions acres, & fieures^ Continues ont càufé : de forte qu'=. tout l’œil eftant affôibl/ if attire plusl’àlimét,d£ encore qu’iiy aborde nèle peut cuirej. ©nappeifocefte maladie atro¬ phies extenuatié de l-œiL Maladie en - fttuatioH? eftj? f v

T>e hxcellence de U yeüe^ quand l’œil eft hors de pla¬ ce, comme quand il fort de¬ hors, & quand il tombe tout en basjs ’ilfort dehors, c’eft vn t œil fot forjetté 5 en Grec fc nom- ietté. me c^<7rî£ff/tô5.Auicene remar¬

que que celaarriuc ou de cau- fe externe comme de coup, cheute, effort, en touflantjVo- miflant, foufflantj ou de caufe internejcomme dVne foudai- ne fluxion quilafche tous les mufcles ôc tout le corps de l’œiljd’vne grande inflamma¬ tion ou autre tumeur.

Soiatio Maladie commune eft la fb-

de coîi- , . - ' ,

«uûé. lution de continuité , quipa- roiftîors que l’œil eft du tout creué , ou que routes les hu¬ meurs fon t côfufes & brouil¬ lées enfemble, ;

Voila les maladies qu’on peut rapporter à tout le corps de l’œil , car \cnj61dotU , mjQ,

([^kum»yendeU confemer. 6^ piaps, 6c , font fym-

ptomes des efprits&humeurs,,

& lion de tout l’œil.

Les maladies pàttitulieres Maiaaie»

font differente , félon les par- partica- ties de l’œil. Or à l’œil nous auons remarqué les humeürsj les tuniques jles nerfs, lefmuf- cles : il y aura doiic des rnala- dies propres à chafque partie? le comenceray à deferire cel¬ les des humeurs , corne eftans les plus nobles parties de. foeil, êe mefmes que Galien au liure des caufesdesfym- ptomes a fuiuy celle mé¬ thode.

L’humeur criftalline peut en- Malade durer toute forte de maladie, mars les plus remarquables font l’intéperature fciche , &C quaridil fort de fa place L’în- temperature feiche efl caufê d’vn accident que les Grecs F vj

Le glau- . coma.

Ce-^a’àr

îccryitai Üa-iisrt. ia jlace.

lÛÈ fexceïîen ce /<? U "ve «^ï

nomment yXaJi-M^ , qui eft y n e c on cr eti O il & feich er efle d u c r y ft alii n 'd eu e n an t c 6 in- me blanc^ippocràye^^ tçdî' f^eme d^s Aphorirmes rç- marque , que ccfïe maladid lî’ar^i^Ç guère? qu’auxyieiiles gens, nous ia tenons pour, in- eiH-âb le. Le cry fta^ii peut rp r- tir defa place en plüfieurs Far- ços,ç3r ou il Fe tourne yers les çdfteZjOuiFle haufTe^ ah |e J oiil s’ehfonce trop en de¬ dans, ou s’aduâceirop en de^ borsrËn quelq Façô qu’il bou¬ ge, il nuifthien Fort à lave:üer sll eft trop enFoneé, il ne peut voir de près ; s’il eft trop ad- uancé, il ne peut voir deftoinî sll eft tourne à droiâ: ou,à gauche, tous les obieefts .pa-. roiftent de çofté,s’ii;Fe haufte ou s’abaifte, tous les images Fe reprefentét doubles , pource

âu moyen ieUemferuer.

^u’iis ne iont pas en mefrnc plan,

_ r X’iiumeur ^ignenfe veftant aufTi bié partie que ]cs autres, meurai- afes maladies particulières. Si elle ell trop defeichee, çomr m e il arriue bien form ent aux luffufions , nous; priue totale- merït de la veüe: fa quantité eft fort diminuée , le cryftallits fe tarift,i’vuee fe âeftritja cor¬ née s’affaifle , la î u nii ere extç- rieure n’eft point rabbatûëe. Quarit à rhumcuF vitree les auteurs n’en ont point remar¬ qué de maladies particuîiereSs mais ie penfe qu'elle peut en^ durer méfmes afFeétions en fia î épera r ure , lubftan ce & quan^ tiré que l’aigueulè.. _

Les-^tuniques del’éeil font Mafà- fix, maisil ny ena que trois aurquelles on ay e qbferué de ^ladies particulier es,,ce font

Ve t excellence âiU ^euel laconionéiiue, la cornée 5 éc IVuee , car àTaranoïde réticu¬ laire &vitree on n’en remar¬ que point.

Maladies Les maladies propres de la delà c5- côioncliue font trois, lophtal-

lonaxue , ,,

mie, 1 ongle âç^clice pteyi^um, bc la meurtrilTeure : l’oplital-^ mie eft vne inflammation du Opbtai- blanc derœiljlaquelleparfois eft fi legere que d’elle mefitie fe guarit,les Grecs la nommée 'Tw^^is.Sâ câufe eft leplus fou- uét externe, comme lafumee» le vent, le Soleil, la poudre, le ferain, l’odeur des oignonsi Si eefte inflâmàtion eft plus grâ- , de,fe nomme abfolumet oph¬ talmie ; fi elle eft extreme , de forte que le blanc paroifte fort haut , & la prunelle en foie Diffère- preffee, on l’appelle Il

ÿophtal y ^ opthalmies bilieufes, raie, fangunes , pituiteufe, melan-

^ âft moyen de U conferuer. ch cliques : il y en a dans Ga¬ lien de feiches & d’humides, dans Hippocrate de, rympto- matiques & de critiques jdans Tralien de tabides & non ta- bides, de malignes qui regnét en temps de pcfte^ &: non ma¬ lignes, de continues & de pé¬ riodiques. L’autre maladie fe nome pterigmm. C’eft vne chair L ’ongiè; nerueufe qui commence or¬ dinairement au grand coin,& s’eftend comme vne aifleiuC* ques àlaprunelle,elleaaulfila forme dVne ongle. Elle fuit bien fouuent les ophtalmies mal guaries , &: cft accompa¬ gnée dVn prurit, d’vne petite .fç rougeur, & de l’armee.!! y en cesd?^* a plufîeurs différences , lef- longlc; quelles nous tirons de leur CouleutgCÔnexion, fubilance,- & quantité. Pour raifon de couleur, il y en a de blaiiches.

^etexceîlencedeîd'^eu^y «îe rouges, deiaunaitres : delà connexion les vn;e$ (ont fort adhérentes , les autres fe fepa- rent airementj Si nous regar¬ dons la fubftanceàl y en a d’ef- paifles & de plus tenues, de molles & de dures , de menir braneufes , qui font comme peaMXjd’adipeufeSjqui relTem- blent à la grailTe, & variqueu-- fes, qui (ont comme vn ret cif' fo de pi ufieur s. petites veines & arteres. La quantité fait la derniere différence, il y en a de petites qui ne paffent pas le blànç de l’œil, il y en a de grâ-*

' des qui s’eftendent iufques à îa prunelle , & nuilent bié fort la meur à-la veüe. La derniere maladie de la coniomffiue fe nomme

«U blzc. e / - > '

'VJsroiTipcty/itot, » nome eu r; ou meurtriffure de l’œil : I^aul:^ Aécç la definifl’ent vne ruptu^ f edes V einei dei’œil , . qui êm

€r âtt moyen de U confèmer,' que le fang Te refpand par tou¬ te la conionâiue,& par la cor- neeaufïî, reprefentant ài’œil tous les obieâis rouges . Sa caufe efl ordinairement exter- me, coup, oucheute, quelque fois interne,comrae repletion des vâifTeaux & tenuité de fang . Il y a d’autres maladies -delà tunique blanche: com- ' me les puftulesjles taches blâ- ches en forme de cicatrice^ , mais elles font communes à .lacornee.

Les maladies de lacornee font puftules, vleeres commu- j'g nés, malignes & chancreufes, lacor- la lahie retenue dire “«c.

la cicatrice , la rupture , Les puftules font dites des Grecs, des Arabes £ôt^or, paftule»» ■Ce font côme petites veftîes caufees dVne humeur fubtilc & fereufe 3 qui fe met entre les

Ve hxcellence de U y elle s Diffère- cornee & les ce des eft éd. On prend leur différent puftules.^g de la couleur; il y en a de noires qui font entre la pre¬ mière & fécondé peau , bc de plus blanches qui (ont entre la troifiéme & quatrième ; De lafîtuadon les vnes font plus fuperficielles , les autres pro¬ fondes: de la matière, les vnes fe font d’humeur bilieufe , les autres d’vne eau claire & fub- viccrès tile. Ges pufmles eftansper- coiamu- gggg fejourne lon-

^lesdela -, •'

£©roec. guement , fait vn vlcere en

la cornée « Les Médecins Grecs & Arabes fontfept el^ peces de ces vlcereSj trois in¬ ternes Bc quâtres externes : la première des internes s’appel- ffroisin'ieiSoTçuô?, dans Paule &dans prnes. ^yjcéjQne annulns ^ des autres foffuU i ceft vne vlcere caue, ^ftroitte, petite , Bc fans ordu-

(tïr du moyen de U eonferuer. 7 ® rc; la fécondé eft plus large & moins profonde, Paulus l’ap¬ pelle >w/A<»/tût3Auicenne Idimiez la troiiîefme eft fort fordidCjS^ auec croufte: les Grecs la no^ q^tre ment , les Arabes rf/- extern^

ficume . Les vlceres externes font quatre: la première reffé- bieavne fumee eipaifle,,6c noircit la prunelle, on l’appel¬ le la fécondé eft plus blanche & plus profonde , ^ s’appelle *■ la troifîcfmc

eft ronde, 6c paroift^û cercle de l’œil, c eft de Paule:

la derniere eft fortfordidede couleur cendree reflemblant vn floquet de laine, c’eft pour- quoy A uicenne l’appelle fum ')>lcus. Galien le premier a remarqué toutes ces différen¬ ces en vn petit liuret des yeuir^' mais il ne leur a point donné de nom par^uÜer ^ 6c en tout

De r excellence de I4 y eue y Corre- Huret fe trouue vne faute «ftiô d'vn remarquable , car par tout texte de jjj-e externe,

Galien. ^ 1

& au cotraire . Manard a vou^

Yîceres Auicennc enfes

^aii. differeiiGeSjmais ceft lans rab gnes. fon.Iis fe font d’autres vlceres âlacornee qui font malignes, & fe nomment vo^^-> qui mai> Vlceres ^ cheminét iuiques aux

chan- mufcles & paupières. îl y a sreufes. d’vlceres chancreufes ac¬

compagnées de douleurs cub fantes,eiles s’engendrét d’vns cicatrice humeur acre & aprabilaire, te- deiacor nature du chantre.

La cicatrice eft vne maladie' delà cornee, car elle iuy'oile fa couleur & fa clarté , la ren¬ dant du tout blanche,on l’ap- ^ypopiô pelle h&üyuëfxoL, ou albugo.Vhy- popion en approche fort , qui eft vn amas de matière puru^ lente occupât le noir de l’ceiL

En fi n ia cornee vict à fe rom- pre 3 & lors fe fait v ne maladie de la cqk particulière de l’vuee, que no'" defcrironscyâprcs. Mala-

A la tunique vuee nous con- diesde fiderons vn corps , Sr vn ti ou qui eft la prunelle : le corps de tvuce avne maladie patticu- lierejqui eft fa defcentetla pru¬ nelle endure trois maladies remarquables J la dilatation, l’eftrefiftemét & la catarachte. ; ^

La defcente de fvuee fe nom¬ me des Grecs , qui

ne peut arriuer que par la rup- ae l’vace don ou erofion de la cornee qui luy fert de barrière :!â rup- tion vient quafî tou fidurs de caufe externe, l’erofiô de cau- fe interne. On fait ordinaire¬ ment quatre cfpeces de defcente, qui ne differét qnen dciade^ grandeur: car s’il n’en fort que y en peu, onrappelle/4ü«{ifs«,-

Mala- 4ièc de lapru- aelle.

BÎIata-

iton.

syfttxicnenie ae ta vcuCy

Xo5, tefte de mouche, OU dans Auicerme/<»'»2/c4//i; s’il en fort d’auantage , & comme de la groffeur d’vne peauderaifin, on la nommeça|i!;Aû!^:Si elle fort cncorcs plus &pend corn* me vne pommette, fe nomme auec tout cela elle s’en¬ durcit & deuient caileüfe,s ’ap. pelleraîÎAosclâuus.

La prunelle a trois maladies, car ou elle s’eflargit par tropj ou deuient trop eftroite, ou fe ferme du tout.La dilatatiô des Grecs eft maladie

organique,pource que la caui- eft plus grande qu’elle ne deuroit Galien fait deux dif¬ férences de cefte dilatation, i’vne eft naturelle, l’autre vient par quelque accident , /outes deux nuifent bien fort à la vcüe, ppurce que la lumière intérieure fe diffipe trop , SC

comme dit Auicennc, lesef- Caufcs peces ne font pas receuës en pointe : la caule de celle dila^- tationeft latenlion del’vuee: elle eft tédue 5 ou par vne trop grande humidité , ou par vne extreme fecherelTe: l’humidi* fi elle eft nue , relafche la mêbrane,fî elle eft auec matiez re corne aux tumeurs de l’œil, abfces, & autres defluxionSjk tend encores plus . La feche- reffe retirât les extremitezde Tvuee eflargit Ton trou , com¬ me nous voyôs au parchemin trop fec. La maladie contraire à cefte-cy, fe nome des Grecs «pStcTïs , exténuation, ou eftref- fiffement de la prunelle 5 celle Eftreffic. qui eft naturelle et trefpropre pour la veue, mais celle qui elt ncUc, accidentaîe nuit toufiours : Câufe eft la cheute de l’vuee: elle faffaiftfe par vne tropgrâ-

Xa cata- jtachce.

Caufe

des

tayes.

Z>0 l'excellence âe.la'^euè de humidité qui n’eft que du cofté du trou, oupar iacou- fomption de i’humcur àigueù- qui Tempijifok tbu'Ê cctèf* pâce . La dernie-îb m=^hi<iiedè la prunelle le noirum.tKL'^^^-’ poi des Grecs 5 des Arabes goutte bu eauydü v ulgaire ca- îaracbte outayeu ^Noiis la dé¬ finirons viie obftruâ:ion delà prunelle.caulee d^^ne humeur effrange,, qui ayant coulé s’ef- paiifit peu à peu entre la cor¬ née A; le eryftallin : Sa caufe prochaine, qu on appelle con- tinéte, eftvné humeur eftran- gere , & en cela elJeddFéré du glàHcoma qui fe fait par la con¬ crétion des humeurs naturel- ics de l’œil, cêthuniéur au cô- mençement flottc,mais en fin s’efpefiit : e’eft pburquoy Pau- lus au troifiefme liure définit: lafuffufîon par elfufion , & au fixiefme

âu moyen âeh eonferiter. Ji fisiefme par concrétion , def- criuant celle qui commen- CC5-& icy celle qui eft ia faide,

Cefte humeur s’alTemble, iiLelrêa nousvoulôs croire HaliabaSj Hâly, Azarauius , entre l’vuee Sc le cryttallin ; û nous aimons quifak mieux croire Auiccnne , Me^ la taye. fues, Âlbuchafis , entre la cor- îiee & bvuee . C^ant à moy ie penfe qu’elle peut demeurer en tout cet efpace , qui cfl de¬ puis le dedâs delà corneeiui^ ques au cry fiai lin , ^ fe mefl e bien: fouuent auec l’humeur aigueufe. Celle taïe cmpelche la veüe en dmerfes fàçonstear fi elle ferme toutela prunelle, qui eftiâ feneftre defceil, ta veüe fe perdra du tout 4 s’il n y a qu’v ne partie de la feoeftf e fermé'CjC’ôme la droiéte, ou la gauche , la fuperieure ou infe¬ rieure 5 l’œil verra les obieds G

ve i excellence de la l/eue ,

qu’on luy prefentera, mais il n’en pourra voir qu’vn à la fois; firoblfrudion eft iufte- inent au milieu de la prunelle, tous les obieds paroiftront diuifez & comme fendus, & ne pourra- on voir le milieu de l’image : fi l’eau n’eft encores afiemblce, &'qu’elle foit ref- paiidueinegalemet parcy par làjon verra comme des mouf- D ff-rea volct par l’air. On tire les ces des différences des catarachtes càtarach Je Icur quantité , fubftance, couleur,connexion,fituation, &du moyen d^ leur généra¬ tion; il y en a de grandes de petites, d’efpaifîes defubti- leSjdeblancheSjCendreeSjgy- pfees, rouges., noires, eitrines. Les caufes internes font les

Les eau- ,

fesinter. humeurs & les , vapeurs qui s’erpaiffifleiitj les Humeurs ou viennent du cerueau par les

O* du' moyen de U conferuer. 7 4 nerfs, veines , arreres5X)u s’en¬ gendrent à la partie mefme, par la foiblelTe de la. faculté concodrice &: expultrice.Les cataraGhtes ont touliours

sioatios

pour auantcoureiirs certaines qui pre- vifions fauffes qu’on appelle

r lescata-

imagmatios^car on penlevoir j-achtes. desi rnoufcheSjdes poils , & fi* lets d’araîgne en l’air, quitou- tesfois n’y font pas;la caufe de ces vifiôs eft vne vapeur opa- qiie^qui fe met entre la cornee éc\e cryftâllin: Cefte vapeur ne fe voit pas en fa propre ef- pecejcâr i’vuee fe verroit aufïî bienjmais en vne autre de cel¬ les qui font par l’air : Il eft vray que le cryftâllin iuge ces va¬ peurs eftre au dehors , pource qu’il s’eft tellement accouftu- à voir les obieéts externes qu’il péfe ce qui eft au dedans eftre au dehors, ces vapeurs ' G ij

îVlak- diesdes piüfcles de l’œil.

piftor- tioa de l’œil.

pifFert-

ces.

De V excellence delà "yme, s’efleüêt quelquefois d’embas, quelquefois des humeurs qui font au cerueau , ou à l’œil mefmc,.

Les maladies des.muloles d e l’œil font trois principales, ladidortidn derœil;, le bran¬ lement, 6e rimmobilité*La:di- ftortion appeilee^£^|2î(f|i^:.on vient, ou de;la refoi- lution de quelques mulcreSySe lors la partie malade fe meut vers la faine: comme ilarriue à la paralyfîe dcrtoutes les par¬ ties qui ont des mufclesop- poCtes > ceüe diftortion vient de la côuuifion de qu el- ques müfcles 5 & lors la partie faine fe meut vers la malade. Quoyque cefoit çeftcmala- die vient ou de fecheréife , ou d’humidité füpsrilue : or FœH' fe tourne en beaucoup de fa- çonsjcn haut & en bas, & lors

ér du moyen delà eenfèruer. 75 on ne voit queleblâc de rdcil, Hippocrate rappelle TSKcomit ou Tœil fe tourne vers les co- ftez & nous rend louches . Le braniement d’çeÜ appelièW- letnent vn vlcedes muicles font tellement afPoiblis., qu’ils ne peuuent côtenir fœil.Tous les anciens ont creu que ceErrear Bran îemcnt d’œil v en oit d’v n ^^5® .

feprierme mufciequi embraf- fe l’optique : mais iis fe font abufez. car ôn ne le trouue point aux hommes , comme i’^y dernonftré en i’hiftoire de l’œil . le croy donc que com¬ me le mouuement tonique, qui tient naturellement l’œil fcrme:^im_mobiie, fe fait lors que tous les fix mufcles ten¬ dent egalement leurs fibres : auffi que cebranlement fefait lors que tous fix lafchét leurs fibres. Il y a vncî maladie con- G iil

V el‘ excellence ((e Ulfeiley

îmmo- traire à cefte-cy , quand les l’œil, yeux demeurent du tout im¬ mobiles . Hippo crate rappel¬ le «Tnî^iv&çacnv 5 quife fait lors que les mufcles ont du tout perdu la puifsâce de mouuoir, ou par l’obflrudion du nerf quiapportelemoiiuemêt, ou parla paraiyfied’iceluy. - Les maladies du nerfdpti- dies du que font robftru6lion 5 com- «crfop- prefîîon, paralyfîc, cheute,ru- obftru- ption, fdrrhe, inflammation, aiô du L’obftrudionfefaitfoudaine- ment d’ vue humeur froide & crafle, pource que la cauité du Corn- nerf eil: blé petite: la comprcf preflion. .{îô fe fait de coup: la paralyfle 3?arai)fie humeur tenue & fereufe Cheute . amollit le nerf ; lachcute appellee<7^/^,7î"TOoi5> quand les extremitez mébraneufes s ap- prochêt, & ne demeure point Ruiô i de place à la moelle : la ruptiô

Cr du moyen de h confenier. 7 vient de coup 3 & lors l’œil Tort premièrement en dehors,puis le retire &: s’amaigrit . Toutes ces maladies de l’optique font vn fymptorae commun , que les Grecs appellent kfjuswjfcùmvi La goût les Arabes goutte fereinejc’eft comme définit tresbien Aëce vn aueuglemêt entier fans au¬ cun vice ou tache apparente de l’œil: cet aueuglemêt vient de l’empefchement de la lu¬ mière intérieure.

Les plus fubtiis Médecins mettent au rang des parties de efprics. l’œiües efprits, ôerecognoif- fent aufli leurs maladies, qui font fjuioùinx 3 ôi **yopes.

in la première on peut voir qu’en l’obfcurité comme pointe du iour & à l’entree de la nuidl , en plein midy on ne fçauroit lire , En l’autre c’eft tout au contraire , on ne peut G üij

Vefexcelîenee deUhene^ voir qu’cn vne grande clarté. On attribue cela aux efpritsi ceux qui ont les efprits fort fubtils ne peuuent voir en vne grande lumière , pource que leurs efprits fe diffipent : ceux qui ont les efprits groffiers ontbefoing dVne grade clar» pour eftre illuminez.

V oik en fommc les princi¬ pales maladies debœil, ieiie touche point a celles des pau¬ pières 5. ny des coings, ny des parties voiiines , ie crains de rrf eftre trop efgaré : car mon intentiô n’eftoiî que de mon¬ trer lexceilence de la veüe, & d’apprendre le moy en de la conféruer le m’en vai donc remettre à mon chemin*

Jiçÿme general tref. exquis pour

la conferuation de la auquel

ejl fort particulièrement deman-

du môyen de la conjeruer. 77 JîréitoHt ce qui fent nuire dux jeux, c^toutcequi leurejîprù- I ^reduJsL -

Ch A P. XIII.'

[ L .eft temps de-mefler îi’y'tile auec le dcleâ:â- bîe; Gcüx qui fenteiîl: quelq diminution à leur veüe, on qui craignent de l’auoir foible , ^verront en ces deux chapitres tout ee qui fe peut trouuer de plus rare dans les- iardins des Médecins Grecs, Arabes & Latins 3 pour la cô... Jferuatiô de la v eüe. le m’y fuis^^ autrefois, efgayé, & en ay ef¬ fleuré tout ce que i’y ay pen voir déplus beau. Or d’aurant qu y ne des prinGipales caufes de.l’imbeciilité delà v eüe:(fï)-' fcray bien aflTéurer que-c’^eft la pins commune )- vient d’vne' Gy

Be T excellence de U’^eilet humidité fuperfluë de rœil,^ del’impuritè de fes efprits: le drefî’eray pour cela vn régime exquis, qui feruira comme de patron &demodelle à toutes les autres maladies de rceil. L’art qui enfeigne de guarir les maladies, que les Grecs ap¬ pellent en vn mot Thérapeu¬ tique, fei'ert ordinairement de trois inftruméSjde la diete, ou façon deviure, de lachi-- rurgie3& de la pharmacie, tadiete La façon de viüre tiét touf- neatie |e premier rang, & a eilé

premier , , ^ i

raiîgàia îugce Gcs aiiciens la plus no- curatiô. ble partie , d’autant quelle cil amie & familière de nature, ne l’akere en aucune façon, ô^: ne luy apporte aucun trouble, comme font les medicamchs èc les operations manuelles. Ccfte façon de viure ne con¬ fie pas feulement au boire ôi

èla moyen de U eonferuer. 7 8 ail manger, comme le vulgai¬ re penfe, mais en l’adminiflra- tion de fix chofes^que les Mé¬ decins appellent non naturel¬ les, qui font l’air, le boire & le manger ,1e dormir & veiller, le mouuement & repos , lina- nition repletioHj & les par¬ lions de lame.

le commenceray mon re- La gime par l’air, d’autant que la- da l’air, nimalne s’en peut palTer vn feul moment , & qu’il a vue puilTance incroyable à chan¬ ger & altérer tout foudain nos corpsdl s’é va par le nez droit au/cerueau , par la bouche droit au cœurjpar les poresdu cuir & par le mouuement des axteresil perce tout le corps: il fournit de matière & d’ali¬ ment à nos eïprits.C’efi peur- quoy le diuin Hippocrate remarque tresbien que delà G vj

We Texcelïence de U yeue'f C0nftitution de Tair dépend entièrement la bonne $c mau- uaircdifpofitiondes cfpritsSC des humeurs. A l’air nous de-

miaiitez

de l’air, uons remarquer ces premie* res de fécondés qualitez ; les premières font chaleur, froi¬ deur, humidité, feeherefTe: desquelles les deux premières fe nomment adiues, les deux dernieres paffiues;les qualitez fécondés font quand l’air eft gros 3 eipois 5 fubtil , pur , ob- leur, lu milieux ; or accommo- dons tout cela à noftre vfage. 11 faut pour la conferuatiom T àc la veiie ehoifir vn air qui fi-e pour ioittempere en les premières- kvcftc. qualitez , qui ne Toit ny trop; chaud, ny trop froid, ny trop humide. Il n eft pas bon de; s’expolerà l’ardeur du Soleilv iiy aux rayons delà Lune ou. au feraia. Les vents Meridio-;

Crin môyen ie U cûtifertier, 7 9

naux & Septentrionaux font LesYcti- ennemis des yeux : lifez ce qu’en efcrit Hippocrate à la troifiefme fedion des Apho- rifmes. Le ventd’Auftre(dit-^ il) rend la veüe troubled’ouye' dure,iâ tefte pefantedes fenti- mens hebetez^êi tout le corps lafche & parelTeux 3 pource qu’il engêdre des efprits grof- fiers : l’Aquilon eft trop vif^Sé pource(dit le mefnie aûtheur) il mord & pique les y eux. Les lieux bas aquatiques ^ humi¬ des marefcageux font du^ tout contraires à la veüe ; il eft beaucoup meilleur d’habiter és lieux fecSj &' vn peu efleuez.

Si on eft contraint de fe loger aux lieux humidés , il faudra altérer Sc purifier l’air auecyàirar- des feux artificiels , faits auec niKiellci le bois de laurier , geneure, rofmarinjtamaris ; ou,bien oti

Ve l’excellence âeU "y eue, pourra faire ce paffun des Arabes â la chambre, à laquel- Parfuin. le on demeure leplus. Prenez des fueilles d’euphrafe , fe- noui!,marjolainejde chacufie vne once, du bois d aJoés bien puluerifé vne dragme,d’encés trois dragmes : meflez le tout enremble,& en parfumez fort fouuentvoûre chambre.

Quant aux feGondcsquali- dSre- 5 l’âh gtos, efpois, plei n de ftre laitbrouiilars eft contraire à la veüe , il le faut choifir net & âcodes. purgé de toutes vapeurs ai- gueufes 3 terreftres 5 nitreules, lulphurees & d’autres mine- raux,{ùrtout de l’argent vif; la poufEere, iefeu, &;^ia fumee nuifentinfiniment à roeil:c’efl: pourquoy ceux qui ont la I veüe debiienedoiuentiamais

f fouffler i’alcbymie, car ils per-

I droient l’œil ^ la bourle: la

du m(yen de U e&nferMf. 8 o vapeur qui fort des eftaiigs ôc des corps morts eft trefdom- mageable. L’air ne doit point aufli eftre trop lurnineux 5 car'traireà vne lumière exceffîue diffipe^’®^- ies efprits , & fait fouuetit per¬ dre îa veüe. Nous lifons que les foldats de Xehophanes ayans paffé parles neges de- uindrent quafî tous aueugîes:

& Denys Tyrâ d e Sicile aueu- gloit âinfî tous fes prisôniers. car lés ayans enfermez dans vne cachotte obfcure , le^ fai- fbittoutfoudain conduire en vn lieu bien clair , & perdoiét tous la veüe. A la lumière Les coa- nous rapporterons les cou- leurs: toutes couleurs ne font yeüe. pas propres à le veüe, le blanc diflîpelcs efprirs les attirant à fby,iê noir les rencfîrop grof- fîers:ii n y a que le vertjle bleu & le violet qui la reEouïflent

» fMeueme ae la veitej

bien fort. Nature nous enfer- ' gne cela en la" conformation de l’oeil, car elle a teint la tuni- que vuee de vert & de bleu dn eofté qu’elle regarde le cry- ftallin. La couleur du faphir &: de refmeraude eft fort propre à la veüe: fi tu veux voir bien fouuent ces deux couleurs^ meflees. le t’enfeigneray vnc çhofe qui te fera fort aifee.; Prens des fleurs de bourache,, Sc des fueilles de pimpernelle,, & lors que tu voudras boire; ietteles dans ton verccrcela te feruira doublemct. car la cou¬ leur refîGuira tes yeux ^ èc les= berbes rabbatrôt par leur pro- - prietélafumeeduvin.EtvoL la quant à l’air. ^

Le fécond point du regime: Le boire mâgct & âu boirev:

&man- Il faut donc fçauoirles viades. §er. qui font propres j & celles qui

p'euuentnuireàla veüe. O nie doit abftenir en general toutes viandes grofîieres , vif- queufes , vaporeufes , faleeSj venteufeSjdouceSjpicquantcs & pleines d’cxcremens : il faut s'accouftuinerà mâger moins au fouper qu’au difner.

Le pain doit eftrede pur^-eF^ froments bien leué& Vil peu faîé 5 auquel on y pourra met^- > tre de l’anis ou du fenouil > ne le faut iamais mâger chaud ny qu’il paffe trois iours . Le pain {ans Icuain nuit extrême¬ ment à la veüe > & principale-' ment s’il yade l’yuroye. eat on tiét que ryfagc de l’yuroye fait perdre la veüe . l’a'y autre¬ fois leu vn plaifànt traiét dans Plaute dVn valet , qui n’ofant appeller fon côpagnon aucit- gl e , luy repr O ch oit qu’il auoit mangé de l’y uroyç.

Les chairs quife cuiftnê

VeP excellence de la yeüe,

fort aifément & qui n’abon¬ dent pas en humidité fuper- fiuë font les meilleures, com¬ me celles des poulets, chap- ponsjgelinottesjperdrixjphal fans, tourterelles , allouetîes, pigeons rauuag.es, &: autres oileaux de môtagne , lerquels on peut entrelarder de fauge ou de l’hyfope des môtagnes. Il y a certaines chairs qui ont vne propriété de- fortifier êi efclaircir la veüe , comme les chairs de piejd’arodellejd’oïe. des vipères bien préparées, loup, de bouc, desbifeauxdc proy e . Les Arabes remarquêt que les yeux des animaux par ienefçay quelle propriété ÔC fimiiitube confortent la veüe. ils fe feruent bien fouuent des chairs d’arondelle & de pie fechees au four , ôc en faul- poudrent leurs viancks . Ils

moyen delà cen fer Mer. 82 nous defFendent iVfagc des groifes chairs, corne de pour¬ ceau, de Heure, de cerf.

Les poiflbns, fi nous voulÔs Lespoir croire le Prince des Arabes, font ennemis des yeux j mais ie croy qu’il entend de ceux des eftâgs, qui ont la chair vifi queufe, ou qui fontfalez ; car ceux qui ont la chair ferme, comme truittes , rougets , ^ femblables, ne font pas con¬ traires. Les œufs frais & mol¬ lets auecvn peu de fucrc 6e de - canelle efclaircifientmerucil- ieufement la veüe , mais s’ils Ibnt fricaflez aucc le beurre nuifent infiniment.

Toute viande depafte, pa- ftifleries bc lai(5tages nuifent aux yeux.

Quâtauxfaleures,efpiceries & faulfes, toutes- ne font pas Seisarti.

dejffendues. Nous faifons des

VerexcelleneèdeUheue^ fels artificiels qui Tcruerit mer- ueilleufement à efclaircir la veüe: on en doit faler ordinai- rernent les viandes. Le fel the- riacal eft trcrexcelleiit, auquel; on pourra adioufter de la noix mufcade , de fon efcorce qu’5; appelle , du girofle &du: fenouil . 11 Te fait aufll du fel d’euphrafe en çefte faço. Pce^. nez du fel commun vne once^ de poudre d’euphrafe deux dragrrteSjde eânellej&d’efcor^: ce de inufcade le poids de deA my efcu jmeflez le tout enfema ble & en falez vo^ viandes.il y en a qui adio u fl: ent à ces fels la chair de pie roftie au four. ' ^ irpice- ‘Les fortes efpiceries , comme des. gingembre3pQiure3& mou- flarde nuifent aux yeux : ilfe faudracontenterdelaniufca- de, girofle 3 Ganelley auec yil peudefafraa.

T ous legumes font fort cô- traires àh veüe, horrmis les lupins qui aident par quelque propriété*

Pour le regard des herbes, her» >Gn recômande pour les yeuXbes. le fenouil , la fauge , mar j olai- -ne, rofmarin, betoine,mcthc, ferpoület, les afperges,la pim- pernelle, cichoree, perfel .* on deffendaucôtraire lalaidtue, le nafitort * ranetli, le bafiiie, pourpierjporeede chou, aulx, -oignons, &: toutes les racines qui ont bulbe , comme- aulfî les truffes & champignons*

Les Arabes qui ont efté meil¬ leurs potagers que les Grecs, recommandent les naueaux: il elî vray qu’il y faut touf- iours mefler du fenouil ou de -i’anis, pour ce qu iis font fort venteux. Les

Les fruids cruds & qui ont finiras:

beaucoup d’humilité nuifent àla vcüe: on pourra à l’entree de table vfer de pruneaux cuits, & au deiTert d’vne,poirc ou d’vn coin bien cuit pour fermer l’orifice del’eftomacb, èc empefcher que les fumees nemôtenr. Ilneferapasniau- uais de prendre apres le repas vnpeu de fenouil , ou d’anis GÔfir,vn morceau de cotignac de mirobolans, denoixmuf- ' cade confite . Les*figues & les raifins ne font pas deffendus; fiXont bié les noix,les chaftâi- gnes 5 & les oliues trop meu' res. Voila pour le manger. ,

Le boire Quant au boire nous y de- uos remarquer deux chofes, la laquan- ^luantité, ôc la qualité. Pour la tiré. quantité ce grand Médecin Archigenes difoit qu’en tou¬ tes maladies desy^ux le trop boire eftoit dômageable.Pour

Cr du moyen de U conpruer. 8 4 laqualité, AriftoteenfesPro- Laqua-; blemes efcrit , que ceux qui boiuént de l’eau ont la veüe plus fubtilejToutesfois Aui- cenne & Rhazis codamnent l’vfage de l’eau , & croy qu’ils ne font pas delpkifir à plu- fieurs bons compagnons qui aimeroient autant perdre la veüe que le. vin.II faut pour les accorder boire le vin fort trê- pé^ac choifîr vn petit vin , qui ne foit point piquant , ny va¬ poreux: les vins doux Si nou- ueaux font fort fumeux, les gros vins arreftent trop long temps àfeftomac, &:enüoyét grande quâtité de vapeurs au yins ar- cerueau. Nous faifons vn vin tifidels. artificiel de i’euphrafe qui eft tres-fingulierpour la côferua- tion de la veüe. Arnauid de Villeneufiie grâd Médecin af- feureauoir guary vn vieillard

DeT-excellencedehyem,

■quafi du tout aueugle, aucc iefeulvragc du vin oeufrafe, ou bien on pourra ietter vu -bouquet d’euphrafe dans le vin qu’on boit ordinairemét, ou comme i’ay défia dit , de la pimpernelle, àc des fleurs de bourache.; car outre ce qu’ils refiouiiîent par leur couleur la veüe , iis feruiront à purifier les elprits , & reprimer les va¬ peurs du vin : ce font herbes Hydro- comunes ôc qu’on trou-

mei. ue en toute faifom Ceux qui ne voudront b oire du vin vie- ront d’vn hydromel fimple, ou encompoferont vn en ce- fiefaçô. Prenez quinze Hures d’eau de cifterne ou de fontai¬ ne, vne Hure de bon miel, mé¬ fiez le tout dans vn pot y ad-, iouftâtdu fenouilsdei’euphra- fc & du macis, enueloppez dâs vn nouet le poids d’vn efcu, faites

âu msyen àe h cônfemer. iy faites cuire le toutjOitantrei^ curae du miel iufques à ce que le tiers foit confommé. t * Au veiller &c dormir faut garder vne médiocrité : le veiiks. dormir trop profond nuit j le dormir du Midyrendle vifa- ge boulfij trouble la veüej ôc appefandt touîle corpsiil faut dormir fur les cofteZj&la telle alTez hautc. Les veilles excef* dues diOSpent les efprits , re- froidiflent le cerueaü , êc nui. fent infiniment à la veüe.

Il eft bon de Ce coucher trois ou quatre heures apres le fouper 3 6c: fe leuer allez ma- tin^fepourmenerparla cham¬ bre, toufTer, cracher , nettoyer les oreilles, purger le corps de fes ex crements ordinaires ; ôc apres il faut peigner la telle touuours en arriéré, la tenir bien nette . 6i ne deuonspas,

H

excellence de lal>€ue\ comme on a acouftuméjlauer le vitâge ny les yeux d’eau froid ej car le froid eft ennemy des y eux 6c du cerueau; il vau¬ dra mieux y mettre vn peu de vinblâCj auec Feau de fenouil 6c d’euphrafe tiede.

L’exercice modéré de tout uèxfei. le corps eft bon au matin , 56 nepeut-on viure en faiité(co- me remarque Hippocrate) on ne trauaille , pour diffîper les excremens de la troifîelme digeftion.

Les particuliers exercices feruiront aufîijCommeles fri¬ pions des cüifTes , 6c des iam- bes, pour diuertirles.vapeurs qui montent aux yeux.

Exercice ycux ont leur parti-'

pamcu-culier exercice : le m©uue- iisrdcs i^ent trop foudain 6c circu- iaire les aflfbibîit; de les tenir longuement fichez en vn lieu

du moyen de U eonpfiisr. B€ & comme immobiles, cela les lafTe cncores plus , pource qu en ce mouuement tonique toutes les fibres des fix muf- cl es font egalement tendues, comme nous voyons aux oi- fèaux qui fe retiennent en fair, Tans bouger- Il eîk donemeii- ieur de les mouuoir , pource que les mufcles .faifans leur adion fuccefiiuement , fefou- iagent l’vn l’autre . Il n’eft pas bon de lire beaucoup, princi¬ palement apres le repas, ny sa- mufer à qu elqu e lettre m enu ë, ou à quelque autre befoigne bien deliee , pource que la fa¬ culté &c forgane trauaillcnt beaucoup apres ces petits 6b- jeds . Il ne fâutpoint regarder les corps qui fe meuuent de viftefTe, ny qui toiirnent en rond.

Toutes paflîons de Tame

Hij

Fafïïons de i’ame

LC vctre doitcftre lafclî®.

Di l'exceiiem^ de U lieue» nuifent beaucoup à la veiiCj mais entre autres la melaa- choIicS^ les pleurs.

Le ventre doit eftre touC- iours lafehe en toutes mala¬ dies des yeux : ce qu Hippo¬ crate a remarqué , par Texein- ple des ophtalmiques, & de ceux qui ont les yeux ehaf- lieux, Que s’il eftoit troppa- reffeux, il le faudra foliieiter auee tourpkin de péris reme- d es bénins, comme bouillons laxatifs , pruneaux ôc railins laxatifs 3 clyfteres ienitifs , Bc Vautres,. On fait cuire les pru¬ nes de. ^amas dans yn firqp auec le fené , l’agaric Sc le fuc- cre.*omen prétquatre ou cinq deuant le repas au matin.

Remedes choifii pour la ço^pma- tton de U t ordre qtt on

doit ohferuer en les appliquât.

dit moyen de U confemer, E7 Ch A P, Xîiiî.

Autât que l’affoiWif^ feraér delà veüeviêt ordinairement^ou de rintéperaturedu cerneau ,011 delà mauuaife difpofition de l’œil : Le Médecin ratio nel &: méthodique doit touûoers auoir eigard à ces deux par¬ ties; le cerueau s’il eft trop lio- mide doit eftre defeiché 3 èc l’œil qui eft debüe doit eftre fortifié. Platon en vn de fes Dialogues nous aduerritjqu il ne faut iamais feicher ny for¬ tifier l’œil par remedes exter¬ nes 3 que la telle ne (dit pre¬ mièrement purgee. Mous co- mencerons doncà vùidcrce- ï fie tcftej&r pource qu’il eil mal f aifé de la bien purger, fi tout le I corps qui luy enuoye ordinal- H iij

excettenee de la yeüef renient des excrements n eflî bie nef, il faudra choifir vn re- medcj qui puifTe en purgeât le cerueau euacuer doucement tout le corps , 6c qu’il ait aufiï quelque propriété pour i’osiî. Xa forme des pilules eft la plus propre pour ce^ effeâ:. Les Arabes recommandent les pL luies elephangines,.d’agâric,S5 celles qu on appelle lucis met- tores ^ minores , nous en pour¬ rons drelTer vne forme de ce- fte façon. ' ,

DeCcn- Prenez de l’aloë bien lauè pluies.^ en eau de fenouiLôc d’euphra- fe trois dragmes, de bon aga¬ ric vne dragme 6e demicvde rubarbe vnedragme, d’efeor-^ cédés mirabolis citrins frot¬ tée en huile d amâdes douces" quatre fcrupules^ du fené de ieuant bien puluerifé vne dra- 1 gme, de maftic, gingembre 65

du moyen de U confemer . 8 8

caneile^de cliacun demy fcru- pulcjde trochifqsalâdal cinq OIT iix grains paur fernir de pointe, malaxés îoüt cela auec lefucde fenouil &iefiropde fléchas , en faides vne maf- fe, de laquelle faudra prendre Tne dragme deux fois le mois, ou le foir,ou le matio.ou bien;

Prenez de la pou dre de hie- re deux dragmes, de bon aga¬ ric quatre fcrupuîe's , du fené vnê dragme , de femencc d’a-^ nisj fenouil, &c fefeii de chacu¬ ne demy fcrupule , du macis, eanelle & delà mirrhe,de cha¬ cune cinq grains, auec le miel roj[at,anthofat, &heaudefe- nouiijfaites en vnemafTe de en prenez vne dragme toutes les fsmaines. Ceux qui ne peuuét aualer de pilules vferont de ce firopmagiflral. «J»?

Prenez racines de fenomi,

H iiij

^eTtxceUtnce deU'^e'êei d’acorus5&: d’heleniû, deeha- cune vne once , de fueilles d’euphrafe , bethoitie , fume- terre , mercuriale, eickoree, germendreejVerbenCjde cha¬ cune vne poignec", vne dou- 2;ainede ralfinsde damas, & autant de prunes , femences d’anis & de fenooildeuK dra- gnies , ileufs de fâugCjftechas, romarin,6e d’euphrafejde cha? cime vne petite pGîgnee . Fai¬ te cuire le tout en eau claire,& rayant coulé adiouftcz y Tex- preiîlo de trois_onces de fené, qui auront infufé long temps en la {ufdiâie decoétion tiede: l’cxpreiEon d’voe once d’aga¬ ric aiiec vne dragme de giro¬ fle, dtautât de canellc:Faiâ:es recuire le tout auec fuffifante quantité de fucre, iufqua qu’il ait la confilfeirce dVn fy- rop bien cuit , aromaûfez le

Cÿ- mtyen de U cônferuer. âuec demy dragme de noix mufcade' &: autant de ia pou¬ dre diarhodô. Si on y veut fur la fin mettre de la rhubarbe in* fufee & fort exprimée le poids de demy once , le fyrop n en fera que meilleur On en prendra tous les quinze iours la quâtité de deux once&î-plus ou moins , félon l’effeâ: qu on en verra , auec vn boiiillon ou auec vne décoction capitale & oculaire.

Lesclyfteres freqüens féru et clyfte- à toutes maladies des yeux^ d es aureilles3& de la tefte.

Si le ceruèau eftoit par trop humide, Se que la températu¬ re du corps n’y refiffaft point, l’vfagè de i’efquine ou de la faîfepariiie feruiroit beaucoup aions y adiouftantdes fueiiles d’eu- phrafe & de femence de fe- nouil . car en confommant les H V

De l'excellence de U heüel -

humiditez fuperflues de tout le corps, il fortifieroit le cer¬ neau & l’œil: ie croy que l’vla- gedu falafras quia l’odeur de laniSjferoit encoreplus pro- pre.

Le corps eftant purgé par ces remedes vniuerfels j on ponrrolc apres^ auecplusd’af- feurâceeuacuer le cerueau par la bouche &: par le nez, qui sot les côduits ordinaires que na¬ ture a deftiné pour fon expur- MafUca- gation 5 rapprouuerois bien tofres. piQs les maftlcatoires que les érrbiaes , pourc.e que le nez a vne fort grande communica¬ tion auec l’œil par ie trou dit grand angle, :de forte que tirât âuec violence quelque fuc par le nez 3 nous pourrions attirer à iœilqui eft ia partie malade;, c’eft auîïi l’ordonnance de ce ■grand Médecin Hippocrate à

Ê?» du moyen de U conprufr., yo la féconde fedion du fixiefme des Epidémies. Il faut (dit- il) diuertir les dcfluxiôs des yeux au palais &: à la bouche.il vau- droit donc mieux mafeher quelque chofe , côme des rai-, fins de damas arroufez d’vne goutte de reffence de fenouil.

GU biê on pourra frotter le pa- lais au ec ladite effence,, ôc.fa vapeur môtant iufques au cêr- ueau & à l’crif les fortifiera, êc ne laifiera pas d’attirer.

Les frictions de la tefie fai- tes en arriéré auec desfàchets, les parfuns, Sd les bonnets ar¬ tificiels que nous defc rirons au chapitre du catarrhe eua- cueront le cerueau par infenfi- Lie tranfpiration,

. Hippocrate-, aux maladies Vento®-; des yeux applique des vétou- fes au coi , à i’occiput, aux ef- paules ôc aux fefiès. .

H vj

IDe hxcellenCÊ-Ae U ye'üe^

Il ne faut pas oublier pour reuacüatioii particulière de la tefieles cauteresdieft.vrai que les Médecins ne font pas d’ac¬ cord du lieu Ion les doit mettre . Il y en a qui les appli¬ quent au deffus de la telle, mais ie tics cet endroit vn peu fufpe(5t,&: enay veu arriuerde fiifcheux accidentSjà caufedu pericrane qui peut eftre brullé Il le cauilique pénétré trop; i’aimerois mieux le mettre au derriere.carla reuullion en fe- roiî meilleure , puis il ell tout certain que la fource de tous les nerfs eil au derrierej lîeob tresbelle obferuatiô,

Cetnado ^ que fort peu de gens ont re- je lori- marquée, ie fay fouuent mon- - f Uree aux anatomies publiques & priuees . Ilya vn Médecin I tâlicn qui fe v ente d’en aiioir eiléle premier autheur,mais^

du moyen de Uconfenier, 5)« i auois leu il ya long temps ce- fte obreruatiô dâs Hippocrate âuliurede lanature des os. Ce cautere fe doit appliquer iijon tieu pro pas fur Tocciput , car il for. droit rié^mais entre la premie: quer les &. fécondé vertebre.-c eft cautere* auffi oùloa mecordinairemét les fetôs. Aux maladies inuete. rces des yeux i’approuuerois pour la deriuation 3 les cautè¬ res appliquez derrière raureil- lejpouree que les rameaux iu- gulaires 8c carotideSjd’où viê^ nent toutes les veines ôc artC' res externes de Tœil j paflent par . Voila , à mon aduisjles moyens les plus propres pour Teuacuatio tant fenfibls qu’in- fenûbie de tout le corps, de la tefte.&: des yeux. le n’ay point parlé de la faignee , pouree ' qu’ elle n’a point de lieu icy 3 ôe tant s'en faut qu’elle puilTe

Vt t excellence de U’Veuef profiter à ceux qui ont la veüé debile, qu’elle i’affoiblit d’a- uantage, euacuant le rangjqut eft le threfor de nature ôc le fuc qu’elle chérit le plus , Aux grandes douleurs , inflamma¬ tions , & defluxions foudai-» nés, elle peut feruir..

Apres reuacuation il faut penjfer à fortifier le cerueau & l’œil, 5c à cela feruiront les opiates , tablettes, ôc poudres qui ont propriété d’efclaircir ôc fortifier la veüe , la théria¬ que 6c le mithridat font fort * recommandez à ceux qui ont : le cerneau U les yeux fort hu¬ mides,

ïteme- Les eonferues aufli des fleurs des pour bethoine , de fange , de ro- ; sc efgui- marin, êc d eupnraie.Oii pour, feria' ra compofer vne opiâte àla

veüe. r , r

façon qui s’eniult.

Opiate. . Prenez des eonferues des.

^ ài mdyen de U conferiiir. fleurs d’euphrafe, debethoinc & de romarin , de chacune vne once, de theriaque vieille trois dragmes , conferue de rofes demie once , de la pou¬ dre de diarhodô vne dragme & demie, du macis deux fcru- puleSsaueeleTyrop deconfer- uede citron , en faut former' vne opiâte, & en prendre bié fouuent le matin au fortir du

lia, ' w-è

On pourra auiïî faire vne Confe- confe(^ion auec deux onces de fucre rolat, ôc autant de fu- cre boragenat, auec deux dra- gmes de la poudre diarho- don,& demy dragme de pou¬ dre d’euphrafe , bethoine S2 fenouil, qu’on pourra prendre le matin.

Le foir en s’allant coucher PoH^re^ on vrera de ' certaines dres, afin quç lear force foifcfoir.

Lgme

char

fem<

Cr'àu moyen delà conferuer, 53 & mirabolans confits de cha¬ cun deux dragmes , de l’eu- phrafe feiche vne dragme, du macis demy dragme, du fuc- cre rofat tant qu’il en faudra: fai â: es en vn condit, duquel prendrez yne cuiileree apres chaque repas. :

Les Arabes. recommandent fort-cefie pondre pour en vfer apres les repas : Prenez vnc dragme des trochifques des viperes 5 quatre ferupuies de poudre d'euphrafe,2.fcrupules de fenouil doux , vn fcrupule des pierres qui fe treuuêt dans les yeux du brochet , quatre onces de fucre rofat, àc en fai- . tes vne pouldrc.

Voila quant aux remedes internes qui feruent pour ef- claircir & fortifier la veüe: il faut maintenant venir aux terneSjqui font les eauxjcolly- externes res^vnguets , Il y ena yneinfî-

Eau di- âiilee.

Ve Pexceîlenee de U ‘\eUe,

nité de recettes, mais i é veux mettre trois ou quatre des plus exquifes & qui font expe. rimêtees.on fciauera le matin les yeux de ces eaux diftillees. Prenez les fommitez de£e- nouiljde ruejeuphrafejVeruei- ne,tormentile,.bethoine^ rô¬ les fauuages, de l’anagalis ma¬ lle, pimperneilej^ efclaire, agrb moine j eheure-fueiile , hy fo- pe des montagnes, du filer des montagnes, de chacune deux bônespoigneesjcouppez tou. tes ces herbes bien menu, S2 les faites infufer premieremét au vin blanc, puis en rvrinc d’vn ieune garçon bien. fain,S£ pour la troifiefme fois dans le îaiâ: de femme: en fin dans du bon miel: 6e apres faites difiil- ier tout cela, &*gardez bien foigneurèmêtcefte eau, iettez en tous les matins vne goutte

du moyen de ia e&n/èruef. dansfœiU.

On pourra auffi tous les ma¬ tins fe îauer les yeux d’vn vin dans lequel on aura fait bouil¬ lir du fenouil, de l’cuphrâfe,S2 vn peu des mirabolans che- bules.

On fait vne eau des fucs d’a- nagalis mailoi de fenouil, ver- ueinc , pimpernelle, gcrman- drce , efclaire , rue : on y met apres du girofle, du macis, de la noix mufçade,deux ou trois dragmes , & ayant fait infufer le tout dans du vin blanc, ou le faid diftiller aucc du bon miel.

le trouue ce remede que ie yai defcrire fort bon pour c5- feruer & fortifier la veüc. Pre¬ nez de l’eau d’euphrale & de rofes bien diftillees 4. onces, aiez apres deux ou trois petits npuets dans lefquels il y ait

Autre

eau.

Remede propre pour lit Ycüev

Ve l’excellence de Ul/eüë, vne dragme demie de tu- thie bien préparée & vn fcru- pule debonaloës; trempez ces noüets dans les cauxfuf- dites, & enlauez tousl es Coirs vos yeux.

L caa da L’eau qu’on appelle du pain pain ex- eft tref-excelîente:on fait vnc eeikiue. p^fte auec de farine Ü y a beaucoup de fon ^ ôr de pou¬ dres de rue, fenouil, Ôc dei'ëf» claire qu’on appelle grande chelidoine : de eeftc pafte on en fait vn grâd pain qu’on fait cuire au four , eftant cuit toüC aulïi tofton le fend en deux, & le met on entre deux plats d’argent ou d’eftain fort bien fermez , de forte que la valeur; n en puiffe fortir, il en fort vné: eau que l’on doit conferuer pour les yeux , l’extradion du fenogrcc auec le miel eft fort recommandée.

L eau diftillce des fleurs

. -f . y J

bleues qu’on appelle bleuets qui croiflcnt parmy les bleds jeftcxcellentepouriaconfer- uation delà veüe.

On prend aufTi la tige du fe¬ nouil vn peu au defl'us de la racinejonia couppe &: la rem¬ plit on delà poudre du fucre jcandi, il en lort vne liqueur qui eft bnguliere pour les yeux,

lelouëfortlVfagede celle eau que ie vai defcrire.

Prenez vne liiire &: demie Eaa. de vin blanc 5 &autâtdebon- aeeau rofe, vne once detu- tbie bien préparée, demie on¬ ce d’efeoree de muguetteap- pclleemacis : mettez tout ce¬ la enfemble dans vne fiole de "verre bien boucheej di i’ex- :pofezau foleil ardant refpaee de vingt iours , la remuant tous les iouts iufques' à ce qu’elle deuienne bien claire.^

jD e /* excellence de la "iieUèy

Vnguft y ^ vn vnguent fingulier

pour les pour la conferuadô des yeux.

yeux. Prenez d eux onces de graif'

fe de pourceau bien recente, faites la tremper dans l’eau ro- feTeipace de fîx heures, puis relauez la par douze fois dif- ferentes,auecdu vin blanc du meilleur <jue pourrez trouuer, par i’erpace de cinq ou fix heures,adiouftez apres à celle grâilTè de la tuthie bien prépa¬ rée & fort fubtilement pulue- rifee vneàs^e,de la pierre hé¬ matites bien laueevn fcrupu- le, d’aloës bien laué & pulue- riie 12. grainSjde perles pulue- rifees trois grains dneorporez le tout enfemble auec vnpeu d’eau de fenouil. Se en faites yn vnguét,duquêl en mettrez fort peu aux deux coins des y eux. Il y a tout piain d’autres remedes externes qui peuuéc feruir aux y eux, corne eollires

âu moyen delà conferuef. ^ S êC poudres qu’ô /ouffle dedâs, mais ie ne les trouue point fi à propos que les eaux.

Les Arabes vfent pour la conferuation de la yeüe des tefte. lauemens de teûe, mais il n’eft pas trop bon au mal des yeux demouuoir le cerueau: le la- nemétfe pourra faire en celle façon. Prenez de la lexiue fai¬ te des cendres de ferment, de fueilles deftechas , bethoinc, euplirafe, chelidoine, chamo- mille , de chacune vne poi¬ gnée, d’agaric & mirabolans, chebules ,liez en vn drapeau, de chacun deux dragmes, fai¬ tes bouillir le tout iufqu’à la côfomption de la quatriefine partie , &en lauez la telle, ou bié prenez de l’eufrafe fechee & la reduifez en cendre, y iet- tât de l’eau d’eufrafe, & en fak tes vneléxiue.

Voila les moyens auec ief-

l*€X. de U ‘\eîk^ iQ;-’ du moyen quels nous conferuerons k Veüe, principalement fi la di¬ minution vient -d’vnc trôp grande humidité du cerneau ^ des y eux 3. comrne eft celle deMadanie la Duéhefied’V- :fez, à qui ce direours eft par ti- | culierement dédié. lenedef- îcris point les remèdes qui sot appropriez à chaque maladie de Tceil , il me faudroit ein- ploier trop detempSji’ay voU'- lu feulemct drefifer ce régime general qui feruira de patron pour les autres maladies. Mo- fieur Guiiiemeàu Chirurgien du Roy en a fait vn traiélé fort dode auquel on trouue- a:a les plus exquis remedes des anciés & modernes autheurs: lerenuoiray donc lele<51:eurà fon Hure qui eft en langue v ul- gaire.

Fin du-^remier DîJcouns^

SECOND

i

s B C O H D D I S Ç O V R S.

AVQJVEL ESÏ T R Aie te'

des maladies melancholiqtres,

& du moyen de les

%lm l^homme efi "Va XtÆ ^

Ut't^ue^ ayant trois pmjpint^ '

^particulier esj Hmaginima,

C H A T R E '’^

BE Sartafin Ab'dalàs- eftantimportuaé, <82 GÔme forcé de dire, qu’eft-ce qui! troü- tjoit de plias admirable au mo¬ de , re^aondit en fin braue- lïienr, que rhoname feul eftoit par deâus toute merueille. Refponfe à. la vérité, digne 4’yii grand Philolbphe,&: noa

Des maUdies melanchoIi^ueSy touati- d’ vn homme barbare ; Car Kômc 3.yant enfon amegra-

ueel’iaiagede DieUj&repre- fentât en (on corps le modelle del’ vniuers , peut en vn inftât fe trâsformer en tout comme , -vnProtce, oureceuoiren vn moment corne vn chameleon l’impteiïîô de mille couleurs. Phauorin ne recognoift rien de grand en la terre que l’hô- medes fages d’Egypte rôt vou¬ lu honorer du tiltrede Dieu mortelîMercure trois fois grad rappelleanimal plein dcdiui- nité, meflfagçr des DieuXj fei- gneur des chofes inferieures, familier des ïuperieures i Py- thagoras mefure de toutescho fes; Synciius orizô des chofes corporelle^ &: incorporelles; Zorôaft er par a dmiratiô le pu¬ blie par tout effort & miracle de naturejPlatô merueille des

^aumoyen deles guarir. pS merueillesj A riftote , animal politique plein de raifon & de côfeii, qui eft tout, ayant tout par puifsâcejnon pas matériel¬ lement, corne vouloir Enipe- docîc, mais par réception des efpeces : Pline , ioüet de la na- ture,tâbleau de l’vniuerSjabre- du grand mode, Parmy les Théologiens ily enaquii’ont appellé 3 toute créature, a au¬ tant qu’il a communication auec tout ce qui eft créé , il a i’eftre auec les pierres, la vie a- . uec les plates, lefentimêt auec lesbeftes , l’intelleâ: auec les Anges . les autres l’ont ho¬ noré de ce beau tiltre de gou-^ uerneur vniuerfcl, qui tient toutes les créatures fbubs fon E mpire, à qui tout obéit,

& pour qui tout r-yniuerseft vient créé: c’eft en fomtpç le chef d’œuure de Dieu, leplus/hômc!

“I.i;.

D^s mddàes meUnchoU^ues^ 1

noble de tous les animaux. ! Or cede excellence qui le fait reluire fur tous , ne def- pend point de fon corpus, encores que ce foit le mieux formé 5 le plus temperé, & le mieux proportionné qui foit i

au monde , feruant aux autres j d’vne reigle de Polyclete , èC i aux archited es comme dVn j exemplaire pour tous leurs j baftimens. cefte nobleffe , di- je, ne prouient paS du corps qui eft materiel corrupti¬ ble, fon extradion vient de plus haut : c’eft rame feule qui l’anoblit , forme du tout L'exoel- celefte ^ diuine , qui ne fort knee de pas dc la puiflance de la ma- 1 home. ^ comme celle des plan- |

tes ôr desPbedes ; Elle ed creééde-Dièu 5 ôryiét du cièl, pour gouuerncr le corps auf- ;

. Îî toil qu’il eft orgariifé , fes

eÿ- du moyen de lesgüdnr. 5>5> allions nous rendent afTes de preuue de fa nobleffe , car ou¬ tre la faculté vegétatiue &

fenfitiue. , elle a rinilTàn-

ces particulières qui i’eile- uentpar delFus les autres ani-^ trois maux : rimagination^la raifouj - & la mémoire. La raifon eit ces no- la fouueraine, les.deux autres pource qu’elles la feruent or- - dinairement, rvnede ràppor- teurd’autre de greffier , iouyf- fentdes priuileges denoblef- fc-^ logent dans la maifon Royale, & tout auprès delà raifon, l’vne en fon anticham¬ bre 5 l’autre en fon cabinet.

L imagination reprefente Imtelleét tous les obieds natioit quelle a receu du fens com¬ mun, Se: rapporte ce que les ef- pions ont defcouuert; Sur ce rapport rintcllect prend fes conclufîons j q’^i bien

"Des maUdies meUncholtijueSy

fouuent fauiïès quand rima- ginatiô rapporte infidelemêt. Et tout ainfi que les plus adui-

rcipifcaitv©^ font bien fou-

uent de foies entreprifes fur vn faux aduertiffèment ; ainfî ' la raifon fait bien fouuent de fois difeours fur le faux rap¬ port de fa fantafie.

Il a certains phÜofopbes Opiaioa Greçs qui ont voulu ofter ce titsTGrecs tiltre de noblefle àrimagina- tion / & fe font efforcez de la- de rima- rendre âufli vile, que les autres: gmauo. fenfibles: i’en ay au¬

tre fois J eu deux opinions: la , première eft de ceux qui pen- ïent que rmâginàîion ne dif-: fere pas du fens commùn.* l’autre eft de ceux qui difent que ritnaginatio eft aufïi bien Commune aux beftes qu’aux hommes; celaeftantjquonne la doit point appeller noble»

^ âu moyen de les gadrlr. loo Mais ie feray voir à vh chacû Erreur comme ils feroritlourdement abufez. phes.

Tous ceux quife font méf¬ iez deî)ien pbiîofbpher, tien, nent pour relbîu quéiimagi^ nation eft quelque chofe de plus que le fens commun ou intérieur , qui iuge de tous les obiêéts externes ^ Sc auquel cômnie au centre fe rappor¬ tent toutes les efpeces fenfi- blés : car le fens commun re- DitFcré- çoit iés^erpeces en mefme reps n^agf- qué-ies Teris , externes ; & auec «aciô & la puiiTànce ( s’il faut parier en 1-5^^ termes ' fchblàftiques ) reale de Tobjedïjmais l’imagination les reçoit- ^ retient fans la prefence de l’objeft; L’ima¬ gination compofe ôc ioint les efpeces enfemble, comme defor SC delà montagne el¬ le feint vne' montagne d’or,

I iiij

' VesimUdiesineUnchoîiques^ ee que le fens eômun ne peut faire : le iens intérieur ne peut comprendre que ce qui eft ap- perceu parles fens externes,, mais l’imagination pafîe plus outre; car la brebis ayant v en le loup le fuit tout auflî, toft, comme fou enneray;cefte ini¬ mitié ne fe cognoift pas pat les.fens;, ceneft pas yn objedtj fenlible^il n’y a que l’imagina- , îion quila cognoifTe.G’eft dô- qu çs-y ne puiflance bi endive- - rente du (énsÆommun , quife- trouue véritablement aux'be- fics, mais elle ne -,s’y trouue pas en merme degré-de perfe— dio qu’aux hômmes;V leyéux BiSbe- cHâfeûiî yoyeda-ddfs'-I

ce entre rence qu’il y a entre l’imâgi-j nation des beftes, ^ celle de^' rhSmc^ hommes . L;imagination des! & celle b ch es D e ieuf jCert qu e pou t fuL , utC; lès. mounemes:

^ du mùym de lèsgtunt: ïoi Herappetitj & n’eft addonnee, qu ala prâîique,e eft à dire, ou a la pourfuite de ce qui leur fert, ou àlafuite de ce qui leur peut nuire-, L’imagination de l’homme fert ôr à la pratique _

& à la contemplation * L’ima¬ gination des beftes ne peut feindre aucune image ^hnon en tâî qu’elle îuy eft prefenteî l’homme a la liberté dèeoce- uoîr ce qu’il Itiy plaid,, & enco- res qu’il n’ait d’objeéts presés il en va prendre dans le thre- fotqui eft la- mémoire tant qu’il Iuy plaift . Les beftesdma- Troifîé? ginent- feulement quand-elles font en exercice. Si: non pas. hors de l’ceuüre;. l’hoiiime cw tout temps.- &eii toüteheufer’ peut imaginer .- La-h efté ayant: imaginé fe meut tout aulfî toft J & pour(uit ce à quoy Ton. ; appétit, l’incite. 5 l’homme- nd;

L V.

Cînqui-

cfjTie.

Sixief-

me.

Verms t^e Tiiria tiiaÆtiô

fuit pas t. iifiours lesmouue-, meus de fon appétit, il a la rai- fon quii’arrefte,& recognoift bien rouucntfa faute. L’ima- gination des belles ne corn- pofe point des montagnes d’orjiie forge point de chimè¬ res, d’afnes volanSy comme- fait cellp de l’homme. En fin limaginatiô de l’homme fem- ble participer de quelque dif- ' c.ours auec l’intelled. car ay ât r veu vn lion peint , il reco-v gnoift qu’il n’en faut auoir peur, &fe ioignantenmefme , inûant aue c la raifon le raf*. feure. Voila comme l’imagi- ; nation de l’homme s’efleue fur celle des beftes, SZ pour- ; quoy ie la mets au rang des puilfances nobles de rame.:; Xes Arabes l’ont tellement ^: exâltee, qu’ils ont creu que l’a- : ^mej par la vertu de limaginar :

^ du moyen de les gmrif. loi tion pouuoit faire des mira¬ cles, percer les deux, forcer les eleméns, planer lesinonts,

& montagner les plaines-.bref quelle tenoit fujettes ôelous fon empire toutes les formes materielles dis appelloient ces âmes ennoblies: C ’eft donc la^ première puiirance de lame " que rimagination.

L’intelleâ: fuit apres qui lafcco- s’efueïllc par le rapport del’i- maginatiôr^ qui rend les cho- rame , fes fenfibles, vniuerfelles, qui difcôurt'^& prend les conclu- lea:. ' fions , qui procédé des effeds auxcâulbs;6cdescommence- menSyp'at les moyens, iufqués aux fins. Les Phiîorophes ont difiingüé cet intclleâ: au paf- ^n^'^^* fible,& àragent.-le pafiibie ou patient eft celuy qui reçoit lés ' clpeces routés pures &: dcf- pouiile GS de Je u r m aîlc ? cM qui

Üe-smdkdiesmelkncJiolt^iiesl eft comme lefujed déroutes; LWcnt. les formes: l’agent eft comme vne lumière qui efclairc & par.: faitie patict: de forte que î’vn,; fert comme de matière , &: l’autre de forme, & de tous; ï,arais6. deux eft faite la raifon, par tie:^ fouueraine del’ame;, parti cu*^ liere à l’hôme 5 qui peut beau-, coup fans le corps , & à qui le, corps fert bien fouuentd’cnr- pefehement ^ leple imrôate-::; rielle, impaftibîeÿ immortelle,;*

; d ifè rente des fe n s ^ d e tou - , tes avions corppreiies , pour- ce que le fens fe cof rompt par VU; objeeft excellent 5 comme l’ouy e par yii fon im petueux, ; legouft par vne faueür extre- . mejla veüe par vne blancheur exçeffiuejtefmoin en eft le Ty. Coffime ran de Sicile , qui aueugloit ; difiîre ° P^reefartificetous fesprifon-^ gàeifens. nie.rs i mais ientendement^

ér dit ffioyen de lèigtunr. toy plusl’objed exceilent^plus il fe rend parfait ôc s’cnnobiit, la contemplation des chofes hantes & diuinesle. rauit , c’eft fon plus grand contêtement, c eft tout fon fouuerain bien. G’eft cefte feule puifTance qui erpift à mefufe que le çarps deefin€,qui montre fa- vigueur lors quejes mebres défaillit, qui fe tend &: roidit lors que- tous les fens font.lafchez ^ qui- voltig-e parlair & fe pourme- nepar rvniuers lors qlc corps eft immobile , qui nous fait en, dormant bien fouuent voir qu elques O ns de fa diuîni--

, predifant ies;ehofes futu¬ res, & fi elle n eft eftouffee des vapeurs gourmandés sefîe- uepar defius torut monde,. & par deffus fa nature propre Voit la gloire 'Angélique êC: les myfte.res du ciel ..En finla^

La mé¬ moire.

ï)esmd(idf€S meUncholî^uef^ raifon ayant voltigé par tout, dilcouru & côceu vn million de belles idees,neles pouuant plus retenifjles donne eh gar¬ de à la mémoire , qui eft la fi¬ dèle grefïiere , font mis corne en depoft tous les plus précieux threfors de Tamej' c’eft cefte riche threforiere qui enferme en vn feul cabinet toutes les fciences 3 & tout ce qui s’efl: pafié depuis la creatiô monde , qui loge tout fans rien confondre , qui remar¬ que le temps , lés circonftan- ces, & l’ordre, & qui eft (com¬ me ditPlâton) vh referuoir dal flux perpettiel de l’entende¬ ment ; cefte puilfance fe nom¬ me reminifeen ce, & eft parti¬ culière à l’homme : car les be- ftes ont bien quelque e^cÇe- de mémoire , mais elles ne'fé- jrefouuicnpent pas du tcnq'S,

Crâumdyendeïesgmrk. 104 de l’ordre ôr des circonftan- ces, celane fe peut faire fans fyliogifme .Voila donc l’ame de l’homme accompagnée de ces trois puiifancés nobles, de rimagination , de la raifon , bc delà menioirejqui fe font ton¬ tes trois logées envn mefmc Palais 5 & dans cejfte tour ron¬ de que nous appelions tefte: mais fi c’eft par tout le ceruean egalement 3 ou fi chacune a fa chambre à part,on n’en eft pas trop refoludc fçay biê qu’il y a vne grande querelle entre les Médecins -Grecs & Arabes aüFercnv pour les logis de ces trois cèffeSj&qu’ô ne les a point en^fiege de cotes peu accorder, les Grecs^^s «ois les yeulêt loger par tout le cer-|es\ ueaudes Arabes donnent à cha¬ cune fon'quartier .-les Grecs fouftiennent que par tout eft . la raifon , l'imagination

pH maüdles meîknchott^ues',

s memoirè. les logée auffi , èc que toutes trois font îe auifi bien au douant qu’au der, neAUé riere : bref , qu’eiies îont tou¬ tes par tout le cerueau ,& tou¬ tes en. chaque partie d’eeluy. Ils alleguct pour vne de leurs, principales deffenfes, que Ta¬ lion limilaire, efl; toute par tout.fon fubjeâ:, comme la; nourriture eft par tout l’os. egalementj& en quelque par¬ tie de l’os que ce foit tuy trou, ueras toufiours ces quatre fa- eultez , rattraârice , retentri- . cejcoiîcoâiîice, Siexpultricc..

^ Les Arabes veulent au con^

©pimo , ,, -

des Ara- traite que chacune de ces piui. dcs cor.r.pgnces ait fon iiege particu- rraire. y ^ ^ ^ fortb elles raifons

pourleurparty. Premieremêt

r\ * ' 5*1 î

11 eit tout. certain qu il y a plu- fleurs chambretes dans le cer- ueau , que les AnatomiHesi

C>* moyen de tes yyt4rt r. 105 appellent ventriculesjces châ^ brcs ne font pas inutiles, & ne peut-on penfer qu’elles Toient faites pour autre vlage que pour loger ces trois puifïan- ces J riraagination doit eftre îogee aux premières, la raifon à celle d u milieu , la mémoire à celle du derrière : l’apparea- ce y eft fort grande » car l’ima- ginatiGii reçoit tous les ob-: je<51:s fenfibles , elle doit donc eflre fort près d^fens: or efl-il que -tous les fens font au de-r uant de:iâ tefte ; rimaginatioii prefente tous ces ob j eâs à la raifon qui les rend imma» teriels Sc vniuerlèls , il faute dp n c lalogerdé fuittCi La rai- foii s’eftant quelque temps feriiie de ces telles idées, les donne en garde àla memoirej il faut donc quelle fbit ait ^erriere ôc comme d^as. foit

Des maladies melanchoIt^ueSy Sccoude cabinet. D’àuantagejHmagi* nation fe faifant par réception doit auoir Ton fiegc en la plus molle partie du ceru eau. d’au¬ tant que i’imprclTion des ima- . ges fe fait plus airément en vn ; corps moli la mémoire qui doit retenir &:côferuer ics ef- pecesjdemâde vne partie plus dure, autrement l’image leroit auffi toft etfacee, que tracccda raifon corne la plus noble doit eftre logee en la partie du eer- ueàu qui eftla plus tépèrée.Or il n’y a point doute qüéla partie anterieure du cerüeau ne foitla plüs'molle , celle du derrière- plui dure , & celle du milieu plusrtempcrèè fil faut donc croire que l’îrhagi- natiôn eft au milieu , & mc;^ moire au derrière.

Troifîcf- Les Phiiofophés qui ont ef- critdela phyfiqnomiej difent

(^dtttneyendelesgHiinr. lo6 que ceux qui ont le derrière de la tefte bien eminent ont la mémoire fort heureufe : ceux qui ont le front grande fort ef- leué comme en boirejont Hmaginatiùe très - belle : ôc ceux à qui les deux eminen- ces deftail lent , font ftupideSj fans imagination & fans me^* moire. Si nous voulons (dit Ariftotè en fes Problèmes ) bien imaginer , nous ridons le front êc le retirons en haut : fi nous Voulons nous rcfouue- nir de quelque chofe , nous baifibnsla tefte & nous frot¬ tons au derrière, quimonftrc bien que limagination eftau deuant, & la mémoire au der- riere.On a bien fouuét remar- cia- qué que le derrière de la tefte eftantbleifé, la me moire s’en eft perduë tout à Tinftant. l’adioufteray pour fortifiée

Des mdaclles meLnchoïtt^ues,

SixicC- le parcy des Arabes , que. la fornîe S>c capacité des ventres du cerueau fetnbie montrer au doigt le Gege de ces trois puiffanees. Le quatriefme vo¬ tre a la forme pointuë , afin que les efpeces forent plus vnies > êz que la refiexion fe puiflfe mieux faire au troifief- me , eftla raifon :les deux premiers font les plus capa¬ bles jpoürce qu ils reçoiuent les premiers obj e(5ks qui ne font pas encore purifiez: eeluy. du milieu eflroit le plus propre pourlaraifonjdautânt quelle pourfoit receuoir les images des deux premiers, 62 les ayât eubliees les rechercher me dans fes plus fecrets archifs

SeptieC- dernier. En fin ce qui a fait opiniaftr er les Arab es de fou- ftenir que ces trois puiffances auqient leur logis à part ^ eft

CT- AH moyen de les gUAYiY. 07

qu’ils ont (ouuent remarqué quVnc des trois pouuoic cltrc ofFenfeCj (ans qUe l’autre le fufurimagination eft bien fou- uent deprauee la raifen de¬ meurât en (oh entier;^: au cô~ traire? combien y a-il de phre- Beriques& de melâcholiqueSs qui difeourent tresbien auec leurs foies àc vaines imagina¬ tions? Galien recite deux hi- ftoires de deux phrenetiques, î’vn delqucls auoit l’imagina¬ tion troublée & la raifon du tout entière, l’autre auoit l’i- maginatiô entière & la raifoa troublée. Nous en voyos viie infinité qui perdet du tout la mémoire, ne laifient pas de bien difcourir.Thu.cydide ra¬ conte qu’en cefte grande pe- fte qui dépeupla quafi toute la Grcce , il y en eut plus d’vn million qui oub lièrent tout

Conclu- fion. ^

tnaKicuo meiani-rjon/^ues^

îufques à leur nom propre, & pour cela ils ne deuindrent pas fols. Mefîciia Coruin ior^ tant d’vne maladie n’eut pas fouuenance de fon nom pro¬ pre. Trapezonce fut fortfça- uant eftant ieune, mais appro- chant de fa vieilielTe oublia tout entièrement. Puis donc quVnede ces puilïance? peut eftre feparemét oflfenfee,ilfaut croire qu elles ont chacune leur lîege particulier.Si c eftoit ' à moy à vuider celle querelle, iedirois qles Grecs ont plus fubtiiemêt philofophé, & que leur opinion eft la plus verita- ble: mais que celle des Arabes fera toufiours la plus fuiuie du vulgaire pour anoir plus d’ap¬ parence. le n’enfoncerây pas cefte difpute plus auant : il meluffir de faire; voir que fa¬ a trois puifTances nobles

moyen delesgumr. io8 qui logent toutes dans le cer- ueau, qui fôtparoiftre l’home admirable fur toutes les crea- tureSjqui le rendét capable de gouuernet tout le monde, ôc quiluy donnent letiître d’ani¬ mal fociable ou politique.

Q^cejl plein de iiuinité /abdfjjè par fois tellement,-^ fe deprdî*e pdr vne infmte de mdlddies^ejiiil demet comme bef>e.

Ch A P. Il,

E viens d’efleuer l’ho. meiufquauplushaut degré de fa gloire , le voila le plus accom- ply d entre tous les animaux, ayant comme i’ay dit, en Ton ame grauee l’image de: Dieu, 6c en fon corps le modèle de

Des maldJies meianchoh^utSy

Mifere Tvniuers.lc le veu^ n.aintenât ^J^°"reprefenter le plus chetif-ôs mirer ab le animal du niondej defpouiilé 4e toutes fes gr⬠ces, priué de iugement, de rai* fon,& de con(eil,ennemy des hommes & du Soleil , errant St vagabond par les lieux foli- taires; bref tellement depra- «é qu’il n’a plus rien de l’hom¬ me, & n’en retient que le nom ^ feul.Cefte deprauationTe voit uatiô de bien lo ueent en l’amc ieule , le £?€ demeurant fain êt fans

tache: corhme quand l’hom¬ me 5 par fa^ malicieu fe volorité deuenu apodatyciface le diuiii charadiere , 6t vient auec l’or¬ dure du peché^olluer le îain<9u - temple de Dieu^ quand.par.vn , âpp etir d efr eglé il fe làiffe t el- . lement trànlporter a fes’ paf- fions 5 comme à la cholere, haine, & gouj:mandife,-qu^ii deuienc

O* in moyen de les gumr. lOf

deuiêc plus furieux qu’vn lion, pius inhumain qu’vn tygre, plus ord & -vilain qu’vn por- eeau, le n’entreprens point de corriger cefte deprauation, ie laide ce difcours aiixTheolo- giés; C^’on lifs la Philofophic morale , on y trouoera de. fort beaux enfeignemés pont mo¬ dérer ces follc.î paffions . le viens à l’autre deprauatiô qui efi: forcée , Se qui -peut arriuer aux plus religieux , quand le corps 5 quieft comme le vaif- fcaü derame, eft tellement al¬ téré ôc corrompu , que toutes fes plus nobles puiuances en font dcprâuees , les fens pa- roiffcnt tous efgarez, les